USAGE DU SÉMINAIRE A L'ÉGARD DE LA RÉCITATION DU CHAPELET
NOTE 8, p. 917. — Lorsque M. Olier prit l'engagement dont on a parlé, il paraît que le séminaire de Saint-Sulpice suivait déjà l'usage, établi depuis dans toutes les autres maisons de la société, de réciter chaque jour le chupelet en commun ; et qu'alors M. Olier régla qu'au séminaire de Paris, cet exercice durerait une demi-heure, comme on le pratique encore durant la retraite générale au commencement de chaque année. Cet usage a persévéré longtemps au séminaire de Saint-Sulpice: un ancien règlement imprimé, et où l'on voit des notes de la main de M. Tronson, porte à l'article XTII : De cing heures à cinq heures et demie, le charelet ou oraison de la sainte Vierge en commun. On voit aussi, par le Journal de M. Bourbon, qu'en l'année 1680, on observaitencore cette coutume, ct qu'on recommandait d'employer au moins la moitié de la demi-heure à méditer sur ls vertus de la très-sainte Vierge (3), sans doute pour remplir par ce moyen les intentions de M. Olier.
M OLIER S'OPPOSE AU DESSEIN DES PÈRES DE L'ORA- TOIRE DES'ÉTABLIR DANS LE FAUBOURG SAINT-GERMAIN.
NOTE 9, p. 219. — On aurait peine à croire jusqu'où ceux des Oratoriens, qui avaient dévié de la foi, portaient l'attahement aux nouvelles erreurs sur la grâce, si l'on n'en
(1) Dictionnaire art. Olier.
(2) in-12, chez Didot, avec vignettes. — Journal de Feller,
(8) Journal de M. Tronson, par Vi. Bourbon, fol.
(1) Annales de la congrégation de l'Oratoire,
an. 1653.
(2) Remontrance chrétienne aux Pères de l'Oratoire, in-4° Bibl. Royale. D.
1417. Pièces.
(à) Lettres autographes de M.
Olier, P: 196,
(4) Lettre autographe duPère Amelote, écrite en 1658.
trouvait des témoignages incontestables dans une multitude de monuments. Le Père Bourgoing, leur général, ayant or donné que le livre de Jansénius, les thèses de Louvain et les autres écrits sur la grâce condamnés par Urbain VIII seraient apportés à la bibliothèque de chaque maison, pour y être gardés sous clef, on observa si peu cette défense que dans quelques maisons, on faisait de ces livres la lecture ordinaire de table/1> De plus, le Père Desmares, dans un ouvrage donné au public, après avoir assuré que dans leu: société il y avait peu de Molinistes, c'est-à-dire de défen seurs des constitutions apostoliques, et en uvoir nomme dix principaux, du nombre desquels est le Père Amelote ajoute qu'il n'y avait pas une seule maison de l'Oratoire oi l'on ne comptât de généreux défenseurs de la grâce; «ti en vient jusqu'à faire connaître nommément les plus considérables de plus de quarante maisons 12.
