‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 183 sur 331 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Zèle de M.

Olier pour la conversion des hérétiques des Cé-

vennes.

(Bb) Vie ms. de Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

1, p. 364. — Lettres aut. de M.Olier, p.88.

(6) Essai sur l'influence, t.u, p. 97.

364 PARTIE NI. LIVRE VII, == 1059 ct suiv.

dans plusieurs cantons de l'Auvergne et du Velay, et surtout dans les Cévennes (1), dont elle avait fait comme l'un de ses plus forts boulevards, Aussi Louis XIIT et le cardinal de Richelieu, après la prise de La Rochelle, avaient-ils cru devoir s'appliquer à soumettre ce pays à la foi, pour porter commele dernier coup à l'hérésie. Mais il n'est pas au pouvoir des plus puissants princes de subjuguer les esprits; il fallait, pour triompher de l'erreur, déc. rer aux Cévennes une autre sorte de guerre, il fallait employer les armes de la douceur et de la persuasion, et par-dessus tout l'autorité invincible des vertus apostoliques. C'était ce que voulait faire M. Olier ; depuis longtemps il avait conçu le projet d'une mission générale pour ces contrées, ct, dés qu'il se vit déchargé de sa paroisse (2), il eut pensée de se rendre dans le Vivarais pour essayer de réaliser ce grand dessein. Jusqu'alors il s'était contenté d'attendre qu'il plût à Dieu de lui ouvrir lui-même les voies (3); mais, dans la convalescence qui suivit la démission de sa cure, les médecins l'ayant envoyé d'abord aux eaux de Bourbon, puis lui conseillant de passer l'hiver dans le midi, il profita de cette conjoncture pour se rendre en ces pays, et y aller offrir à Notre-Seigneur ses srvices (4).

En passant à Lyon, il visita M. Crétenet, son ami, instituteur d'une société d'ouvriers apostoliques, ainsi que M. Toniet (b), le premier membre de cette compagnie, après le fondateur (6). Rendu à Viviers, il ne put douter que les moments de la Providence ne fussent venus, et que Dieu n'eût dis posé tous les esprits en faveur de cette entreprise Car, Ctant arrivé dans cette ville l'avant-veille du synode que l'Evèque allait y célébrer, à peine eut:l proposé la mission, que tous les curés y applaudirent unanimement, et la demandèrent pour leurs paroisses. Assuré de leurs dispositions, il eut alors la penste d'aller au Puy pour sonder celles du

dergé partir, vante :

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uiv.

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dergé et de l'Evèque de ce diocèse, et, avant de artir, il écrivit à M. de Bretonvilliers la lettre suiante : « Le diocèse de Viviers est sur le point de , se rendre à Notre-Scigneur ; je m'en vais demain au Puy, pour voir si le feu est prèt à s'y mettre, »et prendrai mes mesures pour commencer, à l'extrémité de Viviers, limitrophe du Puy, la , mission que nous y pourrons ouvrir cet hiver, ; de laquelle on attend un succès merveilleux. Je pense, mon cher enfant, que nous ne pouvons ; pas mieux employer notre bien qu'en ces œuvres divines, où il y va de sauver un million d'âmes. Et ce qui est admirable, c'est que j'ai trouvé, en passant à Lyon, un camp volant d'ecclésiastiques missionnaires, tous remplis d'esprit apositolique; je pense que nous les pourrons avoir ; pour ces missions. [1 y à de quoi employer vingtring ouvriers, et cent, si nous les pouvions ravir: tant est ample cette moisson, dont les igrbes sont prêtes à couper: Segetes albæ sunt radmessem. Mon fils, après avoir vu ce que nous > espérons, nous dirons avec Simcon: Nunc dimitti, Aimons, servons, prions, souffrons à tout ce que nous avons à faire.

