SUR LE DOCTEUR DE SAINTE-BEUVE
NOTE 2. p. 435. — M. de Fiesque, désespérant de réformer la paroisse de Saint-Sulpice, eut d’abord la pensée de résigner sa cure en faveur de M. de Sainte-Beuve (3). Si ce projet eût réussi, le mal aurait pris vraisemblablement un nouveau caractère de malignité, qui l’eût rendu presque incurable; car ce docteur fut dans la suite un des sectateurs les plus ardents des erreurs de Jansénius, ou plutôt
le seul, parmi les professeurs de Sorbonne, qui 'défendît cette hérésie (1). Mais la Providence, ayant des vues de miséricorde sur cette paroisse malheureuse, fit échouer ce dessein; le curé de Saint-Sulpice demandait en échange un bénéfice simple, et M. de Sainte-Beuve n’en eut point de cette espèce à lui offrir. Ce dernier s’acquit une si grande célébrité parmi les prétendusdisciples de saint Augustin, que lorsqu’après toutes les oppositions qui lui firent perdre sa chaire, il prit enfin le parti de se soumettre, les Jansénistes comparèrent cette démarche à la chute du grand Osius de Cordoue. Cette comparaison, indécente et impie, montre l’ascendant que ce coryphée de la secte avait sur tous les esprits. C’est aussi l’idée qu’en donne l’historien de M. Pavillon (2).