M.OLIER S OFFRE POUR LES MISSIONS DE LACHINE
vèque de Babylone qu'un simple coadjuteur. Le choix tomba sur un religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, Placide-Louis du Chemin qui fut sacré sous le titre d'Evèque de Néocésarée (1).
Quelque zèle que M. Olier eût fait paraître en cette occasion, il sembla se surpasser encore, en formant, quelques années après, tout infirme qu'il était, le dessein de suivre le Père Alexandre de Rhodes, pour aller prècher la foi dans la Chine. Ce religieux de la compagnie de Jësus, natif d'Avignon, et le plus célèbre missionnaire de son temps, avait, avec le secours de ses compagnons, converti plus de deux cent mille infideles dans le Tong- King. Voyant que dans une moisson si abondante il n'était pas possible de suflire à tout, seulement avec des ouvriers venant d'Europe, il repassa en Italie, et vint exposer au pape Innocent X la ncæssité d'envoyer des Evèques dans ces contrées, pour y avoir, par ce moyen. des prètres origininaires du pays. Cette proposition fut bien reçue du Pape. Il chargea le père de Rhodes de la mettre lui-même àexécution; et celui-ci, n'ayant point trouvé dans Rome de sujets propres à remplir ses vues, vint à Paris dans l'espérance d'y être plus heureux (2). Dés que M. Olier eut appris le sujet de son voyage, il sentit se rallumer dans son cœur toute l'ardeur de son zèle pour la conversion des infidèles, et ne prenant conseil que de sa charité, il voulut luimême s'offrir. « Ce qui me fait soupirer, écrivait-il, » c'est la disette d'ouvriers dans la Chine, le Tong- » King et la Cochinchine. Dans un royaume entier, » iln'y en a queneufpour trois cent mille personnes; » dans un autre, il y a quatre cent mille âmes qui
» Scigncur et les saints Apôtres ont renoncé et fait renon- » cer à la pompe, que pour ce que quasi naturellement les » chrétiens se prennent garde de la différence qu'il y a de » cet état pompeux à celui de JÉsus-Curisr humilié, et s’en » Scandalisent (/.
(1)Gall. christ.
t. vu, col, 1037.
M. Olier veut passer en Chine pour pré-
cher la foi.
(2)Gall. christ.
t. vu, col. 1024, 1024. — Mémorial de l’Evèque d'Héliopolis, 1°° part. — OEuvres d'Arnauld, t.
XXMII, p. 284 ; txxxXIV, p.738.— Essai sur l’in- [luence, t. 1, p.
(3) Recueil des lettres de saint Vincent de Paul, 2 mai 1647, p.
(1) Lett. spirit.
de M. Olier, p.