: c'est

» Sil se présente de bons sujets pour cette mission, prenez-en le plus que vous pourrez, vous ne sauriez faire un plus grand œuvre par-delà ; sil ne tient qu'à des moissonneurs pour faire des fruits admirables. J'espère que, dans ce stjour à que la miséricorde de Div m'invite à faire en ces i quartiers, il y aura moyen d'ébranler les Cévenins. Allons à Dieu de toute l'étendue de notre cœur: tout est à lui; que tout se consume aussi ‘pour son service, dans le corps et l'esprit, le temporel et le spirituel. Vous avez été toujours notre secours dans l'œuvre de Dieu, voici le temps où les facilités s'augmentent et s'accroissent, ct où le bien sera utilement employé pour à Dieu et pour son Eglise. Mon cher enfant, à pré-

Ton, tr. 95

(1) Lett. aut. de M. Olier, p. 85.

L'Évêque du Puy offre son siège à M. Olier. Zèle des ecclésiastiques du Puy pour la mis-

sion.

(2) Attest, aut.

touch. M, Olier, p. 176.

366 PARTIE HI. LIVRE Vin. — 1659 et suiv.

» sent que les principales dépenses des pierres » mortes sont faites, il faut songer à l'acquisition » des pierres vivantes de Jisus-CHrisr. Au nom » de Jésus, croyez-moi: Primüm quod animale, » deinde quod spirituale; vous avez travaillé à l'un » avec générosité, il faut travailler à l'autre avec » magnificence. Les prètres sont l'instrument im- » médiat du salut des âmes et de la gloire de Jésus. » Envoyez-moi tous ceux qui seront formés, et en » Ctat de servir; nous ferons avec les moindres » sujets des merveilles pour Dieu. Je ne demande » que des cœurs vides d'eux-mêmes, des esprits » simples et des âmes vertueuses: nous en verrons » des miracles. Les esprits suffisants et subtile, qui » n'étudient pas leur anéantissement, ou qui n'en » ont pas reçu la grâce par prévention, ne feront » jamais grand'chose, si ce n'est que parfois le zèle » dans l'emploi et le travail ne les change. Dites à » notre frère Chénart qu'il s'avance vitement, et » qu'il nous faudra le dépayser et le mettre danse » service pour le salut des âmes ; et qu'il ne pense » pas que je le laisse là fainéant, ni tous nos chers » enfants du séminaire. Exhortez-les de ma part » dans les conférences des vendredis. C'est trop » aimer la chambre et son oisiveté que de demeu- » rer à Paris. C'est être sans charité, que de ne » point sortir de là, pour délivrer de l'abime nos » frères qui crient au secours (1). »

Au Puy, M. Olier trouva dans l'Évèque, le Chapitre et les autres ecclésiastiques, les mêmes dispositions qu'à Viviers. L'Évèque surtout, ne doutant pas que Dieu n'eût destiné M. Olier à renouveler la piété dans ces trois provinces (2), crut sans doute lui en faciliter le moyen en le priant d'accepter son siège, et lui déclara qu'il allait le demand pour successeur à la Reine, dont le con lui était assuré. Aussi étonné que confi cette proposition, M. Olier répondit en homme :1variblement décidé à ne jamais accepter l'épiscopat

Saint-La l'nvitère mer leur firent à son, qu' tenu où ment dar tfée enc mème, d «lui de S proposé : trois pr » de Dreu » Bretonx ter l'un } accès à » dence q

ile ailleu x les miss les reme

uiv.

es pierres acquisition Tr. Au nom )d animale, vaillé à l'un ‘autre avec ument imre de Jésus.

rmés, et en s moindres ne demande des esprits ; en verrons subtils, qui ou quinen n, ne feront arfois le zèle nge. Dites à itement, et ettre dansle u'il ne pense us nos chers de ma part C'est trop e de demeu- , que de ne l'abime n0$

que, le Chamèmes disut, ne doulier à renou- 9), crut sans jant d’acceple demand

fr ; celle me !il varial'épiscopat

sn refus ne fit qu'augmenter le désir de l'Évèque ; M. Olier lui fit la même réponse. Enfin, ce Prélat an vint jusqu'à se jeter à ses pieds, le conjurant, disait-il, de ne pas lui refuser cette faveur, qu'il rgarderait comme la plus grande qu'il pût recewir en sa vie. Quelque confus et ému que fût M Olier d'une scène si touchante, sa réponse fut toujours la mème. Il protesta qu'il était indigne d'un ministère qui demande des vertus si éminenes et des lumières si étendues, et s'exprima d'une manière si ferme et si résolue, que l'Évèque jugea quil serait tout-à-fait inutile de le presser plus bagtemps (1).

