LIVRE SIXIÈME
M. OLIER JETTE LES PREMIERS FONDEMENTS DES SÉMINAIRES DIOCÉSAINS EN FRANCE, SELON Li PRÉDICTION DE LA V. MÈRE AGNÈS.
Dans l'institution de sa compagnie, uniquemen vouée à l'œuvre des séminaires, M. Olier se propc
sait, ainsi qu'on l’a vu, non d'établir une congrép: À
tion qui eût des maisons à elle, mais de facilite aux Evêques l'établissement de leurs séminaires diocésains, en leur donnant des directeurs propres à les commencer ; et c'était surtout ainsi qu'il devait accomplir cette assurance prophétique dela V. Mère Agnès de Langeac : Dieu vous a destiné à jeter les premiers fondements des séminaires du royaume de France (1). L'objet capital de sa voution, d’après ces paroles, était donc d'en jeter ls premiers fondements : c'est-à-dire de faire connaitre aux Evèques l'organisation et l'esprit qu'ils de vaient donner à ces maisons, et de les aider efficrcement de son concours dans le début d'un institution si importante: deux obligations que vocation lui imposait, et qu'il remplit avec un égale bénédiction, comme nous allons le raconter dans ce livre.
Quant à l’organisation propre des séminaires, cherchée en vain par les Evèques de France pendant si longtemps, M. Olier avait commence del mettre au grand jour dans l'établissement du sèm naire de Vaugirard, en n'y recevant que des jeun gens qui eussent achevé leurs études d'humaïñités pratique qui, comme on l'a vu, fut immédiatement
adoptée 1] par le Pc montra Evèques de simpld pour la m de ce des t peut d'avoir qu ces paroles été de sa p »tenant q » de Saint » mer da » tous les aplique € ples, sur | sminaires tnt que | ks exercice fu régner ælailleurr naitaussi, s séminaire da calquée sur Mais que Évèques, il
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adoptée par saint Vincent de Paul, par l'Oratoire, par le Père Eudes. Cet accord presque simultané montra visiblement que si Dieu avait inspiré aux Evèques l'idée des séminaires, il voulait se servir de simples prêtres, et principalement de M. Olier, pour la mettre à exécution. La claire connaissance de ce dessein de Dreu sur lui, explique nettement «+ peut seule expliquer pourquoi, avant même d'avoir quitté Vaugirard, il écrivait avec assurance æs paroles déjà rapportées, qui sans cela eussent ité de sa part le comble de l'extravagance : « Main- » tenant que Dieu va nous établir sur la paroisse » de Saint-Sulpice, il nous montre qu'il veut for- » mer dans ce lieu un modèle de séminaire pour » tous les autres diocèses et royaumes (1). » Elle aplique encore pourquoi, envoyant de ses disciples, sur la demande des Evèques, pour former des #minaires, il leur recommandait d'y établir, autnt que les circonstances le permettaient, l'ordre, ks exercices, le régime et tout l'esprit qu'ils avaient u règner dans celui de Saint-Sulpice, dont pour «ail leurremettait le règlement général: illeurdon: aaitaussi, sous le nom de Projet de l'établissement d'un séminaire dans un diocèse, uneinstruction particulière alquée sur le plan mème de sa propre compagnie.
Mais quelque confiance que lui témoignassent les Éviques, il voulut soumettre à leur examen le Pro-
jet dont nous parlons. Après tous les essais qu'ils
avaient faits jusqu'alors, sans pouvoir trouver la irme propre de ces établissements, il désira que, comme juges naturels, ils prononçassent sur cette matière; et il soumit cet écrit aux Évèques de l’assmblée générale de 1651. En le leur offrant, il eur disait: « Comme, par la miséricorde de Dieu, : la maison de Saint-Sulpice emploie tous ses soins a former des ecclésiastiques qui puissent être » capables de servir Messcigneurs les Prélats, dans ik dessein de leurs séminaires, ct qu'elle a éte souvent sollicitée et appelée pour cela en divers
(1) Mém. aut.
de M. Oler, t, 11, p. 380,
M.Olier sou-
met aux Évéques un mémoire sur les
séminaire.
(1) Div, écrits spirituels de M.
Olier, t. 1, p.
IT
Les Évèques demandent l'impression du Mémoire de M. Olier sur les sémipaires.
nuscrit, est le premier écrit, ou plutôt le seul, o l'on ait exposé, d'après les résultats d'une très heureuse expérience de plusieurs années, la mt thode à suivre dans l'érection et la conduite du séminaires. Les Prélats qui en prirent connai sance, le jugèrent si propre à assurer le succtsd ces maisons, quils désirèrent qu'on l'imprimi sans délai, afin que les membres de l'assemblée, sur le point de se séparer, pussent en emporter des exemplaires dans leurs diocèses. M. Olier nn avait achevé encore que la première partie: il obat néanmoins, ét, dans un avertissement au lecteur
vrage: « L'écrivain s'est soumis sans résistance
diocèses: elle expose, Messeigneurs, à votre a. semblée, ce qu'elle a déjà proposé à plusieurs de Messeigneurs les Prélats, qui ont voulu cssave de ses faibles sujets pour leur service. Elle YOU soumet ces petits projets, non-seulement as que vous justifiez par votre approbation com. mune, s'ils sont de Dreu et conformes à l'espri! | de l'Eglise, mais encore afin qu'il vous plaix d'examiner, Messcigneurs, dans la plénitude l'unité de vos conseils, les choses que vous croye devoir ètre pratiquées par les sujets que vou désirez employer en vos saintes maisons (1), »
Ce mémoire que M. Olier leur présenta en ma
la!
