OLIER L’CEUVRE COMMENCÉE PAR LA MÈRE AGNÈS
Quoique la Mère Agnès eût écrit au Père de I. Condren de prendre M. Olier sous sa conduite (1), M.Olierprend celui-ci s’adressa néanmoins encore à saint Vin- lePèredeConcent de Paul le reste de l’année 1634 et pendant dren pour 9on une partie de l'année suivante. Peut-être ignorait-il directeurle sujet de cette lettre , ou , s’il en était instruit , attendait-il, pour se priver de celui qui avait été 18t. jusque là son conseil et sa lumière, un signe manifeste et un ordre exprès du Ciel. Quoi qu’il en soit, étant alors tourmenté de peines intérieures les plus accablantes qu’il eût jamais éprouvées , et ne trouvant aucun soulagement dans les avis de saint Vincent de Paul , il prit le parti de vaquer aux exercices d’une retraite spirituelle, et ce fut durant cette retraite qu’il connut enfin le dessein de la Providence, par une parole intérieure si forte et si puissante, qu’il ne put s’empêcher de la regarder comme un ordre de Dieu (2). Cette parole fit sur (2) Mémoires lui une impression extraordinaire; et, après même ^u\' dpe M^olterla mort du Père de Condren, il n’en parlait qu’avec une vive émotion. « O mon Tout, dit-il, le tairai-je » ce mot qui me saisit et me perce le cœur de re- » connaissance , même à présent? Pourrai- je le » taire , source inépuisable de bonté , miséricorde » sans pareille? Lorsqu’en cette retraite, où j’étais » encore affligé d’une faute que je croyais m’avoir » perdu , tout d’un coup une voix , comme celle » d’un maître puissant, me dit : Le Père de Con- » dren te mettra en paix: ce qui eut tant d’efficace , s que sur-le-champ je ressentis une paix et un » calme indicibles. La tempête qui semblait me de-
(t) Mém. aut. » voir abîmer s’apaisa, et je n’en ai plus rien éprouvé
d<3 162 0i,er’t'1’ » depuis (1). »
Cette lumière surnaturelle ne doit point paraître étrange dans la vie de M. Olier, puisqu’il est hors de doute que Dieu, comme l’enseigne Benoît XIV, parle familièrement à ses amis, et qu’il a coutume de combler de ces sortes de faveurs ceux sur qui il * NOTE 1, p. a de grands desseins pour le bien de son Eglise*. l62. Le changement de directeur, qui en fut la suite
immédiate , porte d’ailleurs une si vive empreinte de la sagesse divine , qu’il suffirait seul pour éloigner tout soupçon d’illusion. Il n’eut point en effet pour motif la sanctification personnelle de M. Olier : saint Vincent de Paul aurait pu sans doute le former aux vertus les plus sublimes ; mais ce conseil de Dieu était ordonné pour de plus hauts desseins, pour lui manifester sa vocation relativement à l'établissement des séminaires , et le disposer à en remplir toute l’étendue. Ce fut ce que M. de Maupas parut insinuer en signalant ce trait dans l’oraison funèbre de saint Vincent de Paul. « Il fallait » sans doute , dit cet orateur, deux grands maîtres » de la vie spirituelle, M. Vincent et le Père de » Condren , pour former ce grand sujet et le ren- » dre capable des plus hautes maximes de la per- » fection ; puisque la Providence de Dieu s’en vou- » lait servir pour établir ce beau séminaire de Saint- » Sulpice, et pour le rendre lui-même, tel qu’il a » paru depuis dans la suite des temps , un père et » un maître de tant de vertueux ecclésiastiques, » qui maintenant, à l’heure que je parle, travaillent » dans nos diocèses avec abondance de grâces et de (2) Oraison fu- » bénédictions (2). » Dieu voulut en effet que, pour nèbra à la me- exécuter ce dessein, M. Olier vînt puiser la grâce
Vincent de Paul sa vocation a la source même où saint Vincent etc., in-4°, p. 35! de Paul avait reçu les prémices de la sienne, et que, “ ,^L nat' par conséquent , il passât sous la conduite du Général de l’Oratoire, qui était alors le Père Charles de Condren.
TJ.ji.i3j.