‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 60 sur 249 · M. OL1ER CONNAIT SA VOCATION · texte numérisé non relu

M. OL1ER CONNAIT SA VOCATION

qu’on lui fit dans la suite, et jusqu’à sept ou huit fois différentes (1). Devant servir de modèle aux ec- O r Mémoire clésiastiques du second ordre, il était appelé à vivre Spar dans le clergé , et à y exercer la charge curiale ; et drand, p. te. ce fut pour le détourner de l’état religieux qu’il voulait alors embrasser . et pour lui montrer déjà la place qu’il devait occuper un jour dans la hiérarchie de l’Église . que Dieu lui envoya le songe dont il fait, en ces termes, le récit :

«Dans le temps où la mère Agnès priait pour xvr-

» moi, sans que je le sûsse, j’étais fort en peine de I)ieu montre

)> ma vocation. Alors, n’ayant point de directeur”1 M' °llU sa , • , , \ vocation dans

» et n en connaissant pas . n en saenant pas meme

, , . r , , unsoneemys-

la nécessite, j avais toujours eu la pensee de me . .

' , ’ 1 terieux.

» faire Chartreux, depuis l’âge de quinze ans. Il » arriva qu’après que j’avais entièrement rompu » avec le péché, autant que je le connaissais, un » bon curé, qui avait pris soin de moi pendant quel- » que temps, fut malade à l’extrémité, et j’allai le » voir avant sa mort. Comme je savais que, dans » l’ordre de la charité du prochain , il n’avait rien » de plus cher au monde que mon salut , je le priai » que la première chose qu’il demandât à Dieu , en » entrant dans le ciel , ce fût la grâce de me faire » connaître clairement l’état où il veut que je le » serve. Deux ou trois jours après (il y a bien neuf » ou dix ans), Notre-Seigneur me fit la grâce de me ■•> le manifester par un songe. Il plut à sa bonté me » montrer, deux nuits de suite, le ciel ouvert, où je » voyais saint Grégoire dans un grand trône, et saint » Ambroise dans un autre au-dessous de lui ; plus » bas, une place de curé vacante ; et beaucoup plus » bas , quantité de Chartreux , pour faire la hièr- » archie entière. Cela voulait peut-être dire que la » volonté de notre divin Maître était que je le ser- » visse dans le clergé, où ces deux grands hommes » avaient brillé avec éclat par leurs rares vertus et » leur mérite , et surtout par les grands services ,, qu’ils avaient rendus à l’ordre sacerdotal : qu’il

» fallait m’asseoir en un lieu au-dessous de saint

» Ambroise qui était vacant ; c’est-à-dire, remplir

» cette place de curé, et servir l’Église, en cette qua-

» lité , comme saint Ambroise et saint Grégoire

» l’avaient servie en leurs dignités éminentes ; que

» cette occupation était bien plus utile et nécessaire

» à l’Eglise que celle d’être simple Chartreux , et

» qu’un curé autant zélé dans sa condition que

» l’avaient été saint Grégoire et saint Ambroise dans

» la leur , prévaudrait à plusieurs Chartreux tous

» ensemble. Notre-Seigneur voulait peut-être en-

, . „ , . » core m’apprendre qu’il fallait, dans cette place de

(i) Mémoires , 1 .A , 1 . 7 . r

aut. de M, Olier. » cure , avoir a ma droite un Ordre plus important T ~ » et P*us n(-’cessaire que celui des Chartreux, qui

t" iy.p. 47 s . — » devait être au-dessus de ces Religieux pour l’utilité rië Ms. de M. » qu’en retirerait l’Eglise , un Ordre de prêtres , de Bretonvilliers , » cures et d autres ecclesiastiques, qui serviraient t. i, p. 58, 59. » au clergé et le rempliraient de sainteté (1). »

M. Olier écrivait ce récit peu de temps après son entrée dans la cure de Saint-Sulpice , et lorsqu’il commençait à réunir les premiers membres de sa compagnie. N’en voyant point encore l’entier accomplissement, il était naturel qu’il en parlât d’une manière dubitative. Il avoue même que le sens lui en était tout-à-fait inconnu avant la proposition qu’on lui fit de la cure de Saint-Sulpice, et c’est ce qui arrive quelquefois dans les songes divins, d’après la remarque de Benoît XIV. Ce savant Pape cite à l’appui de son opinion l’exemple de saint Pierre , à qui la signification du voile rempli d’animaux immondes, figure des gentils, ne devint manifeste que lorsqu’il se trouva dans la maison de Corneille. Il fait encore observer, d’après le cardinal Bona, que si Dieu ne donne pas toujours l’intelligence du songe dont il est l’auteur, toujours il en imprime dans l’âme un souvenir ineffaçable , accompagné de la ‘ NOTE i, p. 8g ferme conviction que ce songe vient de lui* : deux circonstances qui se rencontrent dans celui dont nous parlons. « Quoique je n’en comprisse point

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