‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 182 sur 331 · M. OLIER ENVOIE DE SES DISCIPLES EN CHINE · texte numérisé non relu

M. OLIER ENVOIE DE SES DISCIPLES EN CHINE

» chée me tient davantage en mon centre, qui est » la petitesse d'esprit et le néant. Ces autres em- » plois ont quelque chose d'éclatant que j'appré- » henderais. Mais celui où Notre-Seigneur a fait la » grâce à ce pauvre pécheur de l'appeler, est plus » caché, plus inconnu. Il a plus de rapport à l'a- » néantissement de notre Maître, qui n'est pas » sorti de la Judée, pour faire tout le bien qu'il au- »rait pu par la prédication de l'Evangile ; mais, laissant à ses disciples à exercer le zèle caché et » inconnu de son âme pour la gloire de Dreu, il » s'est contenté de travailler dans ce petit pays, et » parmi le peuple où il avait été envoyé (1). »

Le Père de Rhodes trouva à Paris quelques ecdésiastiques tels qu'il en souhaitait ; et sur la demande de ce missionnaire, le Nonce en désigna trois pour être vicaires apostoliques dans les Indes: M. Pallu, chanoine de Tours, M. de Laval-Montmrency de Montigny, et M. Piques, docteur de Sorbonne (2). Ne pouvant suivre lui-même le Père de Rhodes, M. Olier le conjura d'obtenir au moins pour lui et pour les ecclésiastiques de Saint-Sulpice la grâce d’être présents en esprit à tous ses travaux, et le supplia encore d'accepter quelques prêtres de son séminaire. Il fut exaucé cette fois; plusieurs partirent pour la Chine, où ils consumèrent leur vieau service de JÈsus-CHrisr (3). Maisle projet d'envoyer dans les Indes des vicaires apostoliques éprouva de grands obstacles , et ce fut pour M.Olier le sujet d'une continuelle affliction. Il était sans cesse en esprit au milieu de ces nations infortunées ; et un jour qu'il fut visité par M. Pallu, il ne put s'empêcher de protester qu'il s'estimerait heureux, s'il pouvait employer le reste de sa vie à la conversion de ces infidéles. Pour le consoler, Dieu lui donna, ce semble, comme un pressentiment de œ qu'il avait résolu d'opérer en leur faveur. Au sortir de l’oraison, M. Olier écrivait à son directeur: « Dieu, qui m'animait, me faisait dire, étant

(1) Lettres spirituelles de M.

Olier, p. 135,

M. Olier cen-

voie de ses disciples en Chine. Son zèle pour les missions étrangères.

(2) Hist. de l'établiss.duChrisfianisme dans les Indes orientales,parSeryès,

1803, in-12, t.1,

Baudrand, p.

382 PARTIE III. LIVRE Vin, — 1659 ct suiv.

» hors de moi-même, et voulant répandre la foi » par toutes les créatures, si je pouvais : O donc, » mon Tout, que j'envoie par tout le monde! ct il me » semble que je voyais ici un commencement de » séminaire pour les nations étrangères, auquel » quelques personnes très-zClées, qui ont vocation PRES » pour ces peuples, pourront contribuer beauv,p. 19,20. » coup (1). »

V. Il plut en effet à Dieu de réaliser les espérances Vicaires a- de son serviteur. L'année qui suivit sa mort, trois TE NE vicaires apostoliques furentinstitués pour les Indes mandent des Orientales +; et, peu après, on fonda à Paris, sur prêtres de S.- la paroisse mème de Saint-Sulpice, le séminaire Sulpice pour des Missions-Étrangères (2), si connu depuis dans le séminaire tout le monde chrétien. On ctablit aussi un sémimt bre de naire à Siam, pour pouvoir y former des missionla ville de Paris, naires du pays; mais cette maison ne répondant HT Mb pas entièrement au dessein qu'on s'était propox, na, ibid, 1039. leS vicaires apostoliques pressèrent longtemps les A sur l'in- successeurs de M. Olier d'en prendre eux-mêmes li ‘1 hibe 15 P: conduite. Ils en écrivirent, le 4 septembre 1673, à M. de Bretonvilliers, le conjurant par le sang de Jésus-Crrisr, au nom de la très-sainte Vierge, de saint-Joseph, et par l'intérèt de tant d'âmes qui perissaient faute de ministres, de ne pas leur refuser le secours qu'ils demandaient. À ces motifs si toudt ,, Chants, ils ajoutaient ce qu'on a déjà rapporté du (3) Hist. de lé ,, . ñ ; : è , tabliss.du Chris. désir de M. Olier, d'aller finir ses jours dans les tianisme,etc.liv. Indes orientales ; et comme cette agrégation ctait a Se T1’ l'objet quelles vicairesapostoliques souhaitaient ave 192. le plus d'ardeur pour le succès de leur mission (5) AU Le # ils en rcitérèrent la demande fort souvent (4). Clermont, p.25, Mais le séminaire de Saint-Sulpice ne crut pas de- 24 février 1617. voir y consentir, par la crainte, sans doute, de & (5) Gall. christiana, t.vi1, col, + M, de la Mothe-Lamberg, sous le titre d'Evèque di

