‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 5 sur 249 · t. îv. — S · texte numérisé non relu

t. îv. — S

Greg.Magn. Moral. libro xvii, in cap. xxvi Jnb, cap. xvi, p. 5 i 3 .

— Origen. in - Genes. hom. i.

p. 55. — Bug.

a S. Vict. in Genes , 1. i. t. ip. 224. — Euthymii Monachi ZigabeniinPsal.

t.xi x,Bibl.Patr.

p. 350, et alii passim.

(2) S. Aug. t.

îv, Ibid..

(3) S. Anastas.

Sinaitœ Hexcim.

Bib. Pat. t. iv,

séminaires, et la réformation du clergé. Ces deux œuvres devaient avoir la plus grande influence sur la société chrétienne; et, afin de mieux apprécier la sagesse de Dieu dans le choix des moyens qu’il employa pour les établir, il ne sera pas inutile de rappeler en peu de mots quel était alors l’état de l’Eglise; et de montrer aussi comment Jésus-Christ, son divin époux, toujours fidèle à ses immuables promesses, lui a ménagé dans tous les temps des secours proportionnés à ses besoins.

Les principaux traits de ce tableau seront fournis par M. Olier lui-même :

« L’Eglise, dit-il, figurée par la lune dans les » Ecritures (1), a, comme cet astre, ses accrois- » semcnts, ses temps de perfection et son déclin » par rapport aux mœurs des particuliers *j*. Aux » deux premiers siècles qui furent proprement » le temps de sa naissance et de son croissant, » elle ne paraissait presque pas : elle était dans » l’obscurité, cachée dans les cavernes, n’étant » rendue visible que par le sang de ses martyrs. » Elle demeura ensevelie de la sorte, l’espace de » deux siècles, accomplissant alors la prophétie » du Fils de Dieu, qui avait dit d’elle aussi bien » que de lui-même et de tous ses membres: Si

t Hic enim temporaliter transit Ecclesia : . . . augeri et minui potest, aliquando transibit (2).

Unde tanquam luna quædam. per privationem seu lucis defectum, obscuros hæresum defectus, et afflictiones inimicorum subit Ecclesia; animi deliquium ferè patiens, et tanquam deficiens, citô autem iterum refulgens aut lucem propriam recipiens (3).

Debetis attendere quod, sicut luna aliquando clara est,

PRÉFACE

» le grain de froment ne tombe en terre et ne » meurt , il demeurera seul(i). C’était la saison » où le grain se pourrissait, pour germer et pa- » raître ensuite. L’Eglise était ce beau grain de » froment, qui, après avoir été enseveli, devait » se multiplier par tout le monde, s’élever de ses » propres ruines, et se dilater par une sorte de » résurrection dans toutes les parties de l’univers.

» Après deux siècles et plus de persécutions » effroyables, elle fut tirée de dessous le bois- » seau, pour être mise sur le chandelier. Sa lu- » mière commença à luire en Occident dans la » puissance ecclésiastique et séculière, en la per- » sonne de Saint Silvestre et de Constantin ; ce » fut alors comme son premier éclat. Mais bientôt 2> ce croissant parvint à sa perfection et à sa » pleine lumière ; car, en ce temps, outre les » conciles de Nicée et autres, parurent ces grands » flambeaux de l’Eglise; parmi les Grecs: saint » Athanase, saint Antoine, saint Basile, saint » Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, » saint Epiphane; et parmi les Latins, saint Am- » broise, saint Hilaire, saint Martin, qui, docteur » en sa manière, éclaira sans paroles et sans * écrits, toute la chrétienté, par l’éclat de ses «vertus; enfin, dans le même temps, vinrent

aliquando obscux'a, ita sancta Ecclesia, quæ gerit similitudinem lunæ, quæ illuminata à sole justitiæ illuminât noctem hujus sæculi (2).

Præsens Ecclesia, propter augmentum et decrementum, lunæ comparatur (3).

Ecclesia, in ista adhucmortalitate carnisconstituta propter ipsam mutabilitatem , lunæ nomme significatur in Scripturis (4).

(i) Joan. xii,

(2) V. Uildeber.

Serm. p. 67.

(3) Apud. V. Bedam, in Psal.

103, t. vin, p.

(4) S. Isidor H isp al. de Cycle pasch. cap.

