‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 234 sur 249 · SÉMINAIRE DE VALENCE · texte numérisé non relu

SÉMINAIRE DE VALENCE

Voici d’abord quelques détails sur l’origine de cette maison. Christophe d’Authicr de Sisgau, ne en 1609, était chanoine régulier de Saint Victor de Marseille, sa patrie, lorsqu’il forma en Provence une Compagnie de missionnaires, à l’instar de celle de Saint-Vincent de Paul. Sur la fin de décembre 1638, il se mit en chemin pour Paris, avec six de scs prêtres dans l’intention de l’établir en cette ville. Mais arrivé à Valence, il apprit que son projet n’aurait pas le résultat qu il en avait espéré. L’évèque de Valence, Charles de Leberon, profitant de cette circonstance pour les

fixer dans son propre diocèse, leur offrit des lettres d’établissement, qu’ils acceptèrent (1). M. d’Authier eut alors le dessein de faire en Dauphiné, ce que Saint- Vincent de Paul pratiquait à Paris ; et comme ce dernier avait commencé en 1636 un séminaire-collége aux Bons Enfants , il résolut d’en établir un à Valence. L’Evêque, par ces mêmes lettres du 16 Janvier 1639, l’adopta pour son séminaire diocésain; et Borély, d.ans la Vie.de M. d’Authier, l’appelle le premier séminaire qui ait été établi en France (2).

Dans nos précédentes éditions de la Vie de M. Olier, nous avions dit, que cette assertion d’un écrivain beaucoup trop récent, était demen ie par des témoignages contemporains. Sur quoi l’auteur de l'histoire hagiographique du diocèse de Valence , nous objecte, que Borély n’a rien affirmé qu’il n’ait vu de ses yeux, pendant les longues années qu’il fut attaché à la personne du fondateur (3). Il ne faut pas, sans doute, prendre cette assertion d’une manière générale et en ce sens que Borély dans son livre n’a rien affirmé que ce qu’il a vu de ses yeux ; car cet auteur parlant des sources de son travail dit qu’il y a recueilli ce qu’il a vu de la vie de M. d’Authier ou ce qu’il a pu apprendre des uns et des autres (4). Il faut donc la restreindre à la fondation du séminaire de Valence qui est le point en litige ; mais alors encore l’auteur de l’histoire hagiographique se trouvera en opposition avec Borély lui meme. Dès la première page de son avertissement, en effet, il nous apprend que, né à Marseille, il fut attiré à Dieu par M. d’Authier, son compatriote, et qu’il passa en sa compagnie les dix dernières années, de la vie de celui-ci. Et comme c’est en 1667 que M. d’Authier est mort, ce n’est qu'en 1637. c’est à dire IB ans après l’établissement du séminaire de Valence que Borély a pu voir de ses yeux, ce qu’il rapporte au sujet de cette maison.

Mais ce n’est là qu’un incident assez léger dans la question qui nous occupe ; et nous n’eussions pas relevé cette inexactitude , si cela n’aidait à faire comprendre comment Borély a pu se tromper sur la naturedu séminaire de Valence.

Il s’est trompé en effet: car cette maison ne fut dès l’origine qu’un séminaire-collége. en tout conforme à ceux que le saint Concile de Trente avait prescrits et que le Roi Henri III, dans l’ordonnance de Blois, avait recommandé d’établir.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire les lettres d’approbation que l’évêque de Valence donna le 16 Janvier 1639, aux missionnaires du Saint-Sacrement , en leur con liant à perpétuité la direction de son séminaire. Elles sont en tète d’un écrit que M. d’Authier publia vers 1636, et qui est intitulé: exor dia et institut a Congrégation is sanctissimi Sacramenti(5). Après i avoir parle des efforts qu’il fait depuis long-temps pour

(1) Exordia et instituta congregationis, SS- Sacram. :Gratianopoli, 1658, prœmon., in- 12.

p. 44 et seq.

d’Authier par Borély. Lyon , 1703, in-12, p.

2, 68 etsuiv. 71,

(3) Histoire hagiographique du diocèse de Valence par l’abbé Nadal, 1855,in- 8, p. 440.

d’Aulhier, aveiliss., p. 2.