rendit ainsi compte de l'imperfection de cet ou
par le respect et l'obcissance qu'il rend à Messe gneurs les Prélats. Il fait profession de les reconnaître comme ses vrais supérieurs, et des soumettre à eux en toutes choses, s'étant, jus qu'a présent, voue et consacré à Dieu pour leu service, et pour leur préparer des prètres qui puissent les aider utilement, et travailler sous eux avec fidélité, vertu, capacité et dépendant Si ce petit Projet (c'est le titre de l'ouvrage) pot vait contribuer en quelque chose à faciliter te dessein, et à seconder la ferveur et la sainteté di zèle de Messeigneurs les Prélats (pour l'établiss
, ment » heure » Libent » néra « | joie à } Lorsql tres du 8 lundi 18 par Isaa un EXEM] busson, des Prela chevèque «l'estime Ce mêm DrEu avai aisation, xemplait le comme quil n'en bliques d Important XVITe siè partie, da lexemplai de Saint-< Nous en i aillants, f aurons à re D'après destinés po slastique, | dans chaqu
possède pa qui doit tr grâce doit Paul, du c laturelles, Péparés à
MÉMOIRE SUR LES SÉMINAIRES 281 à votre as- , ment des séminaires), il croirait avoir employé (l) Projet de
st DES dé: * RTE RER à 4. l'établissement lusieurs de , heureusement ses jours, disant avec l'Apôtre: 4 séminaire,
ulu essayer , Libentissimè impendam et superimpendar, il don— in4°.l'aris, chez Elle vous » nera sa vie avec plaisir, et laconsommera avec “atqmes Lan-
glois 1651. Averement ah
ation comes à l'esprit vous plais )lénitude « vous croyé ts que vous ns (1). »
nta en ma t le seul, 0 d'une très.
acces, la me onduite des nt connais le succés dk l'imprimit semblée, sur mporter des Olier nin rtie: il obat t au lecteur n de cet où résistance d à Messe le les recon- 3, ET de s s'étant, Jus ju pour leur prètres qui vailler sous lépendanc vrage) pouà faciliter ce sainteté dl L'établisse
, joie à leur service et à celui de leur clergé (1). »
Lorsque cet écrit eut été imprimé, l'un des prètres du séminaire de Saint-Sulpice fut introduit, le lundi 13 mars 1651, dans l'assemblée du clergé, par Isaac Habert, évèque de Vabres, et en présenta unexemplaire, d'abord au président, Georges d'Aubusson, archevèque d'Embrun, ensuite à chacun les Prélats et des députés du second ordre. L'Archevèque le remercia, et témoigna publiquement «l'estime que la compagnie faisait de leur zèle (2). » Ce mémoire est un aperçu des vues sublimes que Deuavait données à M.Olier sur la nécessité, l'orgaaisation, l'esprit et les exercices des séminaires. Les xemplaires de cet écrit, n'ayant point été mis dans ke commerce, sont devenus si rares aujourd'hui quil n'en existe aucun dans les bibliothèques publiques de la capitale; et comme c'est un document important de l'histoire ecclésiastique de France au XVIT siècle, nous le reproduisons, du moins en partie, dans un Appendice de cette Vie, d’après ‘exemplaire que l'on conserve encore au séminaire de Saint-Sulpice, le seul que nous connaissions Nous en indiquerons ici quelques traits des plus sillants, pour préparer le lecteur à ce que nous aurons à raconter dans la suite.
D'apres M. Olier, les séminaires étant des lieux destinés pour donner les prémices de l'esprit ecclésastique, le vrai et unique supérieur du séminaire dans chaque diocèse est Monseigneur l'Évèque,qui possède par son caractère la plénitude de la grâce qui doit ètre répandue dans son clergé (5); et cette grice doit s'écouler, selon les expressions de saint Paul, du chef dans les membres, par ses jointures lturelles, par ses ligaments, ses veines et ses nerfs Pparés à la distribution et à la communication
tissement.
(2) Assemblée du clergé de 1650, 13 mars
Les Évéques vrais çt uni ques supé ricurs deleurs
séminaires.
(3) Projet de l'établissement d'un séminaire,
etc. p. ».
(4) Ibid, p. 7,
de la vie. Cet ordre naturel et divin, qui tenait tous les clercs et les prètres dans la dépendance entière de leur évêque, ayant été interrompu depuis longtemps par suite du relâchement et de l'insubordination du clergé, il résulta de là beaucoup de maux et de schismes dans l'Eglise, ce qui oblige la sagesse de Dieu d'y introduire, comme moyen extraordinaire, les Ordres religieux. Mais maintenant que Jésus-Cnrisr a ordonné par son Esprit dans les conciles, la formation des maisons sacrées des séminaires, il semble attendre le rétablissement de cette première institution pour répandre pleinement ses grâces dans l'Eglise: ce qui ne sera
(1) Projet de point jusqu'à ce que dans chaque diocèse le chef aie Li ait ses membres liés avec lui, qui fassent ensemble p. 8, 9. un corps parfait, capable d'opcrer en toute l'éten-