Au xvie siècle. Moyens de renouvellement général:

1° pour les peuples , 2° pour les religieux.

vi PRÉFACE.

» aussi le grand saint Augustin et saint Jérôme, » qui achevèrent de mettre dans sa pleine lumière » l’Eglise, alors éclairée de tous ces flambeaux, » et des autres qui brillèrent au quatrième et au » cinquième siècle.

» Cette ferveur dura jusqu’au sixième ; après » quoi l’on vit déchoir les choses, et la piété » s’affaiblir. Pour la réveiller, Dieu suscita saint » Grégoire-le-Grand , comme aussi saint Benoît, » ce saint patriarche, qui renouvela la ferveur » de l’Eglise, et remplit, l’espace de trois ou » quatre cents ans, par ses enfants, les chaires » des docteurs et les sièges des évêques et des » pasteurs de l’Eglise. Après le dixième siècle, la » piété se ralentissant toujours davantage, saint » Bruno et saint Bernard furent suscités de Dieu, b pour la renouveler; puis, un siècle après, saint » Dominique, saint François d’ Assise ; plus tard, b saint François de Paule; et ensuite la ferveur » s’affaiblit, et les mœurs déclinèrent de plus en » plus, jusqu’au seizième siècle.

b Ce fut un des temps les plus déplorables b pour l’Eglise: car ou vit, à cette époque sur- » tout, les hérésies se former, et envelopper des b nations entières; grand nombre de religieux, » déréglés dans leurs mœurs , tomber dans l’a- » postasie; des prêtres et des prélats ignorants et b vicieux, couvrir l’Eglise d’opprobre et de scanb dales; et, pour tout dire en un mot, ces nab tions infortunées, livrées à tant de dérégleb ments, semblaient n’offrir plus que l’image du » chaos du monde en sa première confusion. » Alors Dieu assemble, par son amour et sa misé-

PRÉFACE

Yl]

» ricorde sur les hommes, un célèbre concile qui

» décide de la foi, donne des règles aux monas-

» tères, et prescrit des lois pour la réforme du

» clergé : et, afin que cela s’accomplit, la divine

» Sagesse suscite, presque en même temps, de

» saints personnages qui rallument la foi parmi

» les peuples, renouvellent la ferveur dans l’état

» religieux, et réveillent la piété parmi les pas-

» teurs et les prêtres. En ce temps parut la com-

» pagnie de Jésus, en Italie : elle avait commencé

» dans l’Espagne en saint Ignace, son fondateur;

» elle s’était formée dans la France en l’Univer-

» sité de Paris ; et ce fut à Rome, selon la pro-

» messe qui lui en avait été faite, qu’elle donna

» les premiers éclats de sa ferveur, de sa péni-

» tence, et de sa capacité, pour prêcher la doc-

» trine chrétienne à tous les peuples, et pour dé-

» truire les hérésies, ce qui est l’objet spécial de

» sa mission. Alors aussi, pour rallumer le feu de

» la religion, s’élève dans l’Espagne, comme une

» sorte de prodige, sainte Thérèse, qui, servant

» de fondatrice et de mère aux religieux, aussi bien

3) qu’aux religieuses , fait naître dans tous les

» Ordres une sainte émulation de ferveur. Enfin,

» presque dans le même temps où parurent saint

» Ignace et sainte Thérèse, s’élève, pour la réforme

» du clergé, saint Charles, la merveille des évè-

>3 ques: aussi la vertu divine, qui éclate dans ce saint

3> pontife, est, en quelque sorte, bornée etappli-

)3 quée au clergé, comme à la première et laprinci-

33 pale partie de l’Eglise, par laquelle Dieu veut dans qu[l)

33 ce siècle commencer la réformation: Tempusest Sa^s. ms. aut.

de M. Oher. In-

» utjudicium, etpietas, incipictt àdomo Dei( » troductwn.

Moyen de renouvellement 3° pour le clergé: les séminaires.

(1) Decret. Concil. Trid. de Reformations, ses.

xxiii, cap. xviii .

VÜj PRÉFACE.