(li) Grenoble ,

NOTES

dissiper l’ignorance dans son diocèse et y étouffer l’hérésie; du désir qu’il a que tous les prêtres soumis à sa juridiction, soient par leurs vertus et par leur science dignes et capables des fonctions qu’il veut leur confier: le prélat parle de la joie qu’il a ressentie, en apprenant que les missionnaires du très Saint Sacrement l’aideraient efficacement sur tous ces points; leur Congrégation ayant surtout pour fin de dissiper l’ignorance, de combattre l’erreur, et. ce qui est préférable encore. « se proposant d’établir des séminaires dans » lesquels on enseigne aux clercs qui aspirent au ministère » sacerdotal les premiers éléments des connaissances divines » et humaines , ainsi que les autres choses dont les ceclésias- » tiques doivent être instruits. Ce qui non seulement sera » très utile à l’Eglise, mais encore est conforme aux règleas ments dressés par elle; le saint Concile de Trente ayant » institué, ordonné et aidé par tous les moyens en son pou- » voir de tels séminaires. Ce que le Roi Henri III. par l’ordon- » nance de Blois, a aussi recommandé, f »

Il ne s’agissait donc pas. en 1639. d’établir a Valence un séminaire uniquement composé de jeunes gens qui eussent terminé leurs études de belles-lettres, mais un séminairecollége où l’on recevrait aussi des enfants qui ne savaient pas encore le latin. C’est ce qu’on voit très-clairement parles statuts de la Congrégation du saint Sacrement que l’Eveque de Valence approuva formellement pour son séminaire, et que M. d’Authier publia, en 1638, à la suite des lettres de M. de Leberon. Il est dit que, dans le séminaire, conformément au décret du concile de Trente, on enseignera auxjeunes clercs les langues et les humanités, et que, quand ils en auront été instruits, on les appliquera à la philosophie et enfin à la théologie, f-j-

f « Carolus Jacobus de Gelas de Leberon Valentinensis » Episcopus: .... Quodquesane potissimum ducimus, semina- » ria proponant erigere in quibus tum scientiarum divinarum, » humanarumque semin.t spargenda. tum reliqua clericis » eongrua sacerdotale ministerium ambientes doccndi sunt. » « ... Quodnon solum eeclesiæ utilissimum, sed etiam exejus » instituto esse constat; cum sacrosancta Tridentina syno- » dus seminaria ejusmodi instituerit, jusserit, juveritque » omnibus quibus potuit modis ; quod etiam Henricus 111 » ordinationc Blesensi commendavit .... Hos (sacerdotes) Va- » lentiam advocavimus, ibidemque prædictam congrega- » tionem missionariorum cleri stabilivimus, perpetuum mi- (i) Exordia, » nistrorum eeclesiæ nostræ seminarium. Laudavimus et t«- » approbavimus ipsorum statuta . . . (1) »

ff Sequuntur statuta : Congregatio igitur, juxta sacri Coneilii intentum, tam salubre ejus decretum exequatur. Hic clerici

Voilà ce qu'on se proposait de faire au séminaire de Valence, en 1639, ce qu’on pratiqua en effet, au moins durant les quatre à cinq années qui suivirent immédiatement. C’est ce que nous apprend encore l’écrit déjà cité. On y voit qu’en 1643, le 14 octobre, le conseil de la ville de Valence offrit la direction de son collège aux prêtres de M. d’Authier à cause des études florissantes d’humanités et de philosophie qu’on faisait alors au séminaire, et dans l’espérance qu'on en ferait de semblables au collège communal.