Enfin, voici ce que M. Olier en écrivait confidentiellement à M. de Bassancourt, pour l'informer des justes motifs qu'i avait eus de s'opposer à l'établissement de ces Pères dans le faubourg Saint-Germain : « Présentement, ils pensent » parmi eux et ils sèment parmi les peuples, dans le con- » fessionnal aussi bien que dans leurs conférences et leurs » entretiens, qu'il faut tenir pour hérétiques tous ceux qui » ne sont point de ce parti. Il n'y a pas quatre ou cinq jours » qu'un homme sortant du confessionnal, à Saint-Magloire, » se trouva l'esprit tout embrouillé et tout renversé, et vint » sc plaindre à son ancien confesseur, en lui disant que le » Père à qui il s'était adressé, l'avait assuré qu'à la cour » tout était hérétique. excepté M. de Luynes et M. de Lian » court, Ce sont de trop grands excès que ceux auxquels » Se portent maintenant les esprits atteints de ces doctrines » nouvelles; c'est au point que les meilleurs amis de ces » Pères ne peuvent s'empêcher de les fuir (3! »
Nous remarquerons en effet que le Père Amelote, quoique très-affectionné à l'Oratoire, ne balança pas à approuver la conduite de M. Olier dans cette occasion. Réponr: dant à quelqu'un, qui apparemment ne le jugeait pas d'une manière si favorable, il disait un an après la mort du servi teur de DiEu: « M. Olier était sans doute un homme de » grande vertu. Nos gens se sont si ouvertement déclarés » de toutes parts et ont fait tant de folies, que je ne m'étonne » pas qu'un homme de bien se soit opposé à eux et à ceux » qui les souffraient. Vous dites qu'il y a des choses faibles » dans ses livres, mais il y en a d'admirables (4). »
La maison que les Oratoriens voulaient établir sur la paroisse de Saint-Sulpice, était probablement celle de leur Institution ou noviciat, qu'on fixa d'abord sur les limités
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mêmes de cette paroisse, dans la rue d'Enfer, en face des Chartreux. Elle fut fondée le 16 avril 1650, par M. Pinette. résorier général du duc d'Orléans, ou plutôt par ce prince lui-même, qui du moins s'en déclara le fondateur, le 11 du nois suivant 1. M. Pinette était cependant fort opposé aux nouvelles erreurs 2),
L'Institution, établie provisoirement rue d'Enfer, fut transtérée ensuite dans la mème rue. au-delà des boulevards, dans la maison occupée aujourd'hui par les enfants trouvés. Le duc d'Orléans étant alors exilé à Blois, son chancelier en posa la première pierre, le 11 novembre 16:55, et, le 7 novembre 1657, l'église et les trois autels furent consacrés par l'Évèque de Pamiers (3).
1) Annales de la congrégation de l'Oratoire.
2) Journaux de M. Deslyons,
(3) Actes et visites deplusieurs maisons de l'Oraloire, p. à et 4. — Archives
du Royaume,
sect. hist. M.
La Société de Saint-Sulpice fondée pour procurer l'établissement des sé- | minairces.
(1) Summarium super întrod, causæ etc. Déposition de lamère Françoise des Séraphins, Test. XV.
| (2) Remarques historiques, 1.1, p. 44.
FIN DE LA COMPAGNIE DE SAINT=SULPICE, SA PREMIÈRE FORME, ET SON APPROBATION.
Nous avons rapporté, sous l'année 1634, que M. Olier apprit de la vénérable Mère Agnès de Jésus, dans leur première entrevue à Langeac, qu'il était destiné à jeter les premiers fondements des séminaires du Royaume de France(1.) Et parce que tel était en effet son dessein sur son serviteur, Dieu se plut à inspirer au corps épiscopal, dès l'origine de ka société de Saint-Sulpice, une estime singulière pour sa personne et une confiance entière en ses conseils jusque-là qu'en 1645 plusieurs Évêques, comme il a été dit, allérent, malgré sa jeunesse, car il n'avait alors que trente-cinq ans, le consulter à l'enri sur la manière de composer leurs séminaires dioctsains. De son côté, sachant les desseins de Dieu sur lui, M. Olier en établissant le séminaire de Saint- Sulpice s'était proposé. non-seulement de communiquer l'esprit ecclésiastique aux jeunes gens qui y recevait, mais encore et surtout de former des ouvriers, qui se vouassent eux-mêmes à l'éducation des clercs, et contribuassent efficacement à lttablissement de ces noviciats du sacerdoce dans les provinces. Ce fut là, comme nous l'avons remarquc. sa première vue, en commençant l'établissement de Vaugirard (2). Voici ce qu'il en écrivait lui-mème
« L'intention de la sainte Eglise, manitestée par » les conciles, est qu'on travaille à la réforme des » peuples par la sanctification du clergé; et rien » n'est plus conforme à la conduite de Notre-Sei-
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