En effet, comme le mal était descendu des pasteurs et des prêtres dans les rangs inférieurs de la société, c’était par eux aussi que le remède devait venir : la vie ne pouvant couler du chef aux extrémités des membres, qu’en vivifiant d’abord les organes principaux, pour être ensuite portée par eux dans tout le reste du corps. Mais il y avait peu d’espérance de régénérer des prêtres, qui, entrés pour la plupart sans préparation dans les saints Ordres et dans les charges ecclésiastiques, avaient contracté de longues habitudes d’une vie toute séculière, souvent même déréglée et scandaleuse. Aussi les Pères de Trente reconnurent-ils que, pour guérir les maux du clergé, il fallait les retrancher dans leur source: c’est-à-dire, former une nouvelle génération de ministres des autels, et, pour cela, ouvrir à la jeunesse, non plus seulement des académies savantes (on n’en manquait pas alors), mais des séminaires (1), on, à l’abri des séductions du monde et des passions, cet âge fragile, s’établit et s’affermît dans les principes de la vie chrétienne et sacerdotale, se pliât aux habitudes de la sainte discipline, et se formât, de longue main, à l’administration des sacrements, à l’art de catéchiser les enfants et les hommes simples, au chant et aux cérémonies de l’Eglise, en un mot, à tout le détail des fonctions ecclésiastiques ; afin que, par les pieux et fervents prêtres qui sortiraient de ces nouveaux cénacles, on vit refleurir partout les mœurs chrétiennes et la religion f. Saint Charles

f Ut ergo talibus operariis nunquam destituatur Ecclesia, caluberrimo decreto à S. Synodo Tridentina sancitum fuit,

PRÉFACE

Borromée. en exécution de ce décret, ouvre des séminaires dans son diocèse de Milan : il donne comme la première forme à ces saintes communautés, et l’Eglise de France, cette illustre portion de la grande société chrétienne, qui semble participer à la fermeté de la chaire apostolique, parce qu’elle s’y est tenue constamment unie, s’empresse aussi d’adopter cette salutaire institution. Divers conciles provinciaux (1), et une célèbre assemblée du clergé, 'qui peut passer pour un concile national (2), prennent des mesures pour la fondation des séminaires, et en dressent comme de concert les règlements.

Qu’elle est belle , à cette heureuse époque, l’Eglise de France ! qu’elle se montre forte et puissante contre le dérèglement des mœurs et l’hérésie, fruits de l’ignorance des siècles passés ! Au souffle de l’Esprit régénérateur, le zèle évangélique se rallume de toutes parts, et de nouveaux apôtres se répandent ça et là, pour annoncer, comme au commencement, la doctrine du salut dans nos provinces. Au premier rang, paraît saint Vincent de Paul: cet homme, en qui la prudence de la foi égala une charité qui fait

(1) Concil. Rothomag . an .

1581. — Burdigal. an. 1582 — Rhemens. an.

1583. — Turonen. an. 1583.

—Büuricens.an.

1584 — Aquens.

an. 1585. — Tolosan. an. 1590.

(21 Couvent.

Melod.anAbld.

De legibus seminarii.

Renouvellement des peuples par les missions, l’éducation de la jeunesse etc.

ut seminaria instituerentur, in quibus clerici à teneris an-

nis, ad pietatem et disciplinant ecclesiasticam informaren- (31 Concil. Bur-

tur (3). digal. 1582.

Nihil quippe dici aut cogitari potest hoc decreto exquisitius ad hæreses exstirpandas, et reddendum Ecclesiæ Dei pristinum suum nitorem, et clero sâcerdotioque pristinum suum decus, ac consequenter ut intra non multos annos Ecclesia miré floreat eruditione sacrâ, pietate, vitæque puritate, atque adeo jam inde ab initio Ecclesiæ vix quid- (Aj Concil. Caquam præclarius aut efficacius institutum esse videtur, ad merac. Tit. de reddendum Ecclesiæ Dei llorentissimum statum (4). Sitmin. c. 1.

PRÉFACE

(1) Bulle d'institution de la mission. Archivas duRoijaume, section historique M. cart. 425, fol. 11.

(2) Mim. aut.

de M. Olier, t.

(3) Vie de S.

François Régis, par le F. Daubenton.

Le Ndblets, par le P. Verjus.

Paris, 16G6,in- 8°.

(5) Le parfait Missionnaire, ou Vie du P. Maunoir, par le P.

lloschet , 1691,

in- 12.

(G) Sa vie par le P. de Montigny.

Pioussier , par Paterne, 1G45, (8) Sa vie par Eorely. Lyon, 17 03, in- 12.

(9) Vie du P.