Ainsi, l'établissement du séminaire de Valence, fait en 1639, ne contredit en rien l’assertion de M. du Ferrier touchant l’origine des grands séminaires; il en confirmerait plutôt la vérité en montrant qu’à cette date, M. d’Authier, quoique fondateur d’une Congrégation qui se proposait d’établir des séminaires, n’avait même pas l’idée de tenter autre chose que ce qui avait été précédemment essayé. Il est donc à regretter que l’auteur de l’histoire hagiographique du diocèse de Valence n’ait pas consulté les monuments contemporains dont l’autorité est décisive et tout-à-fait irrécusable, et qu’il se soit fondé sur l’assertion fautive du biographe de M. d’Authier pour donner au séminaire de Valence, comme grand séminaire, la priorité sur celui de Vaugirard (1). A l’appui du biographe, il cite l’autorité du Père de Montigny qui n’a écrit que vers la fin du XVIIIe siècle, (2; ou plutôt celle de l’auteur des annales de la Congrégation des Eudistes qui, écrivant en 1722. s’est appuyé lui-même sur le biographe de M. d’Authier (3) à qui il s’en est rapporte de bonne foi. C’est ainsi que sont exposés à s’égarer les écrivains qui ne recourent pas aux sources et se contentent de se suivre les uns les autres, comme l’a fait encore tout récemment l’auteur de la vie du F3. Vigne sur le sujet même dont nous parlons. (4k

Nous ne prétendons pas pourtant rendre suspecte la bonne foi de Borély, mais seulement sa facilité à donner pour des faits certains de simples conjectures. Nous pensons que lorsqu’il alla résidera Valence en 1657, cette maison fondée

linguas hebræam, græcam et latinam, humanioresque litteras doceantur: quibus imbuti animi philosophiæ incumbant, mox in superando scicntiarum apice, theologia positiva scholastica et morali, atque in jure canonico perdiscendo operam navent (5).

f Interea urbs Valentina humaniores litteras ac philosophiam florere in semin'ario advertens, collegium suum Congregationi ultro obtulit. Acceptaturab ea collegium, ineuntur pactiones, solemnique firmarilur eontractu anno 1643 die 14 octobris. (6;

1) Hist. ha gioyraph., pag 4.20, 421.

(2) Vie du P.

JeanEudeslü-il , in- 12, préface passirn, p. 87,

(3; Annales de la Congrég Ms.

liv. n, cliup. \, p. 40.

(4) Essai sur la vie du Père Viijne, par l’abbé Veyrenc. Valence, in- 12 , p

(ô) Exordia el ■ins lit ut a, p . 5 1 ,

(6| Exoïdia, p. 04, Oo.

NOTES

(1) Vie de M, d’Aulhier, p.7 1 .

(2) Vie de saint Vincent de Vaut , Ht. iv, 1641.

(3 ; Saint Vincent de Paul, par l’abbé Maynard, 1860, t. il , p.

(41 Ibid., pag.

là) Vie de J.

Guérin , év. de Genève, t. n, eli.

d’ Aranlhon , li\ . n, chap. v.

d i Vie de saint Vincent de Paul, liv. i, ch. xx\ i .

(8) Lelt.de feu }l. Vincent, du O février 1642, du 1 7 mars 164:., du 9 avril 1647.

dix-huit ans auparavant comme séminaire-college avait pris la forme de grand séminaire alors généralement adoptée en France, et que dans la suite, lorsqu'il composa la vie de M. d’Authier, lisant dans celle de saint Vincent de Paul par Abelly, dont il faisait beaucoup de cas (t), que les grands séminaires de la Mission n’avaient commencé qu’en 1642, il en aura conclu que celui de Valence fondé en 1639 était le premier qui eût été établi en France. Au reste ce n’est pas le seul point de la vie de M. d’Authier qui aurait besoin de correctif ou d’éclaircissement, si l'on en donnait une nouvelle édition.

M. d’Authier fut fait évêque de Bethléem en 1631. Il gouverna son institut, qui fut confirmé en 1647 par InnocentX, jusqu’à sa mort arrivée àValence le 17 septembre 1667. Ceux de ses prêtres qui dirigèrent après lui cette maison, portèrent toujours et jusqu’au moment de la révolution française, le titre de régent qui avait etc donné des le commencement aux professeurs dans les séminaires-collèges. Après la tourmente révolutionnaire, cette société ne se rétablit pas : ce qui donna lieu à deux de ses membres, MM. Ojurdias et Pajot, de s’offrir à M. Emery qui les admit à travailler dans celle de Saint-Sulpice. Us furent etuelques années directeurs au séminaire de Clermont.

