XI -V
PRÉFACE
grâce.
vni Mais, pour préparer l’esprit du lecteur à l’ex-
Vues géné- position des faits qui feront la matière de cet raies sur M. , . , , ,
oiier : ses ouvrage, et lui donner lieu de remarquer plus
dons de na- aisément la convenance des moyens que Dieu une a de m£nagea par sa providence , et leur proportion avec la vocation spéciale de M. Olier, il ne sera pas hors de propos de faire entrevoir déjà les dons de grâce et de nature dont ce saint prêtre fut pourvu, et de donner ici une légère esquisse et une vue générale de sa personne.
Il appartint , par sa naissance , à l’une des premières classes de la société, à la haute ma- ' gistrature du royaume: avantage, il est vrai, qui ne donne pas toujours l’élévation de l’esprit, ni la noblesse des sentiments, mais qui sert à développer ces dispositions dans ceux qui en ont reçu les heureux germes. La pénétration, la fécondité, la vivacité, l’élévation de son esprit, paraissent assez par ses ouvrages; l’on enverra, d’ailleurs, mille preuves dans cette Vie. Les qualités de son cœur sont encore plus remarquables; la noblesse, la générosité, le courage, joints à la bonté et à une sensibilité pleine de tendresse pour les maux d’autrui, semblent être ses caractères distinctifs. Il est vrai que son naturel impétueux causa, dans son enfance, bien des inquiétudes à la piété de ses parents; mais la grâce corrigea, et tourna même en autant de précieuses qualités, ce qu’il y avait d’excessif dans ces premières ardeurs de son âme. Dieu le prévint surtout, dans l’ordre surnaturel, des plus précieuses faveurs: il lui donna un grand fonds de religion , avec une tendre et ardente dévotion envers le très-saint
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Sacrement de l’autel et envers la très -sainte Vierge; dispositions les plus essentielles dans les prêtres, et dont il sembla remplir abondamment son serviteur, afin qu’il pût un jour verser, en quelque sorte, de sa plénitude dans les âmes des clercs qu’il aurait à former.
La Bonté divine fournit en outre à M. Olier les moyens extérieurs les plus efficaces, pour développer en lui les dons de la nature et de la grâce. Toute sa vie, il fut dirigé par les serviteurs de Dieu les plus éminents dans la science des Saints. Sans parler des maîtres habiles qui formèrent son enfance , il eut le bonheur , dès ses premières années, d’être fixé dans sa vocation à l’état clérical, par le saint Évêque de Genève, de recevoir ses bénédictions prophétiques, ses douces leçons et ses paternels avis. Plus tard, saint Vincent de Paul, cet homme si éclairé dans la conduite des âmes, ce saint prêtre, le plus consulté peut-être qui fut jamais, devint, au moins pour un temps, le directeur de M. Olier, et pour toujours et jusqu’à sa mort, son conseil, son ami, son père, et même le père de tous les siens. Cependant un autre prêtre, nous ne dirons pas plus saint, ni plus prudent , mais qui paraît avoir été plus spécialement choisi de Dieu pour manifester à M. Olier sa vocation à l’œuvre des séminaires, et pour donner commencement à ce grand dessein, le Père Charles de Condren, général de l’Oratoire, achève de développer en son âme les plus pures notions du christianisme et du sacerdoce, et le laisse, en mourant , l’un des héritiers de son esprit. Enfin Dom Grégoire Tarrisse, général des
n est formé par les plus habiles directeurs desâmes et a des rapports avec les personnages les plus éminents.
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Bénédictins de Saint-Maur , et le Père Bataille, religieux du même ordre , deux hommes, tout livrés à l’Esprit de Dieu, lui sont donnés pour le confirmer et le soutenir dans les voies de la grâce, et lui servir de providence visible dans rétablissement de son séminaire et de sa société. Ajoutons que la divine Bonté lui ménage encore de saintes liaisons avec les âmes les plus éminentes de ce siècle, si fécond en grandes vertus : M. Bourdôise, qui lui sert de maître dans le culte divin; le Père Yvan, le Père Jean Chrysostome, le baron de Benty, la mère de Bressand, la sœur Marguerite de Beaune, la sainte veuve Marie de Valence, et beaucoup d’autres, entre lesquels nous aurions pu compter, comme l’un de ses directeurs, la mère Agnès de Jésus, prieure de Sainte Catherine de Langeac, depuis peu déclarée Vénérable par le Saint-Siège.
Mais, pour le disposer par des voies encore plus directes et plus immédiates à l’exercice de sa vocation, Dieu veut qu'il acquière par l’expé-
clergé * il est
purifiépardes rience unc connaissance exacte des dilïicultés qui peines inté- se rencontrent dans les diverses fonctions du neures. saint ministère, des moyens â employer pour les surmonter, et surtout des dispositions nécessaires pour les remplir saintement; en un mot, qu’il
Il passe par les divers ministères du
soit lui-même un modèle de toutes les vertus sacerdotales et la forme d’un véritable prêtre de Jésus-Ciirist. Aussi verra-t-on, dans M. Olier, un abbé commendataire vraiment digne de ce nom, s’appliquant avec un zèle constant à la réforme de ses religieux; et, quoiqu’il y ait eu peu de succès, tenant ferme contre les obstacles, et
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