‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 230 sur 249 · SUR LES ÉTUDES, AVANT D’ÊTRE ADMIS AU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

SUR LES ÉTUDES, AVANT D’ÊTRE ADMIS AU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE

NOTE 2e, p. 379. — On donnait autrefois en Sorbonne des leçons de théologie et de philosophie; et, pour se con-

former à cet usage, M. Olier, dans son Projet de constitutions, « voulut qu'on instruisît les séminaristes clans la » philosophie et la théologie, soit en Sorbonne, soit au sé- » minaire, chacun selon son temps et sa capacité (1).» Il paraît qu’au séminaire de Saint-Sulpice, on enseigna d’abord la philosophie, à plusieurs qui venaient de terminer leurs etudes de latin. Mais on ne tarda pas à voir les inconvénients de cette pratique; et l’on ne reçut plus que des étudiants en théologie, par la crainte de voir l’esprit des grands séminaires s'altérer, et les maisons dégénérer en colleges. Les directeurs d'un séminaire ayant demandé plus tard l’autorisation d’enseigner la philosophie à leurs élèves, elle kur fut refusée. Nous ne croyons pas « disait M. Tronson.

pouvoir suivre d’autres routes que celles que nos Pères » ont tenues, surtout ne voyant pas de nouvelles raisons pour changer (2). » Ces raisons se présentèrent dans la >uite. On remarqua que beaucoup de jeunes gens profitaient peu des leçons de théologie, parce qu’ils n’avaient reçu que des notions imparfaites et superficielles de philosophie dans les collèges (3). On crut alors nécessaire d’introduire des cours de philosophie. On les établit d'abord au séminaire d’Angers, en 1704, et- bientôt ailleurs : ce qui ne sc fit pas sans quelques mécontentements de la part des collèges, qui croyaient avoir seuls le droit de l’enseigner (4). Pour éviter les inconvénients qu’on avait craints, on divisa les philosophes d'avec les théologiens, qui formèrent ainsi des communautés distinctes , et quelquefois même séparées entre elles par les bâtiments qu elles occupaient.

1 1 ) Projet de constitutions, p.

58, Ms.

(2) Lett. de M.

Tronson, t. vi, Lyon, 23 sept.

1082, p. 187. — 10 janvier 1087, pag. 250. — 10 sept. 1007, pag.

(3) Journal du séminaire de Lyon , Ms. de S . - Sulpice.

(4) Histoire de l'Eglise, t. xx,p.

SÉMINAIRES-COLLEGES DE l’oRATOIRE

NOTE 3 p. 387. Berault-Bercastel (4)supposeque, dès leur origine, les Oratoriens eurent la direction des séminaires. Il faut cependant remarquer que ces séminaires n étaient, au fond, que des collèges, où l’on enseignait les belles-let très avec la philosophie et la théologie. C’était ce que ces Pères pratiquaient encore en 1656, dans plusieurs de leurs maisons: Eruditioni incumbunt in collegiis, in quibus, præter humaniores litteras, philosophiam et theologiam profitentur i5), De là plusieurs de ces séminaires sont appelés sémindirescolléges ; tel que celui de Luçon, qui fut uni à 1 Oratoire en 1616. Celui de Mâcon était de même nature, puisque les Oratoriens devaient y entretenir un régent d’humanités, un régent de rhétorique, un professeur de philosophie et un de théologie. En 1624, ils prirent la conduite de celui du Mans,

(5) G ail. chris iiana, per quatuor tomos, etc.

t. iv, p. 998.

NOTES

( 1 ) Journ . de la maison S. Flonoré, in-fol. ,t.i, an.

(2) Ord.de Henri Ul, don. à Blois.

(3) Concil. Harduini , t. x, col.

(4) Journ. de la maisonS. Honoré, in-fol. t. i,an.

1629. — Act. des fond, de la Mission, t.n, f. 61. — Vies des évêq. du Mans, p. D. Bondonnet, in - 4° , 1651, p.684, 704.