§ II. SÉMINAIRE D’xCNNECY

En traitant de l’établissement des grands séminaires de la Mission, Collet, dans sa vie de saint Vincent de Paul(2;. dit que Juste Guérin, évêque d’Annecy, après quelques hésitations, en établit un de ce genre dans sa ville épiscopale vers l’année 1641. C'est sans doute ce qui a porté le dernier historien de saint Vincent à intituler un des chapitres de son livre. Séminaire d’Annecy, premier grand séminaire (3) et à dire ailleurs: «Juste Guérin affecta son séminaire exclu- » sivement a des clercs ayant déjà fait leurs humanités, et » quelques uns même leur philosophie. Ce séminaire, évidem- » ment de la catégorie de ceux qu’on appelle grands, fut » ouvert et en exercice dès les commencements de cette » année 1641. (4) »

Quoique l’existence du séminaire d’Annecy sous l’épiscopat de Juste Guérin ait été si courte, que 1 historien de ce prélat (6), ainsi que celui de M. d’Arenthon d’Alex (6) n’en font pas mention, nous n’hésitons pas à admettre, sur l'autorité de saint Vincent de Paul et d’Abelly son premier historien (7), qu’un essai de séminaire a été fait à Annecy en 1641 et peut-être même vers la fin de 1640(8). Mais nous ne pouvons admettre que cet établissement fut affecté exclus! -

veulent à des clercs ayant déjà fait leurs humanités ; parce que les lettres du saint fondateur de la Mission ne le disent nulle part et que le decret par lequel Juste Guérin l’érigea canoniquement, le 8 septembre 1641, dit tout le contraire. On voit, en effet, par le décret qui a ëté^cité intégralement dans la vie de Juste Guérin, que ce prélat a prétendu instituer un séminaire-collége, conformément au décret de Trente clu il suit pas à pas, dont il admet toutes les prescriptions et auquel souvent il emprunte jusqu’aux termes dont il se sert. En voici le dispositif :

«. C’est pourquoi nous ordonnons à nos chers fils les prê- » très de la Mission de recevoir chez eux pour les instruire » un certain nombre de clercs que nous aurons choisis nous » mêmes, lesquels, afin qu’ils soient plus commodément for- » més à la discipline ecclésiastique, porteront toujours la » tonsure et l’habit ecclésiastique. Ils iront tous les jours » au collège public pour y suivre les classes de grammaire, » de rhétorique et de philosophie, et ils apprendront au sé- » minaire le chant, le comput ecclésiastique etc. On les in- » struira avec soin sur l’Ecriture-Sainte, les livres ecclésias- » tiques, les homélies des Saints, la théologie morale, la ma- » nière d’administrer les sacrements, surtout celui de Péni- » tence, et enfin sur les rits et les cérémonies. » f

Après un témoignage si authentique et si formel , est-il besoin d’ajouter que saint Vincent de Paul ne dit rien dans les deux ou trois lettres citées de lui qui y soit contraire. Puisque la théologie devait être enseignée dans le séminaire d’Annecy aux jeunes clercs qui étaient capables de cette étude, le saint fondateur de la Mission a bien pu rappeler, dans sa lettre du 17 ou du 18 mars 1642, que l’un des directeurs de cette maison en faisait des leçons (1), sans qu’on puisse conclure de là que c’était un vrai séminaire dans le sens qu'aujourd'hui, en France, nous donnons à ce mot.

f Idcircô præcipimus supra dictis carissimis nostris filiis presbyteris Missionis. ut certum clericorum numerunt, quos ipsi elegerimus, apud se erudiendos recipiant : qui quidem ut commodius in disciplina ecclcsiasticâ instituante, tonsurâ statim atque habitu clericali semper utentur, ad publicum gymnasium grammaticæ, rhetorices et philosophiæ quotidiè pergent, et in seminario, cantûs, computi ecclesiastici, aliarumque bonarum artium disciplinant disccnt ; in sacra scripturâ , libris ccclesiasticis , homiliis Sanctorum, theologiâ morali. atque sacramentorum tradendorum maxime quæ spectant ad confessiones, et rituum ac eeremoniarum formis sedulo erudientur (2).