1029, 1088: Béryte, pour la mission de Siam; M. Pallu, pour celle du (G)Ibid.c.1025, ; L s A à Le A AGIR CR 1026. — Essai Tong-King, sous le titre d'Evêque d Héliopolis WE et M.

sur l'influence, tolendi, vicaire apostolique de Nankin, en Chine, sous k

t. 1, p. 490. titre d'Evêque de Métellopolis (6).

voir C missio sues d société ans, d’ M. Lo tagne, nada, mou de souf Pour Rhodes M. Oli dinfir ait dep ds hér préférer 1on-seul des'em] destitué longtem Dev, de du Viva lh conve aève, l'h

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Chine, sous k

wir chargé, dans la suite, de l'œuvre mème des missions de la Chine; ce qui eût été contraire aux ques de M. Olier dans l'établissement de sa petite wciètée. Néanmoins il ne cessa pendant quarante us, d'y envoyer des missionnaires +; et l'un d'eux, M. Louis de Cicé&, d'une ancienne famille de Breagne, après avoir évangélisé les sauvages du Caada, fut institué vicaire apostolique de Siam, où imourut au bout de vingt-six ans de travaux et de souffrances (1).

Pour se dédommager du refus que le Père de Rhodes avait fait de ses services personnels, M. Olier résolut d'exécuter enfin, malgré l'état dinfirmité où il était réduit, le dessein qu'il médiuit depuis longtemps, de travailler à la conversion des hérètiques du Vivarais et des Cévennes. La préférence qu'il donnait à ces contrées, Ctait fondée aon-seulement sur la maxime du Père de Condren, dsemployer à la sanctification des lieux les plus destitués de secours, mais aussi sur l'ordre que, longtemps auparavant, il croyait avoir reçu de Dev, de se consacrer au renouvellement du Velay, du Vivarais et de l'Auvergne, et principalement à h conversion des Protestants. On sait que de Geave, l'hérésie de Calvin avait pénétré sourdement

+ Ce dévouement du séminaire de Saint-Sulpice pour le alut des nations infidèles, fut sans doute l'effet des impressions profondes que le zèle de M. Olier avait laissées dans k cœur de ses ecclésiastiques. Un prêtre du séminaire qui probablement n'avait jamais vu le serviteur de Dieu, ayant été choisi pour accompagner l'Evèque d'Héliopolis, désira porter sur soi un portrait en miniature de M. Olier, ain que la vue de cet objet réveillât sans cesse sa ferveur tt son zèle. « Je souhaite, lui écrivait M. Tronson, que le > petit portrait enchâssé d'or, que vous avez désiré que je » Vous envoie, en vous rappelant l'idée d'une personne pour » qui vous avez tant de vénération et tant d'estime, vous » rappelle aussi le souvenir de cette patience et de cette » douceur qui lui ont gagné tant de cœurs, qu'il a attirés » par cette voic à JÉSUS-CHRIST 9), »

(1) Gall,christ.

t. var, col. 1028, 1029,

M. Olier forme le dessein d'une mission générale pour les Cévennes.

(2) Lett. div. de M. Tronson, t. 1, . 329. Mars 1683 ; t. 11, p.5, 12 mars 1684.

mn. “HZ

Ds ei er TU Brute PE RER

à 2 re

de Lantages, liv.

(2) Lett. aut.

de M. Olier, p.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

(4) Lettres, p.

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