‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 57 sur 249 · I. vi, chap. i · texte numérisé non relu

I. vi, chap. i

et dont la vie, toute extraordinaire qu’elle a été, ne doit rien avoir de suspect depuis que le Saint-Siège apostolique, après une longue et sérieuse discussion, a déclaré, par un décret solennel, que cette sainte fille a pratiqué toutes les vertus chrétiennes dans un degré héroïque (1). Elle ne cessait de prier pour la sanctification du clergé, et pour la conversion des pauvres habitants des campagnes, privés dans ces quartiers de presque tous les secours de la religion. Un jour qu’elle demandait avec larmes de sortir promptement de ce monde pour aller se réunir à son céleste époux, notre Seigneur lui dit : Tu m es encore nécessaire pour la sanctification d'une âme qui doit servir à ma gloire (2) : et, peu de temps après, la très-sainte Vierge, pour qui la mère Agnès éprouvait un amour et une dévotion qui trouvent peu d’exemples, même dans l’histoire des Saints, lui apparut toute revêtue de gloire (3), et lui fit entendre ces paroles, qui furent le développement des précédentes : Prie mon Fils pour l'abbé de Pé— brac (4)*. C’était l’abbaye de M. Olier, à deux lieues de Langeac. La mère Agnès ne le connaissait point alors, elle n’en avait jamais entendu parler (5), et n’eut de rapport avec lui qu’au bout de trois ans de prières, d’austérités et de larmes. Il faut entendre M. Olier lui-même témoigner à Dieu et à Marie sa reconnaissance pour une si touchante invention de leur amour.

« En l’honneur de la très-sainte Vierge, l’avocate » des pécheurs, dont je suis le premier ; protestant » à ses pieds, en qualité de son indigne esclave, que » je suis redevable à son intercession de toutes les » grâces que j’ai reçues, je dirai, couvert de confu- » sion, qu’à peine sorti des abîmes du péché où je » m’étais plongé pendant plusieurs années de ma » jeunesse, et jusqu’à vingt-deux ans, cette reine du » ciel, plus ravissante dans sa bonté que dans sa » grandeur, prit le soin, et, si j’ose le dire, la peine » de descendre sur la terre, et de visiter une de

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