On a vu qu'avant de quitter le Velay, M. Olier wait autrefois établi, parmi les ecclésiastiques du Puy, des conférences sur le modèle de celles de &int-Lazare. Ravis de le revoir parmi eux, ils lnvitèrent, dans cette circonstance, à venir ranimer leur zèle pour ces réunions ; et plusieurs s'offirent à lui avec tant de dévouement pour la misjon, qu'il lui fut aisé de juger que le moment était tenu où Dieu allait en effet mettre touten mouvenent dans ces provinces. Cette persuasion fut forfée encore par la rencontre qu'il fit, au Puy mème, d'un des Évêques voisins, probablement tlui de Saint-Flour, à qui il n'avait point encore proposé son dessein. « J'ai vu les Dar e des trois provinces, tout pleins de feu pour le service » de Dieu et le salut des âmes, écrivait-il à M. de > Bretonvilliers ; et comme j'étais en peine de visi- » ter l'un d'eux, qui est assez écarté et de difficile > accès à un infirme, Dieu a permis par sa provi- » dence qu'il soit venu voir Monseigneur du Puy,

que j'étais avec lui, et j'en ai reçu toute

tion que je pouvais espérer dans ma

ie rticulière. J'ai trouvé une ferveur merilleuse dans MM. les chanoines du Puy pour les missions. Je me suis engagé avec eux, pour les remettre en train, et recommencer les pre-

Olier, par M. de Bretonvilliers,t, 1H, p. 372, 373.

({) Lett. aut.

de M. Olier, p.

M. Olier invite M. de Bretonvilliers à contribuer de son bien à cctte mission.

088 PARTIE III. LIVRE VII, — 1659 et suiv.

miers services qu'ils ont voués à DiEu. Demain

» nous renouvellerons leurs conférences des mar- » dis (1).

» Vous ne sauriez croire combien ce voyage m'a obtenu de Div de jour et de lumière, pour entreprendre ce grand ouvrage des Cévennes, pour

» lequel il nous a si longtemps laissés gémir et

soupirer. O mon très-cher frère et enfant ! de quelle importance croyez-vous qu'il soit de don-

» ner le moyen de former des sujets pour le service » de Jésus, et de fonder des places pour recevoir

(au séminaire) des personnes qui dépendent de nous, et que nous pourrons envoyer dans ces lieux abandonnés ? Qu'il ne nous soit pas reproché que, pour n'avoir pas voulu recevoir quel-

» ques sujets, nous ayons laissé périr des contrées » et des provinces enticres ! Notre-Seigneur nous

demandera compte des moyens temporels, et surtout des ouvertures spirituelles qu'il nous

» aura libéralement départis pour le servir. 0 » mon fils! travaillez pour cela auprès de Mon-

sieur votre frère. Si je vais à Paris, je lui en parlerai; car il faut le sauver, et le sauver magnif-

» quement, en le faisant contribuer au salut d'un

millier d'âmes. Il semble que Notre-Seigneur

m'ait délivré de mon fardeau (de la cure), pour 4

» ètre plus libre et entrer dans l'étendue de son

œuvre. Vous n'avez pas oublié ce que je vous a dit autrefois des trois provinces.

» Notre-Seigneur nous laissant dans l'usage des secours temporels pour aider au salut des âmes.

