SUR LA PREMIÈRE MAISON DE LA SOLITUDE
NOTE ©, p. 204. — I] est difficile aujourd'hui de déterminer d'une manière certaine l'époque précise où le Séminaire intérieur, composé des aspirants à la Compagnie de Saint- Sulpice, eut un local séparé du séminaire proprement dit, Dans nos précédentes éditions, nous avions avancé que ce fut vers 1645, et à Vaugirard, que M. Olier établit d'abord cette petite communauté; mais de nouvelles réflexions nous ont conduit à penser que la maison de Vaugirard n'était pas destinée, au moins principalement, aux prétendants à la Compagnie, mais devait surtout, comme il a été dit plus haut, être un lieu de probation pour les jeunes clercs qu entraient au séminaire. C'est ce qui explique comment îl Pierre Couderc, qui n'était arrivé que depuis quelques moi à Saint-Sulpice, fut mis à la tète de cette maison. tand qu'au témoignage de M. Bourbon, 15 Séminaire intérieur 0 la Solitude a eu pour premiers directeurs MM. de Pousst Louis Tronson et Gauthier-Dubois (4).
En 1650, il est vrai, M, Olier loua à Vaugirard une nouvelle maison pl s commode que celle qu'il y possédait déjà. mais elle était destinée à recevoir, en attendant l'achèvemen! du séminaire de Saint-Sulpice, ceux qui ne pouvaient trou ver place à Paris. et spécialement les infirmes dont la sank demandait l'air de la campagne (5, Il ne reste donc aucu
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DU LIVRE QUATRIÈME 295 moven de prouver que la solitude füt à Vaugirard avant d'être établie à Avron, M. Bourbon parlant de la solitude d'Isaf dit, ilest vrai, qu'elle est la continuation de Vaugirard, mais il l'entend de la première maison qui fut lk berceau de toute la Compagnie : « Ce séminaire, »ditsil, reconnaît M. Olier, notre très-honoré fondateur, “pour son auteur immédiat, et si quelques autres sémi- , maires ont cet avantage, il est le premier quien ait été » favorisé. sans ci exCepter aucun, si on veut le regarder. ÿcqu'il ya lieu de faire. comme la continuation de celui
de Vaugirard à qui Saint-Sulpice, aussi bien que tous les autres, doivent leur origine ;1) ».
On conserve encore à Saint-Sulpice les réglements et les asages qui furent suivis à Avron; on a plusieurs exemshaires manuscrits des Maximes selon lesquelles vivaient tous les membres de cette fervente communauté. Ils remontent à 1065 et sont comme les ébauches de ce code spirituel qui régit encore aujourd'hui la Solitude. Dans les écrits de ette époque et surtout dans la correspondance de M.Tronson, on trouve de fréquentes allusions à la Solitude d'Avron 1 à la ferveur qui y régnait. &. De la solitude de Vaugirard, j1$ un souvenir : lui seul. formerait un préjugé contre l'existence de cette
ison.
On a vu que dès 1653 M. Olier avait le désir de dédier \vron à la Reine des Apôtres: mais l'attaque d'apoplexic lont il fut frappé sur ces entrefaites et dont nous parlerons
leurs, le mit hors d'état de réaliser ses projets de retraite ant les derniers mois de l'année suivante, Vers ce tempsla, sans doute, il se retira dans cette solitude, pour y être
\couvert de Paris, et, comme il le faisait toujours en pareil cas &5), il attira auprès de lui quelques uns de ses dis-
ples pour les instruire à loisir des vérités chrétiennes it des devoirs de leur vocation. Ainsi se forma peu à peu xtte cole de perfection qui probablement ne prit sa derniè-
gioforme qu'après la mort du serviteur de Dieu, comme ce
lut alors seulement que, d’après ses vues et ses conseils, ut rédigé le premier réglement de la Compagnie, dont un ‘ücle concernait les exercices de la Solitude, I] y était dit: Les personnes que l'on verra être propres pour être un ur de la Compagrie passeront une année à se former “ans un lieu qui sera destiné pour ce dessein »,
M. Baudrand, dans la Vie de M. de Bretonvilliers, surcelieu ie probation s'est exprimé en des termes qu'il est nécessaire “expliquer ici, « Cette maison d'Avron, dit-il, était fort belle, Slucesur un coteau dont l'esplanade avait plus de mille ar ?hents, et d'où on-découvrait les plaines de Saint-Denis et
ToM. nr. 15
(1) De la mrai-
son d'Issy, p. ?.
(?} Correspon-
dance. Limoges,
> L 3 p.200. Clermont son nom ne se lit nulle part. Ce silence, à p. 332.
(3) Lett. aut,
(1) Remarques historiqg. t, 11, p. 888.
(2\ Réglement des consult.
(3) Vie de H.
de Bretonv. par M. Baudrand, p. 167-168.
(4) Histoire du diocèse de Paris par Lebeuft, vi, p. 26 21.
» de Chelles. On y avait fait une cspèce de probation » pour le séminaire pendant dix-huit ans (1}». Ces derniers mots semblent, au premier coup d'œil, démentir ce qui vient d'être dit sur l'origine de la Solitude d'Avron car si, en 1676, époque où le séminaire rendit cette maison à la famille de Bretonvilliers, la probation, dont parle M Baudrand, n'y était que depuis dix-huit ans, ce n'est donc qu'en 1658, un an après la mort de M. Olier, qu'on l'y avait établie. Telle serait, en effet, la conclusion à tirer dece passage, si l'on ne savait par le témoignage des contemporains, que M. Olier lui-même fut le fondateur de cette conmunauté. Aux preuves déjà citées pour établir ce point, nous pouvons ajouter le procès-verbal d'une délibération des consulteurs qui, le 29 octobre 1678, décidèrent que les exercices qui se faisaient à Avron seraient continués à [ssy. « parce que,disent-ils, la chose ayant été établie par M.Olier, » continuée par M. de Bretonvilliers, il est bon de ne pas » l'interrompre (9) ». Devant un témoignage si grave, iles impossible de prendre à la rigueur l'assertion de M. Baudrand. Nous avons cru lui donner une explication au moins vraisemblabie, en disant que la Solitude d’Avron qui, indubitablement,a commencé du vivant de M. Olier, n'a pris s forme définitive qu'un an ou deux après la mort du serviteur de Dieu.
Le château d'Avron, aujourd'hui démoli, es. une dépendance de Neuilly-sur-Marne, sur la route de Coulommiers à Paris. C'était un bien patrimonial de M. de Bretonvillier: qui le laissa au séminaire de Saint-Sulpice; mais M. Tron son, son successeur, A'ayant pas retenu cette terre (3, elle resta encore longteinps à la famille de Bretonvilliers (4, Le plateau d'Avron a eu quelque importance, comme point stratégique, durant le siége de Paris par les Allemands, en