• Vie de M.BourdoiseMs. in-fol., liv. iv, ch. i.

(5) Hist. de l’Eglise de Meaux , par Duplessis , in-4°,t.i, p. 272.

— Annal, de la Cong. de l'Oratoire, an. 1 639.

(6) Lett. Mss. S.

Vincent, 3 mars 1656, à M. Blatiron â Gènes t. i, p. 42.

(7) Annal, de la maisonS. Honoré, p. 7. — Hist.

du card. de Bérulle, par Tabaraud,t.\, p. 25! .

— Hist. des archer. de Rouen , in fol. p. 631. - Recueil des lettr.

de S Vincent, t. i, p. 42.

Bour doise, in- 1°, liv. m, p. 227, liv. v, p. 559. — Vie du Même, Ms. in-folio, liv.

iv, chap. i. — Mém. de M. du F «nier, p. 135.

qui est encore appelé collège-séminaire du Mans, et s’obligèrent à y entretenir des régents pour les lettres humaines (11. Le nom de séminaire-collége, ou séminaire et collège, parait avoir été emprunté de ces paroles du saint concile de Trente: ita ut hoc collegium, Dei ministrorum perpetuum seminarium sit. De là dans les ordonnances de nos Rois, ces maisons cléricales sont quelquefois désignées sous le nom de séminaires et collèges (2g et le concile de Tours, dans son décret sur les séminaires, les appelle du nom de collège à l imitation du concile de Trente, ce que d’autres conciles de France font également. In hoc vero collegio recipiantur qui legere et scribere competenter noverint (3). Mais ces collèges ne furent jamais des séminaires proprement dits. Ainsi par exemple, malgré l’établissement des Oratoriens, connu sous le nom de collège-séminaire du Mans où, en 16151, on enseignait encore les humanités, la philosophie et la théologie, M. Emery Marc-la-Ferté, évêque de cette ville, fonda son séminaire en 1645, et en donna la conduite aux prêtres de la Mission (4). La même année, M. Séguier, évêque de Meaux, établit aussi son séminaire diocésain, quoique en 1637, on eût donné à l’Oratoire, et pour la même fin, l’abbaye de Juilly, qui ne fut jamais qu’un simple collège (5).

Le séminaire établi d’abord à Paris par le cardinal François de Joyeuse, pour vingt-deux ou vingt-quatre jeunes clercs, sous la conduite des Oratoriens, transféré en 1614 au collège de Dieppe, que ces Pères dirigeaient, puis à Rouen, ne produisit aucun résultat, parce qu’il avait été établi pour des enfants. « A peine voit-on un seul de ces jeunes clercs qui » réussisse » (6) écrivait, en 1656, saint Vincent de Paul. » Ce pieux dessein n’ayant pas été tout-à-fait exécuté, dit » l’historien des archevêques de Rouen, la fondation fut des- » tinée pour nourrir trente pauvres écoliers, » qu’on appelait dans ces derniers temps les Joyeuses , du nom de leur fondateur (7). Le séminaire de Reims, établi par le cardinal de Lorraine, à son retour du concile de Trente, ne s’était soutenu qu’environ vingt ans. quoiqu’on semble dire le contraire dans le Gallia christiana. L’ancien historien de M. Bourdoise ajoute : « Au bout de vingt ans, il dégénéra si » fort, que les ecclésiastiques qu’on y élevait ne servaient » plus que de laquais à MM. les chanoines, pour leur por- » ter la queue, lorsqu’ils allaient au chœur, d’où ils prirent » le nom de caudataires. » On avait essayé de rétablir ce séminaire en 1625; mais il était entièrement déchu, lorsque, en 1641, M. de Valence fut transféré de l’évêché de Chartres à l’archevêché de Reims. Celui de Bordeaux, malgré le zèle du cardinal de Sourdis, n’avait pas non plus réussi (8) n’étant également qu’un séminaire-collége.

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