» il faut employer avec amour ce moyen que nous » avons entre les mains. Hélas! mon fils, sil

sang n'a rien coûté à JÉSUS-CHRIST Four nous. le bien, la cendre et la poudre de la terre nous seront-ils quelque chose, lorsqu'il s'agit de les

» mêler avec ses trésors divins, afin de coopertr » avec lui au salut de tant d'âmes. Je vous remcr-

cie par avance pour elles, pour Jisus-CHRisTt

» poul rillier du se ravi dd rinces

férer, monde Un contrib M. de Viviers naire. € ; beauc } recont } par les » se voit + avait Le } verner Pour a N, crut qu'i celle de t tants, qu Privas, fc | ouvrages | Pays cour ‘illages F ssion d une place France (4 de Richeli sonne Île n'ie hom de marque lrcèe de

Suiv.

U. Demain *s des mar-

voyage m'a >, pour ennnes, pour >s gemir et enfant ! de oit de donar le service Jur recevoir pendent de er dans ces [ pas repro- -evoir queldes contrées igneur nous | mporels, ct ;s qu'il nous e servir. 0 ès de Morje lui en parver magnilvu salut d'un tre-Seigneur

cure), pour #

ndue de son ue je vous

s l'usage des ut des âmes.

en que nous n fils, si k r pour NOUS.

1 terre nous

s'agit de Le 4

de coopérer vous reme- USs-CHRIST el

, pour vous-meme, des offres que vous me faites,

; de sacrifier tout (1). » En effet, M. de Breton- (1) Lett. aut.de

silliers entra généreusement dans toutes les vues M: Olier, p. 11

du serviteur de Dieu. Il lui répondit qu'il était

avi de pouvoir contribuer à l'œuvre des trois pro-

sinces; qu'il le priait de lui permettre d'offrir

son-seulement ses biens, mais encore sa personne

tt sa vie, si elles pouvaient lui être utiles ; et

quenfin, s'il devait avoir quelque part au mérite (2) 4vtest. aut.

de cette entreprise, il priait Dreu de la lui trans- jus TA

irer, voulant qu'il en reçût toute la grâce en ce y. de pretonvil,

monde, et en l'autre toute la gloire (2). liers, p. 213. Un autre ecclésiastique de Saint-Sulpice, qui

wntribua beaucoup à cette grande mission, fut

M. de Queylus, que M. Olier avait déjà envoyé à

Viviers pour y établir, comme on a vu, le sémi- |

aire. « Il se prépare, écrivait M. Olier, à faire {

; beaucoup de dépenses en ces quartiers, où il

> reconnaît visiblement être appelé à travailler,

> par les succès manifestes que Dieu lui donne, et

; se voit en état de rendre plus de services, que s'il

; Ê CE n 3) Lett. aut. de : avait le plus grand et le plus riche diocèse à gou- Wine p. 113, > verner (3). » 114.

Pour assurer le succès de ces missions, M. Olier X.

cut qu'il fallait faire les premieres tentatives dans ANSR TRUE : 5 soumettre d'aœlle de toutes les villes occupées par les Protes- bord ja ville | tnts, qu'il importait le plus de réunir à l'Eglise. de Privas à Privas, fortifiée par sa situation et par quelques l'Eglise Ro-

Douvrages faits au besoin, située d'ailleurs dans un Maine. [pays coupé par de grandes vallées et parsemé de

‘llages populeux, était devenue, soit par la contssion de nos rois, soit par une lente usurpation, une place de sûreté pour les Protestants de la France (4). On sait que Louis XIII et le cardinal (# Le soldat de Richelieu avaient été contraints de faire en per- dr À à sonne le siège de cette ville, auquel vingt-cinq à \ n'iie hommes prirent part, et où plusieurs officiers de marque périrent. Mais depuis qu'elle avait été breée de recevoir le joug du vainqueur, elle n'en

me

ÉHESEEFERENS à

re 3 Æ ES

Feet:

SRE

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

H,p.345,316.— Gallia christ. {.

vi, co), 1018.

(2) Vie, tbid,p.

Olier,par le Père Güÿy, 1" partie ch. xIX.

Olier, par M.de Bretonvilliers;t.

(4) Matériaux de M. Leschassier pour la Vie deM.Olier,p.21.

