SAINT VINCENT DE PAUL DIRIGE M. OLIER
y> alors le sens, ajoute M. Olier, et que je n’y fisse » nulle attention sur l’heure , ni pendant plus de » six années qui suivirent , ce songe m’est toujours » demeuré présent à la mémoire, et aussi distinct » que si la chose se passait maintenant ; et pourtant » les effets en furent assez sensibles : car cela me » laissa au fond du cœur un éloignement entier du » désir d’être Religieux ; d’où il arriva que , sans y » penser, allant ce jour-là même à Vêpres, à mon » ordinaire, dans la maison des Chartreux, je sentis » un tel dégoût de cette vocation , que je ne pus y Qj. '
» penser davantage, quoique dans mon cœur j’aie met sous ,a » un très-grand respect pour ces Religieux , et que direction de » je me sente heureux de les visiter, ou d’assister à saint Vincent » leurs offices, pour m’unir à leurs prières et tâcher de Paul, qui » de participer à leur esprit. » remploie aux
Les dispositions de M. Olier pour l’état religieux missions de la étant donc changées, il ne songea plus qu’à s’exercer camPagneà la pratique des vertus propres des ecclésiastiques, (P Gall. chriset désira d’y être formé par saint Vincent de Paul, ie^—Vie<Ms. qu’il prit en effet dès ce moment pour son confes- de saint Vincent, seur et son guide (1). f^hap^Ja ' —
Dans les entretiens du saint instituteur de la Vie Ms. de M. Mission, dont la conduite lui offrait un si parfait °rlter.' par M-
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modèle des vertus apostoliques, le zèle de M. Olier 5. Par le Père
prit de nouveaux accroissements* (2). Au lieu P- 16-
de poursuivre ses études de théologie qu’il avait *NOTE 8, p. 86
abandonnées depuis son départ pour l’Italie, il (2) summar.
éprouvait un désir ardent d’aller travailler dans ex processu , ne , . , , , , a, pereant proba-
les campagnes au salut des pauvres, et de prêcher hones in causa
dans les villages et les hameaux : dispositions tout- Ven. rincemU
à-fait conformes à l’esprit des réformateurs du de Paui's> Pa£-
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clergé, et particulièrement à celui du saint instituteur de la Mission. Vivement touché de l’espèce d’abandon où languissait, dans plusieurs provinces, JV Bulle d’é' le peuple de la campagne, saint Vincent avait s obligé tous ses missionnaires à
de la Mission. Archives n’exercer aucune royaume,
fonction dans les villes, à la 1 eseï ve des exercices Mémoires de M . des ordinands* (5). Il applaudit au zèle de M. Olier, duferrier.p.M.
et le dirigea dans ce nouveau genre de ministère, dont il avait acquis lui-même une si grande expérience. Il voulut encore l’associer à ses missionnaires, pour qu’il travaillât sous eux dans leurs (1) Abrégé du missions (1), sans être cependant de leur corps; Mémoires de M. et Abelly a remarqué que M. Olier tut même l’un Olier.— Remar- des premiers qui commencèrent à faire ainsi des ques historiques missi0ns conjointement avec les prêtres de cette compagnie (2). Il fit plus encore : il se livra pres- Ven! Vincent de que sans relâche à ce pénible ministère ; et comme. Paul, par Abel- durant plusieurs années, il n’entreprit ses mis- ,?a’ — La n'êmési°ns °lue ^ aYis de saint Vincent de Paul, il lui Ms. liv. i, ehap. écrivait dans la suite : « J’ai, par votre grâce, assez 32 • » vu de pays pour apprendre les peines et les
» maux qu’endurent les curés de campagne éloignés (3 ) Lettres aut. » de la Capitale (3). » S’étant associé plusieurs zéde M. 0 ,n'\^s coopérateurs, il essaya d’évangéliser avec eux les peuples des champs, exercice qui l’occupa presque tout entier jusqu’à sa promotion au sacerdoce. Il n’aidai,t pas seulement de ses biens les ouvriers de ces missions, quoiqu’il ne fût point encore prêtre, il travaillait sous leur conduite, taisait assidûment le catéchisme, et annonçait zèle infatigable la parole de Dieu (4).
pag. 41 ,
(4) Année Dominicaine , elc.
— Démarqués historiques , 1 .
ni, p . 457 .
avec un
«Je commençai alors dans les missions et ailleurs. » dit-il. à m’abandonner au Saint-Esprit, pour » prêcher en sa vertu (5). » Tout épuisé qu’il T) Mém. aut. était, et après avoir passé les jours entiers a ’ prêcher ou à faire d’autres bonnes œuvres, s’il rencontrait un pauvre, il s’arrêtait pour l’instruire et lui parler de Dieu ; et il continua cette pratique jusqu’au temps où, la paralysie ne lui permettant plus de catéchiser, il fut contraint de se faire suppléer par quelqu’un de ses prêtres. Quand il voyageait dans la campagne, il se détournait de son chemin pour aborder les laboureurs et leur adresser quelques paroles de salut, quoique cet exercice de charité le retardât beaucoup, et lui fît quelquefois souffrir des incommodités considé-