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vinet ans, fut souvent tourmenté par le démon et qui, dans cet état, essaya de se donner la mort à lui-même ‘1). M. Meystr, sous l'impression d'une semblable obsession à laquelle se joignaient une fièvre ardente et une sorte de frénésie, profita de l'abse- se d'un de ses gardiens pour se donner la mort (2, en s’enfonçant un couteau dans le sein (3. Avant d'expirer, il recouvra cependant l'usage de la raison, et se confessa au Père Bouchard, de l'Oratoire, qui dirigeait alors les exercices de la mission en sa place (4).
Cet évènement tragique fut connu de toute la France (Dj; et quoique, ‘l'après la maxime de saint Augustin, on ne doive pas jugeradu sort éternel des hommes par le genre | de leur mort, mais par la manière dont ils ont vécu +, la fin de M. Meyster ne laissa pas, malgré la sainteté de sa vie, dinspirer partout des sentiments de crainte et de terreur.
Il arriva même, qu'à cause de ses communications avec P
l'Oratoire, où le Jansénisme avait alors pénétré, plusieurs défenseurs du dogme catholique, trop peu en garde contre les surprises de la prévention, se persuadèrent que M. Meyster avait été l’un des défenseurs de la nouvelle hérésie, et osèrent publier que les opinions cruelles de la prédestination (6) et les maximes du livre de la Fréquente Communion avaient été la cause de son désespoir et de sa mort (7). Mais ilne fut pas difficile de le justifier sur ce point, car il était mort sans avoir jamais eu aucune relation avec Port-Royal ou avec Arnauld. Il était d'ailleurs si éloigné de prenüre part aux disputes du temps, qu'il sut à peine en quoi consistaient les opinions de l'Evêque d'Ypres, et que même sa manière de conduire les âmes était entièrement contraire aux maximes du livre de la Fréquente Communion (8). Aussi L tous les ecclésiastiques qui avaient prêché des missions avec li, furent singulièrement scandalisés en voyant ainsi déchirer sa mémoire, surtout ceux qui l'avaient suivi à Metz, et qui re doutant pas que sa mort n'eût été précieuse aux yeux du Seigneur, l'avaient inhumé en terre sainte Ce fut le jugement qu'en portèrent aussi les hommes les plus éclairés de ce siècle, entre autres le Père Jean Chrysostome, célèbre reugieux du tiers-ordre de Saint-l'rançois, dont la Vie a été donnée au public. M. Olier ayant appris & mort sans en connaître Ice genre, chargea d'abord un de &es ecclésiastiques de faire l'oraison funèbre du défunt. Mais iyant su depuis les circonstances qui l'avaient précédee, il &contenta de faire célébrer un service pour lui (9), sans fn diminuer toutefois du respect qu'il portait à sa mémoire,
“Non potest malè mori qui benè vixerit (10: undecumqu mors pio bona est. Quære qualis sit qui moritur, quo Pot mortem iturus est, non unde de vita exiturus (11)
(1) L'homme de Dieu, ou Vie du Père Surin, chap. vm, in-12, 1528, p. 44, 45.
(2) Grandet, Vies Ms. Ibid.
(3) Défense de lafoicatholique, par Habert, 1°* part. p. 15. — OEuvres d’Arnauld, t.xxx, p.
(4) Lettre de M. Lepage, ibid.
(5) Vie du Pere de Condren, ar le Père Àmelote, p. 543.
(6) Défense de la foi catholi que, 1l'*° partie,
(1) Applicat.
de la censure du Pacifique, au livre de la Fréquente Communion, P. 83. — Le Jansénisme confondu, par le Père Brisacier, p. 601, 607.
(8) OEuvres d'Arnauld, tom.
xxx, L'innocence et la vérité défendue, p. 202, 205, 207,t. xxix, p. 406.
(9) Grande, Vie Ms., À, 1, p.
(10) S, Aug.
de disciplina Serm.eup XI,
(11) S. Aug ennar.in. Psal, 148. nn, t, iv, col, 2680.
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