APPARITION DE LA MERE AGNES
ce nom, et dont nous aurons occasion de parler dans cet ouvrage; M. Renar, que nous avons déjà fait connaître, et avec ceux-ci plusieurs autres ecclésiastiques de qualité. Comme la plupart n’avaient point encore travaillé dans les missions, M. Olier pria saint Vincent de Paul de lui donner l'un de ses missionnaires pour diriger les exercices ; et, lorsqu’il eût composé sa petite compagnie , il se retira à Saint-Lazare, avant son départ, pour y vaquer de nouveau, sous la conduite de l’homme de Dieu, aux exercices de la retraite durant l’espace de dix jours (1).
Comme le recueillement des sens est la disposition la plus nécessaire au succès d’une retraite, saint Vincent de Paul désira qu’il gardât le silence le plus profond , et qu'il prît même ses récréations seul et à l’écart (2). Il n’est pas inutile de remarquer cette circonstance comme une préparation très-convenable à la grâce que M. Olier allait recevoir; ce parfait recueillement, d’après les maîtres les plus éclairés dans les voies surnaturelles , étant la disposition ordinaire où Dieu met les âmes éminentes, lorsqu’il est sur le point de les favoriser de ses plus hautes communications (3). Ainsi le pieux et savant cardinal Bona remarque de sainte Thérèse, que c’était après de longues et ferventes oraisons, et lorsqu’elle était séparée du commerce et de la vue de ses sœurs, qu’elle avait des visions célestes (4). Etant donc dans cette solitude profonde, et n’ayant de commerce qu’avec Dieu seul, M. Olier fut favorisé d’une grâce des plus extraordinaires : la mère Agnès de Langeac, dont nous avons parlé sous l’année 1631, lui apparut (5) corporellement; et voici comment il rappelle lui-même le fait dans ses Mémoires (6) :
« Un jour étant en la retraite où je me disposais » à entreprendre le premier voyage de la mission » d’Auvergne, j’étais, dans ma chambre, (7) en orai- » son, lorsque je vis cette sainte âme venir à moi
(1) La Vie de M. Olier, par le PèreGiry, p. 22.
L’année Dominicaine, etc. — Remarques historiques, t. m,