‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 78 sur 249 · CERTITUDE DE L’APPARITION DE LA MERE AGNES · texte numérisé non relu

CERTITUDE DE L’APPARITION DE LA MERE AGNES

naître que par le bruit des œuvres de zèle auxquelles il se livrait dans le pays. M. Olier, désirant savoir enfin si la mère Agnès n’était pas la personnne qui lui avait apparu, la pria de vouloir bien relever son voile * : elle le leva aussitôt (1), et ce moment fut comme une ouverture aux communications les plus secrètes sur tout ce qui se passait dans ces deux grandes âmes. M. Olier, frappé de revoir à Langeac la même personne qu'il avait vue à Paris (2), lui dit sur-le-champ : Ma mère , je vous ai vue ailleurs. Agnès lui répondit : Cela est vrai, vous m’avez vue deux fois à Paris, où je vous ai apparu dans votre retraite à Saint-Lazare, parce que j’avais reçu de la sainte Vierge l'ordre de prier pour votre conversion. Dieu vous ayant destiné à jeter les fondements des séminaires du royaume de France (3).

Tel fut l’objet principal de la mission d’Agnès. Cette sainte fille a eu trop d’influence sur la vocacation de M. Olier pour ne pas faire ici une digression touchant l’apparition que nous avons décrite, et qui fut l’origine de leurs rapports mutuels. Le fait est certainement un grand miracle ; et il est d’autant plus permis de demander les preuves de sa certitude, qu’il est plus étonnant : car, d’après les procédures faites pour la béatification de la mère Agnès, ce fut par une apparition réelle et corporelle que cette grande servante de Dieu, éloignée de plus de cent lieues de Paris, se rendit deux fois visible à M. Olier, dans la maison de Saint- Lazare*.

Ce qui exclut tout doute à cet égard , c’est le témoignage de M. Olier, les dépositions de vingtquatre témoins auriculaires, au nombre desquels étaient les personnes de Langeac les plus qualifiées et les plus recommandables ; et la pleine notoriété du fait par toute la France dans le dernier siècle*, notoriété attestée encore par les tableaux de cette illustre vierge, presque toujours représentée dans ce trait, comme le plus connu et le plus extraordi-

* NOTE 3, page 124.

(1) Déposit. de la mère Françoise des Séraphins. — Summarium , etc.

text. xv.

(2) Déposit. de Louis Condéré, curé de S. -Julien. Ibid. test, xi. Item, de la mère Bayol. tes.

xiv. — L’Année

Dominicaine ,

etc. — Remarques historiques t. m, p. 456,

(3) Ibid. Déposit. de la mère Françoise des Séraphins, test.

L’apparition de la mère Agnès est rendue certaine par les deux effets qu’elle a laissés après elle.

* NOTE 4, p. 124.

* NOTE 5, p. J 24 .

* NOTE C, p. 125.

(U Responsio ad animadversiones, super introduit. causœ , V. M. Agnelis a Jesu , nu 03 .

— Cette discussion peut servie de réponse à ce queNicole a écrit en se jouant sur cette matière.

* NOTE 7, p. 12G.

Le clergé de France attribue à la mère Agnès la sanctificationetles œuvres de M.

Olier.

naire de sa vie. On pourrait alléguer aussi les circonstances de l’apparition, où l’on ne voit rien que de digne de Dieu, et de très-conforme aux apparitions divines ; enfin l’examen qui en fut fait par la Congrégation des Rites, avec l’attention la plus sévère et toute la rigueur accoutumée*. Il n’est pas inutile, en effet, de faire remarquer ici que cette apparition est l’objet d’une savante et solide discussion, parmi les procédures concernant la canonisation de la mère Agnès, et que le sous-promoteur de la foi, après avoir répondu à toutes le difficultés conclut que sa vérité est tout à fait indubitable : Dubitari nequaquam potest quin vera fuerit appari— tio (1). Mais considérons ici avec plus d’étendue les suites qu’elle a laissées après elle, et que Benoît XIV appelle la pierre de touche pour discerner ces sortes de faveurs.

L’apparition est certainement divine, dit ce grand Pape, si celui qui en a été favorisé fait ensuite de grands progrès dans l’humilité, l’obéissance, et s’élève jusqu’au comble des vertus; surtout si l’apparition est encore le principe de grands avantages pour l’édification publique*. D’après cette règle, on ne peut contester la vérité de l’apparition de la mère Agnès; car, depuis ce moment, M. Olier fit, dans les vertus sacerdotales, des progrès étonnants, comme la suite de sa vie le démontrera, et il servit utilement l'Église par l’institution des séminaires : deux œuvres qui eurent pour principe cette même apparition.

Aussi le clergé de France, considérant comme le propre ouvrage de la mère Agnès, tant la haute sainteté de M. Olier que ses œuvres pour le bien de l’ordre sacerdotal, a-t-il plusieurs fois allégué, comme motif principal de la canonisation de cette grande servante de Dieu, les services qu’elle avait rendus par là à l’Eglise*. Nous regrettons de ne pouvoir rapporter ici les témoignages nombreux que nous avons recueillis; mais nous ne saurions

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