‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 79 sur 249 · CERTITUDE DE L’ APPARITION DE LA MERE AGNES · texte numérisé non relu

CERTITUDE DE L’ APPARITION DE LA MERE AGNES

taire les sentiments des ecclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice, sans violer un devoir sacré de justice et de reconnaissance. Depuis M. Olier, et à son exemple, ils l’ont toujours vénérée comme leur mère, et l’ont considérée comme une avocate qui intercède sans cesse pour eux auprès de Dieu. « C’est elle, disaient-ils dans une lettre à Clément » XI, pour solliciter sa canonisation, c’est elle qui » a acquis à l’Eglise M. Olier, notre instituteur ; » elle qui, par ses prières, a fait prospérer ses tra- » vaux pour Jésus-Christ ; elle, enfin, qui autre- » fois a aidé notre société par ses prières auprès de » Dieu, et qui maintenant encore la protège et l’af- » fermit, par son intercession puissante, partout où » elle est répandue.

Le Général de l’Ordre de Saint-Dominique, écrivait au Pape au nom de tous les siens : « C’est » sur les avis de la mère Agnès, comme sur des or- » dres venus du ciel, que M. Olier a fondé l’institut » du séminaire de Saint-Sulpice, qui a donné nais- » sance à tant d’autres séminaires en France, et » dont les évêques tirent de si grands fruits ; avan- » tages qu’ils reconnaissent ouvertement être dus, » dans le principe, à la mère Agnès.»

« La mémoire de cette servante de Dieu , écrivait » le cardinal de Noailles au souverain Pontife, sera » toujours en bénédiction, surtout parce qu’on lui » doit le dessein qu’exécuta M. Olier en instituant » des maisons cléricales pour le renouvellement de » l’esprit sacerdotal, alors refroidi et presque éteint.» Lorsqu’en 1757 on fit de nouvelles démarches à Rome, elles furent encore fondées sur ce motif. « L’Église de France, écrivait l’évêque de Saint- » Flour au cardinal de la Rochefoucauld, paraît » prendre un intérêt particulier à la béatification » de la mère Agnès, parce qu’on attribue à cette » vierge d’avoir communiqué à M. Olier, fondateur » du séminaire de Saint-Sulpice, le désir de cette » haute perfection dans laquelle il a lui-même fait

de si admirables progrès (1).

(1) Mém. silice qui s’est passé jusqu'en l’année 1757, louchant la béatification de la mère Agnès, — carton : mère Agnès.

Pie VII a donné les effets de cette apparition pour fondement à son décret en faveur des vertus de lamèreAgnès.

Enfin le même motif, allégué tant de fois, a déterminé le pape Pie VII à déclarer solennellement, le 17 mars 1808, quelle avait pratiqué les vertus dans un degré héroïque. « Toutes les bouches pu— » bliaient en France , lit-on dans le décret de ce » jour, que la très-éminente vierge Agnès de Jésus » avait, dans une vie qui ne fut que de trente-deux » ans, fourni une longue carrière par l’exercice par- » fait de toutes les vertus chrétiennes, mais surtout » quelle était si embrasée du feu de la charité, la » plus excellente des vertus, que, quoique cachée » dans le monastère de Langeac, néanmoins, par la » vivacité de ces flammes qui s’échappaient au de- » hors , elle avait produit des conversions admi- » râbles hors de son monastère, même dans des » pays éloignés, et jusques dans la ville de Paris, » au grand avantage et à l’honneur de la piété, de » la religion et du clergé, surtout de celui de » France. On s’est convaincu combien ce bruit était » conforme à la vérité, par les enquêtes qui ont été » faites dans les formes usitées sur chacune de ses » actions : les pièces qui les contenaient ayant été

» compulsées et soumises à une discussion sévère .

» En conséquence, Sa Sainteté a déclaré et jugé, » que la vénérable Agnès de Jésus a pratiqué les » vertus dans un degré héroïque. » La sanctification de M. Olier et l’établissement des séminaires sont, comme il est aisé de le remarquer, le motif principal de ce jugement; car, dans toute la suite des pièces qui furent compulsées auparavant, et soumises à une sévère discussion , on ne trouve d'autre conversion, opérée à Paris par la mère Agnès, que celle de M. Olier, ni d’autre service important rendu par cette servante de Dieu au clergé, surtout de l’Eglise de France, que l’établissement des séminaires que M. Olier entreprit par son ordre. Au reste, les termes mêmes du décret indiquent assez clairement le fait de cette apparition, quoiqu’avec la réserve usitée dans les jugements du Saint-Siège

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