Le Quieu. Avignon, 1681.

(10) Fie de Crestey, par Grandet, in- 12.

( 1 1 ) Sa Vie, par O rame , Lyon, 1711, in 8°.

(12J Vie des Saints de Bretagne.

(13 J Ahrégc de sa Vie. Avignon.

(14) Sa vie par Grandet.

( 1 5) Vie de César de Bus.

(16) Vie de Pierre de Bérulle, par Tabarattd.

encore l’étonnement du monde, se dévoue, lui et les siens, à la sanctification des peuples de la campagne(l). « Ce grand personnage, ditM. Olier, » a prêché jusqu’à maintenant partout la péni- » tence, par lui ou par ses disciples; il est élevé » au plus haut point de l’estime, et a acquis un v honneur et une célébrité qui pourront passer » pbur incroyables; et, certes, il les mérite » bien (2). »

Suscité pour donner cet ébranlement général, saint Vincent de Paul communique le feu dont il brûle à une multitude de pieux ecclésiastiques, dont il fait autant d’imitateurs de ses travaux ; car, sans parler ici des Régis (3), des Le Nobletz (4) , des Maunoir (5) , un grand nombre d’autres forment de ferventes associations de missionnaires , qui , semblables à des camps volants, se transportent partout où les appellent les besoins des peuples : le Père Eudes, dans la Normandie et la Bretagne (6) ; Roussier, dans l’Auvergne et le Forez(7); d’Àuthier de Sisgau, dans le Dauphiné (8) ; le Quieu, dans le Comtat, la Provence, le Bas-Languedoc (9); Crestey, dans la Normandie (10 ; Cretenet, dans la Bresse, le Lyonnais et les provinces voisines (1 1); René L’Évêque, à Nantes (12); Bertet, à Avignon (13) ; plus tard, Grignon de Montfort, dans le Poitou (14). Et pendant que ceux-ci évangélisent les pauvres et ramènent dans le bercail tant de brebis égarées, un grand nombre d’autres travaillent, avec des soins infatigables, à la sanctification de l’enfance et de la jeunesse : les Jésuites, les Doctrinaires (15), les Oratoriens(16); dans la

» PRÉFACE. XÎ

suite, les Frères des écoles chrétiennes (1); et, pour les filles : la Visitation, les Ursulines (2), les Filles de Notre-Dame de Bordeaux (3), de la Congrégation de Notre-Dame en Lorraine; celles de la Croix, de la Charité, de Sainte- Geneviève ; les Sœurs de S. Joseph, celles de Nanci, d’Arras, de S. Maur(4), et beaucoup d’autres moins connues.

L’état religieux se relève en même temps de ses ruines. En ce siècle, on voit paraître, comme de concert, les réformes de Saint-Vanne (5), de Saint -Maur (6), de Sainte -Geneviève (7), de Chancellade (8) , de la Trappe (9), de Sept- Fonts, d’Orval, de Grammont (10) ; et, pour les femmes, les réformes, du Carmel, (11), du Calvaire^), des Bernardines, du Val-de-Grâce, (15), du Père Fourrier (14), et autres, ainsi que diverses ’ congrégations nouvelles, qui, se formant comme à l’envi, édifient le monde, et par la ferveur qui accompagne les institutions naissantes, et par la pieuse émulation de vertu qu’elles excitent dans les anciennes. Enfin, de toutes parts s’élèvent mille œuvres diverses pour le soulagement corporel et spirituel des pauvres et des malades, pour la sanctification des ouvriers, pour la conversion des hérétiques. On voit s’ouvrir des maisons de repentir et de retraite, des asiles, pour l’enfance abandonnée, des hospices pour l’infirmité et la vieillesse. Toutes les misères, en un mot, trouvent leur soulagement, et toutes les œuvres recommandées par l’Evangile ont, dans tous les rangs de la société, leurs héros et leurs apôtres.

(1) Vie de 31.

de la Salle.

Rouen, 1733.

(2) Chroniques des Ursulines.

(3) Histoire des Ordres monastiques, t, vi, ch.

(4) Ibid. t. ii, ch. lxiv, etc.

Renouvellement de l’état religieux en France.

(5) Histoire du

v. Didier de la Cour, par Haudiquer , Paris , 1722, in-8"

(G ) Gall. christ.

t VII.

(7) Vie du P.