(1) Saint Vincent dePaul,par l’abbé Maynard, I. u, p. ! 83, note.

(2) Vie de ./.

Guérin, évéq. de Genève, liv. ir, clt . x , erectici seminarii.

NOTES

(2) S. Vincent de Paille te., p. 170.

( 31 Saint Vincent de Paul etc., ibid.

Panllon i'h. vm.

§ III. SÉMINAIRE ü’aLETH

Nicolas Pavillon ayant été nommé en 1637 à l’évêché d’Àleth, saint Vincent de Paul qui l’estimait et l’aimait lui donna deux de ses prêtres pour l’aider en ces commencements. On voit par une lettre du serviteur de Dieu, citée plus haut, (1) que le prélat les appliqua surtout à commencer un séminaire. Voici le passage de cette lettre qui est du 9 février 1642. « Et pour ce néanmoins que le saint concile de Trente » recommande les séminaires, nous nous sommes donnés à » Dieu aussi en cela partout où nous le pourrons. Vous » avez commencé à Annecy , Monseigneur d’Aleth qui a de » nos prêtres, fait de même ; Monseigneur de Saintes a » même dessein et nous allons commencer à Paris pour en ce » faire un essai de douze » : à quoi Monseigneur le cardinal nous a aidés de mille écus (2)

Après avoir cité cette lettre, le dernier historien de saint Vincent ajoute : « Ainsi au commencement de février 1642 » le séminaire des Bons-enfants allait naître, le séminaire » d’Aleth existait, ainsi que celui d’Annecy (o). »

Nous venons de voir combien en ce qui regarde Annecy cette conclusion était loin de la vérité. Elle n’est pas plus fondée pour le séminaire d’Aleth , si nous en croyons les biographes de M. Pavillon et l'auteur de la vie de M. Raymond Bonal.

Tous ces écrivains, en effet, nous parlent de cet établissement comme d’un séminaire-collége, dans lequel on recevait indistinctement des humanistes et d'autres clercs plus avancés ; ils nous apprennent que, lorsque après deux ou trois ans de séjour à Aleth . les prêtres de Saint-Lazare quittèrent ce pays, et furent remplacés au séminaire par M. Raymond Bonal ecclésiastique du Rouergue, cet établissement n’était encore qu’ébauché, qu’il resta longtemps dans cet état avant d’arriver à sa perfection . et qu’alors même on continua à y recevoir des élèves auxquels on donnait encore des leçons de latin. « Il n’y reçut plus, dit » l’historien de Monseigneur Pavillon en parlant de cette » seconde période, que des gens de dix-huit à dix-neuf ans; » et quant aux jeunes clercs répandus dans la campagne » sous la conduite des curés , dès qu’ils étaient en âge de » profiter on les y envoyait pour les perfectionner dans le » latin (4). »

Cet état de choses dura assez longtemps et probablement bien au delà de 1648, époque où M. Bonal qui était charge de donner des leçons de latin aux plus jeunes et des notions de théologie aux plus avancés, quitta l’évêque d’Aleth

pour retourner à Villefranche de Rouergue où il dirigea un séminaire du même genre comme nous le dirons ailleurs(l).

Nous sommes donc endroit de conclure que dans sa lettre du 9 février 1642 le saint fondateur de la Mission, en parlant du séminaire commencé à Aleth, n’entendait, comme pour celui d'Annecy , qu’un séminaire-collége et nullement un séminaire exclusivement affecté à des clercs ayant terminé leurs études d’humanités. C’est donc sans fondement que son dernier historien s’est appuyé sur ce mot pour mettre cet établissement dans la catégorie des grands séminaires. et que, plaçant celui d’Annecy au même rang, il s’est cru autorisé à tirer cette conclusion : « De là il ré- » suite que c’est à tort que le séminaire de Vaugirard a été » dit le premier grand séminaire; les noms d’Annecy et » d’Aleth tranchent tout (2). »

Page 1