‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 122 sur 331 · SUR L'EXIL ET LA FIN DE M. DU FERRIER · texte numérisé non relu

SUR L'EXIL ET LA FIN DE M. DU FERRIER

NOTE 6, p.2135.— M. du Ferrier, indigné de la publication du livre de Févret, sur l’A ppel comme d'abus, détermina M, de Hauteserre, professeur de droit à Toulouse, à écrire sur ce sujet, conformément à l'invitation qu'enavait faite le clergé de France, en 1660, L'ouvrage de ce dernier fut néanmoinssupprimé, parce qu'il parut donnertrop à Rome,comme Févret avait trop donné à l'État, M. du Bosquet. évèque de Montpellier, entreprit de son côté de réfuter les Libertés de l'Église Gallicane des frères Dupuy, mais son travail ne fut pas publié. Alors M. du Ferrier prit lui-même la plume et composa ses Questions sur la juridiction ecclésiastique. Elles furent examinées au château de Marcuez par M. de Sévin, évêque de Cahors. conjointement avec trois autres évêques qui résolurent de les faire imprimer et en remirent le manuscrit à une personne de confiance. Mais celle-ci. ne jugeant pas les moments favorables, en différa plusieurs années l'impression. Sur ces entrefaites, l'Évêque de Pamiers vint à mourir : M. du Ferrier avait été son conseiller dans l'affaire de la régale ; on trouva des lettres de lui à cet Évèque, où il l'exhortait à ne point se soumettre aux déclarations du Roi, et ce fut le motif de son exil à Tonnerre, où il demeura quatre ans. Comme on n'ignorait pas les tentatives qu'il avait faites pour empêcher que les nouvelles maximes de Dupuy et de Févret ne prévalussent en France, et qu'on craignait qu'il n'écrivit sur ces matières dans les loisirs de son exil, on le transféra à la Bastille et l'on mit le scellé sur tous ses papiers qui furent envoyés à Paris. La personne chargée de l'impression de l'ouvrage de M. du Ferrier en avait alors fait imprimer les premieres feuilles, Mais, craignant pour sa propre liberté, elle les supprima et rendit le manuscrit à un proche parent de l'auteur, ‘Tant que M. du Ferrier vécut. on s'abstint de le publier, de peur d'aggraver ses liens. Cette considération fut cause qu'après sa mort, on en usa de même en faveur de M. de Cambiac, son

(1) Ibid. p. 506, (2) Vie de M.

Pavillon, t. 11,

sam —

(1) Lettre sur M. du Ferrier, dul4 mars1687, à la suite de ses Mémoires, Ms.

dela Bibl.sainte Geneviève, Préface ou avertissement sur les Questions.--Vies des quatre Évéques, t. 11, p.

(2) Bibl. Sainte Geneviève, Ms.

in-4°£. a°8. Fr,

(3) Vies des quatre Evèques, t.u, p. 267.

(4) Moréri, art, du Ferrier,

(5) En 1718.

Olier, par M. de

Bretonvilliers,

frère, enfermé aussi dans ce lieu de détention: ct enfin, avce le temps, on ne parla plus de cet ouvrage qui est demeuré manuscrit (1). On en conserve une copie à la bibliothèque de Sainte-Geneviève à Paris; et on y lit que l'ouvrage a subi tant de corrections cet de ratures, qu'il est assez difficile d'y reconnaître les véritables sentiments de l'auteur. On trouve encore dans le même volume un autre ouvrage de M. du l'errier, intitulé : Observations sur le livre qui a pour titre : Institution du droit canonique de France, composé par Bonet, docteur en droit canon à Langres; enfin, un troisième ouvrage De la juridiction de l'Église, qui est divisé en quatre parties (2. L'historien de M. de Foix assure que M. du Ferrier était âgé de quatre-vingts ans, lorsqu'on l’envoya en exil à Tonnerre (3); il voulait dire sans doute que son exil eut lieu en 1680 (4 M. du Ferrier était alors âge de soixante-onze ans, ct il mourut à la Bastille environ six ans après,

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