ORIGINE DU SÉMINAIRE DE TOULOUSE
NOTE 5, p, 515.— M. Charles de Montchal, archevèque de Toulouse, demanda à M. Olier des ecclésiastiques pour établir un séminaire dans son diocèse où l'Université attiait un grand nombre d'étudiants. Déjà en 1649, le Père Rourgoing, Sur la promesse d’un secours temporel de la part du cardinal de Richelieu, s'était proposé de réaliser ce dessein qui cependant n'eut aucune suite pour Toulouse, k cardinal étant mort sans avoir assigné les fonds qu'il ait promis (1). M. Olier, invité donc par M. de Montchal ile reprendre, écrivit à M. Couderc, alors à Magnac, de se rendre à Toulouse. Mais ce voyage n'ayant pas eu lieu, M. du Ferrier qui se trouvait dans les environs s'aboucha avec lArchevèque (2), et comme M. Olier n'avait alors aucun sujet disponible, on ne peut guères douter que M. du F'errer n'ait proposé au Prélat d'accepter les services de M. Ponal, ainsi qu'il l'avait déjà fait avec succès à l'égard de l'ancien évèque de Rodez, M. Charles de Noailles; et M. de Queylus, qui était à Toulouse en 1650, lui donna sans doute ke mème conseil. M. de Montchal prenant ce parti, chargea dibord verbalement M. Bonal de la conduite du séminaire de Caraman qu'il établit, ce qu'il confirma par son ordonnance du 1: août de l'année suivante (3). +
Toutefois, ce n'était encore qu'un séminaire-collége ; et Ie chancelier de l'Université, M. l'abbé de Ciron, élevé à Saint- Sulpice (4), désirait de voir établir à Toulouse un grand séminaire, comme on l'a déjà dit. Pour favoriser l'érection de celui de Caraman, il lui avait donné d'abord son prieuré de Fenouillet ; mais il le reprit presque aussitôt, afin d’étabr, rapporte l'historien de M. Bonal, un autre séminaire à Saint-Pierre des cuisines pour les hautes sciences, sous M. Vigreaux y. Ce nouvel établissement fut proprement le sémhnaire diocésain de Toulouse érigé sous M. de Montchal,. Nous n'ignorons pas que l'auteur des Mémoires historiques sur les séminaires de Toulouse, publiés en 1859, prétend qu'il ne fut institué qu'en 1684, par M. de Montpezat, troisième successeur de M. de Montchal, et que les auteurs du Gallia christiana, publié en 1785, aussi bien que ceux du Rituel de Toulouse, se sont mépris en l'attribuant à M. de Montchal lui-même (6): mais cet écrivain aurait été de leur avis, s'il et connu le trait de la vie de M. Bonal que sous citons ki, et surtout, ce qui est sans réplique, le témoignage des auteurs du premier Gallia christiana, qui parut en 1656, ing ans après la mort de M. de Montchal, et qui tranche tout: Carolo de Montchal sedente, institutum est seminarium clericorum, in ecclesid parochiali Sancti Petri de Coquinis (7):
1) Annales de l'Oratoire, 1642.
(2) Lettres aut.
de M. Olier, p.
Bonal, p.#2,55.
(+) Cat. d'entr.
au sém. de S.- Sulpice, p. 19.
Bonal, p.53.
G) Mém., etc., 1852, in-8°, p.
(7, Gall, christ.
(1) Gallia, etc.
t. x, col. 62,
(2) Ibid, 1656, t1, p. 707.
(3) Mém. du P.
Rapin,: :,p.
lei, 16,
(+) Vie par le
P, Edme Cüjsault, t. 1, p.
488, Ms.
(h) Mém. hist.
etc., p. 22.
(6)Ass.du sèm.
de S.-S.25 mai 1712; 11 aoùt 1716,t. 1.
(7) Mém. hist.
etc., p. 10, 12,
paroles que les auteurs du nouveau Gallia christiana om empruntées du premier et rapportées textuellement (1), \ de Montchal étant mort le 22 août 1651 (2), il faut done conclure que le séminaire diocésain de Toulouse fut établi cette mème année, ou peut-être vers la fin de l'année pre. cédente, et que par conséquent M. de Montpezat en {&} n'institua pas son séminaire diocésain, mais lé confia seuk. ment aux Pères Jésuites par le contrat qu'il passa en leur faveur. On peut croire avec beaucoup de fondement qu cette communauté avait été entachéc de Jansénisme par M. de Ciron, instituteur des Filles de l'Enfance, et par Vigneaux, autre défenseur du parti, et que M. de Monty. zat en donna la direction à ces religieux, pour la Purger de cette hérésic et l'en préserver à l'avenir 5).
Le Père Cloysault, dans ses Vies des Pères de l'Oratoire, rapporte que le Père de Saint-Pé, ayant été envoyé à Toulouse au commencement du mois d'octobre 1654, pour pren. üre possession de la cure de Notre-Dame de La Dalbide, 242 pris la résolution d'y établir un séminaire, parce quil
on avait point encore dans cette grande ville. Il se trompe: ci 'ucux séminaires existaient alors à Toulouse. [l ajoute que le Père de Saint-Pé ne put exécuter son dessein, ayant été presque ssitôt rappelé à Paris par ses supérieurs (4, Ce n fut «, it qu'en 1680, que les Oratoriens chargés de cutie cure, uu © * ieun congrégation, commencèrent à y ré unir, s0uS 1e nur ie séminaire, quelques aspirants à l'état ecclésiastique, non pas tant dans la vue de les former üh cléricature que pour l'avantage du service de leur paroise et de leur maison. Aussi lit-on dans l'almanach de Langue doc de 1751, que cette maison n'avait alors que le nom de séminaire, ceux qui auraient dü en etre les directeurs étant ass; occupés à desservir la cure de la Dalbade (ÿ. Il en était de même alors du séminaire de Caraman, devenu pour cl inutile, et qui, apres avoir été refusé plusieurs fois par Saint-Sulpice (6), fut accepté l'année suivante 1752 par hi congrégation de la Mission (7), ainsi qu'on l'a déjà rapporté. Dans le dernier siècle, les prêtres de Saint-Sulpice fondtrent néanmoins à Toulouse le séminaire de Saint-Charks ou de Calvet, et, après la suppression des Jésuites, dirigé rent le séminaire diocésain, qu'ils tiennent encore aujourd'hui.
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