‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 227 sur 249 · M. OLIER EST FAVORISÉ DE GR. LUMIERES · texte numérisé non relu

M. OLIER EST FAVORISÉ DE GR. LUMIERES

» pressé par sa conscience : mais il était si honteux,

» qu’il n’osa ni me regarder, ni prononcer une seule

» parole; il me parut vivement touché et dans des

j. ... • , , , .. ^ , (l)Mém.aut,

» dispositions sincères de pemtence et de componc- deu.oiier, t.n, » tion (1). P- 258 •

» Le jour de saint Jacques, qui fut un vendredi,

» je prêchai sur l’Evangile du jour, où il est parlé » de la mère des enfants de Zébédée , et de la de- » mande ambitieuse qu’elle avait faite pour eux à » Notre-Seigneur. Pendant mon discours , je vis » paraître devant moi une de mes cousines, très- » mondaine (Madame Dolu de Dampierre), accom- » pagnée de deux de ses enfants. Elle venait me les » présenter (à Yaugirard) , pour que je les pous- » sasse aux dignités de l’Eglise. Alors, sans savoir sa demande, que je n’appris qu’après la prédica- » tion , je commençai à parler contre la vanité et » l’intérêt grossier du monde, qui portent à faire » tant de pareilles sollicitations ; car , sans la su- » perbe et l’amour-propre, les autels de JÉsus- » Christ seraient déserts, et les églises abandon- » nées. Je me sentis porté, par un mouvement par- » ticulier, à dire que les demandes semblables à celles de la mère de saint Jacques, étaient refusées » de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, étant » si opposées à ses maximes et aux vérités de son » Evangile ; qu’au reste si cet Apôtre eût été en ma » place, et fût monté dans cette chaire, il eût prê- « ché contre sa propre mère , et se fût condamné » lui-même de lui avoir suggéré la demande quelle » avait faite pour lui. Je me souviens que nos Mes- » sieurs, me voyant parler avec tant de zèle et de » force contre la vanité de cette mère, qui cherchait » la grandeur, (car tout ce qui ressent le monde et » sa superbe me met hors de moi), et m’entendant » dire que son propre fils prêcherait contre elle- » même, s’il montait en cette chaire, pensaient que » je parlais de ma mère, qui ne peut souffrir la basi> sesse de l’état que j’ai embrassé. . . Or , après le

de N. Olier, t. n,

■p sermon , recevant la visite de cette même per— » sonne , je lui dis hautement ces vérités, en pré- » sence de son mari , lui remontrant spécialement » que son exemple et sa conduite étaient la cause » de la vanité de ses enfants. Elle fut vivement » touchée, jusqu’à se voir obligée de répandre des » larmes : ce qui ne m’empêcha pas de refuser net- » tement sa demande pleine d’ambition et de va- » nité (1). »

Les petits enfants, pour la sanctification desquels M. Olier avait toujours eu une si tendre sollicitude, participaient aussi , selon la faiblesse de leur âge, aux douceurs de ce céleste aliment. « Me dispo- » sant, dit-il, pour aller à la promenade, j’avais » pensé devant Dieu, d’aller dans un certain lieu du » village , lorsque l’un de nos Messieurs me dit : » Allons dans un tel endroit. Je me soumis par » obéissance , m’abandonnant au bon plaisir de » Dieu ; mais cette même personne s’engageant in- » sensiblement ailleurs, nous allâmes dans le lieu » auquel j’avais pensé d’abord. Là je me prome- » nais avec un homme de Dieu , dans une belle » allée du jardin ; et comme je sentais que mon » Maître voulait quelque chose de moi, je fisassem- » bler les petites écoles (de Madame de Villeneuve), » et fis un discours pour les maîtresses , qui sont » fort spirituelles, et aussi pour les petits enfants. » Cela se faisait avec paix et douceur. Les paroles » qui me semblaient sortir de mon cœur touchaient » sensiblement tout le monde, et moi-même j’en » étais tout embaumé. C’est une eau précieuse que » Dieu distille par ce vase de terre, ce canal de » plomb. Je me souviens que je parlai du Saint- » Esprit, et je trouve une suavité tout extraordi- » naire à le faire connaître aux âmes. J’apprends » toujours, en exhortant, quelque chose de nou- » veau que je ne savais pas , comme il m’arriva ce » jour-là. Aujourd’hui encore, parlant à nos Mes- » sieurs du sujet de la Transfiguration, je sentais

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