SUR L'ÉTABLISSEMENT PROJETÉ POUR BLOIS
NOTE 15, p. 558. — M, Olier, après avoir conféré avec lévèque de Chartres sur ce projet, se rendit à Blois, où le duc d'Orléans l'attendait (2. Il parait qu'il conduisit avec lui M. Louis Tronson, qui lui avait paru propre à diriger l'établissement. Du moins il écrivait à M. de Saint-Antoine: «Nous menons à Blois M. votre frère, pour y servir Notre- » Seigneur et son clergé, sous la protection de Notre-Dame » de Chartres, J'irai prendre part aux consolations que vous »goûtez aux pieds de Notre-Dame du Puy, tout au plus »tùt que l'œuvre de Blois le permettra (5). » L'établissement qu'on avait en vue devant être commun au clergé des diocèses de Chartres et d'Orléans, il était nécessaire qu'il ft pareillement approuvé par l'évêque de cette dernière ville, Mais comme les Jansénistes, déjà en grand nombre à Orléans, avaient beaucoup d'influence sur l'esprit du prélat. M. Alphonse d'Elbène, et qu'il était à craindre qu'ils ne traversassent ce dessein, dont une des fins devait tre apparen ‘Ar crinse Mie-isie dans ce diocèse, M. Olier ut d'avis que le duc l'invitât à venir en conférer à Blois, «Son Altesse, écrivait-il, pourra l'y appeler un jour, quand »il en sera temps, et là on fera mieux toutes choses que » dans Orléans même (4). »
Ce prince avait eu plusieurs fois la pensée de faire supprimer l'abbaye de Saint-Laumer de Blois, qui était à sa collation (5), pour en consacrer le revenu à quelque usage plus utile au bien des âmes: et il paraît qu’en proposant à M. Olier de former un établissement de ses ecclésiastiques à Blois, son intention était d'y faire unir cette abbaye. Le titulaire étant mort ectte année, il y avait nommé Blaise le Féron, l'un des premiers docteurs de Sorbonne qu'Antoine Arnauld réussit à gagner aux sentiments de l'évèque d'Ypres (6, Cette nomination qui avait été arrachée par surprise au duc d'Orléans, ne pouvait manquer,si elle était
1) Vies de J.- F. et de MM. de Biron, p. 80.
(2) Lett.aut.de M. Olier, p.420.
(3) Ibid.p.147.
4) Ibid. 1.420,
5) Gall.christ.
tva, col. 1364.
6) Mém.du P.
Rapin, t. 1, p.
(1) Lett.aut.p.
confirmée à Rome, de rendre impossible la suppression de l'abbaye de Saint-Laumer et par suite l'établissement du séminaire de Blois. On sait en effet que la suppression d'une abbaye et son union à quelque communauté, demandait, outre le concouïs du Pape et du Roi, le consentement de toutes les parties intéressées Il n'y avait aucune apparence que M. Le Féron cédât son bénéfice pour un établissement que les Jansénistes voyaient de si mauvais œil. Aussi plusieurs désiraient-ils que la Cour de Rome, qui connaissait les sentiments de ce docteur, lui refusât les provisions dont il avait besoin pour être mis en possession de son bénéfice. « Outre le bien public de la religion que ce refus procure- » rait, écrivait M. Olier, il ferait plaisir à toutes les parties » de par deçà, à savoir à la Reine ct son Altesse Royale, qui » est fâchée de cette surprise dans laquelle il est tombé » par ignorance, s'étant fié de ce choix à toute autre per- » sonne qu'à lui(1). » On put croire un moment que ce refus aurait lieu, mais le docteur Le Féron échappa au danger qui le menaçait, en écrivant à Rome pour se disculper de l'accusation de Jansénisme, et quoique sa renonciation à Jansénius ne fût pas très-sincère, au dire de ses amis f, elle applanit les difficultés qu'on avait faites à sa nomination. L'abbaye de Saint-Laumer, dent il se démit en 1658, fut unie à l’'évèché de Blois, lors de son érection (1697).
+ Onlit dans les Journaux de Deslyons : « M. Le Férona » dit qu'il approuvait Jansénius, mais qu'il y renonçait pour » son abbaye. »
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TRAVAUX DE M. OLIER POUR LA CONVERSION DES INFIDÈLES ET DES HÉRÉTIQUES.