Faure, l(i98.

(8) Vie d’Alain de Solminihac, par Chastenet.

(9J Vie de l’abbé de Rancé, par Marsollier.

( 1 0) Histoire des Ordres mon. t.

vi, ch. lv, etc.

( 1 \) Vie de Marie de l’Incarnation, par Boucher, in- 8°.

(12) Histoire des Ordres mon., t.

vi, p. 46.

(13) Fie de Marguerite d’Ar-

bouze, par Fleury, in-8°.

(14) Vie du P.

Fourrier , par Bedel, 1666. in-

Renouvellement du clergé en France, par les séminaires.

xij PRÉFACE.

Ainsi, après plus de seize siècles, l’Eglise de France paraît encore aussi illustre et aussi féconde en Saints de tous les Ordres et de tous les rangs, qu’elle l’avait été dans son premier âge.

Mais cet élan universel se serait bientôt ralenti, et aurait été presque sans résultat, s’il n’avait eu pour principe la sanctification du clergé, essentiellement chargé d’entretenir la communication de la vie dans tout le corps de l’Eglise. Pour ce dessein, Dieu lit naître, dans le clergé même, diverses sociétés de prêtres, destinés à travailler, par les séminaires, à la formation et à la sanctification de l’ordre sacerdotal: la congrégation de l’Oratoire, et les autres sorties de celle-ci, ou du moins dont les fondateurs furent disciples des premiers Pères de l’Oratoire, savoir : la congrégation de la Mission, celle du Père Eudes, la société de Saint-Nicolas du Chardonnet, et celle de Saint-Sulpice, la seule qui doit nous occuper ici, et à laquelle M. Olier donna naissance.

Dès que ce digne ouvrier de la vigne du Seigneur connut les desseins de la Providence sur lui, on le vil s’employer, avec un zèle infatigable, à établir partout des séminaires , n’épargnant, pour les multiplier, ni travaux personnels, ni dépenses de ses propres biens, ni sacrifices des meilleurs sujets de sa compagnie : travaillant sans cesse, lui et les siens, à former Jésus-Christ dans les cœurs des jeunes clers, à les enfanter à la vie sacerdotale , et à relever , soutenir ou perfectionner les prêtres dans les voies de la sainteté, où l’éminente dignité de leur caractère les oblige de marcher constamment. A peine a-t-il institué

PRÉFACE. XÎij

son premier séminaire, qu’on y voit accourir, de tous les coins du royaume, de nombreux disciples pour se former sous sa conduite aux fonctions et aux vertus de leur saint état, ou pour participer à son esprit de zèle envers les jeunes clercs, en devenant ses imitateurs dans les provinces. Grand nombre de prélats désirent, comme à l’envi , des sujets formés de sa main, pour commencer leurs séminaires; et enfin, jugeant de l'œuvre par les fruits de bénédiction qu’elle produit de toutes parts, une assemblée générale du clergé loue hautement les desseins de M. Qlier, applaudit à son zèle, et lui donne la plus authentique et la plus honorable approbation (1). Aussi, une multitude d’écrivains, de tous les Ordres et de toutes les sociétés, ont-ils célébré unanimement ses vertus et ses travaux. Bénédictins, Chanoines réguliers, Dominicains, Franciscains, Minimes, Jésuites, prêtres de l’Oratoire, de la Mission et autres, l’appellent à F envi l’ornement du clergé, un homme au-dessus de tout éloge, par son zèle pour le rétablissement de la discipline, un prêtre qui a possédé dans le plus haut degré l’Esprit de Jésus-Christ, un nouvel Elie, un homme apostolique, éminent en science, en grâce et en sainteté; un personnage si connu, si respecté dans toute l’Eglise, que son nom seul rappelle l’idée d’un des plus dignes prêtres qui aient jamais été (2) ; et, pour tout dire en un mot, l’assemblée générale des Évêques écrivant, en 1730, au pape Clément XII, ne craint pas d’appeler M. Olier, dans le bel éloge qu’elle en fait, ï ornement ci lu gloire indigne du clergé de France.

(1) Projet de l'établissement d'un séminaire dans un diocèse, in - 4°. 1651.

Avertissement.

— Lettres aul.de M. Olier, p. 1 et suiv.

(2) Vie de S.

Vincent dePaul, par Collet, t. i, liv. m, p. 189.

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