Olier, par M.de Bretonvilliers,t.

Succès de la mission de Privas. Rétablissement du culte catholi-

que.

390 PARTIE IN. LIVRE ll. — 1059 et suiv.

était que plus obstinément attachée à l'hérésie, et passait avec raison pour la métropole du parti huguenot, dans toute cette contrée. Espérant don que, quand elle serait une fois convertie, les autres villes se rendraient plus facilement, M. Olier désir: que M. de Queylus fût chargé de la cure de Privas, et ce choix fut universellement approuvé. La nouvelle qui en parvint aux habitants, prépara même les esprits à recevoir la lumière de la vérité : tant M. de Queylus avait su, depuis son séjour dans le Vivarais, gagner l'estime des catholiques et cell: des hérétiques. Ceux-ci furent singulièrement étonnés de voir un ecclésiastique, distingué par si naissance, et abbé de Loc-Dieu, se charger del conduite d'une paroisse composée alors de quarante catholiques, emploi qu'ils regardaient, quoique à tort, comme beaucoup au-dessous de & qualité ; et le détachement dont il faisait preuve en

cette occasion, lui concilia la confiance univer-

selle (1).

M. Olier laissa à Privas un autre de ses ecclésiastiques, pour sonder les dispositions des habitants sur le dessein qu'il avait formé, d'ouvrir dans cette ville de petites écoles gratuites(2). Il pensait que, si

l'on pouvait, par ce moyen, attirer les enfants des f

Huguenots, et leur inspirer, dès leur bas âge, l'amour de la religion catholique, on saperait l'hérèsie par ses fondements (3). Il trouva en effet des hérétiques qui consen irent à envoyer leurs enfants à ces écoles, et même à les donner à ces ecclésiastiques pour en ètre par là déchargés (4). Mais les ministres, alarmés à cette nouvelle, firent tant sur l'esprit des habitants, que personne parmi eux nt voulut louer une maison aux miscionnaires. Ik furent six mois sans en pouvoir trouver, jusquà & qu'enfin l'un des principaux de la secte consentit 1 leur louer la sienne, malgré l'anathème que le coû sistoire avait lancé (5).

Cette mission occupa M. Olier jusqu'à sa mort,

c'est Nous dem:

liers ques rent tres d'exel tous tion instr douce irrépr qu'ils genre qui s secour triomp bientd joug c duarar leur m plus de de cett son trû nacle, | mystèr calmes fi scan komm:

de la F ks rue ét tout tres. ( d'une n pa bex Privas ; vu dan:

monies

suiv.

L l'hérésie, et du parti huspérant donc tie, les autres . Olier désire ire de Privas, uvé. La nourépara même a vérité : tant séjour dans le iques et celle ngulièrement stingué par si charger del alors de quardaient, quoidessous de & sait preuve en iance univer-

e ses ecclésiasdes habitants vrir dans cette pensait que, si

les enfants des 4

r bas âge, l'aperait l'hérèa en effet des r leurs enfants ces ecclésias-

(4). Mais les firent tant sur è parmi eux nt onnaires. I ver, jusquà € te consentit 1 me que le con

squ'à Sa morts

c'est-à-dire, durant cinq années consécutives * (4).

Nous en rapporterons de suite les résultats. Sur la #17

demande du serviteur de Dieu, M. de Brétonvilliers fit partir pour le Vivarais quatre ecclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice, auxquéls vinrent se joindre des missionnaires de Lyon et d'autres prédicateurs. À peine se virent-ils à portéé d'exercer leur zèle dans Privas, qu'ils tentèrent tous les moyens de retirer des voies de la pérdition leurs frères égarés depuis si longtemps : instructions publiques, conférences particulières, douceur et charité envers tous, exemple d'une vie irrépréhensible , pratique de toutes les vertus qu'ils prèêchaient dans la chaire de vérité, tel fut le genre d'attaque qu'ils livrèrent à l'hérésie et à ceux qui s'étaient rangés sous ses étendards. Avec le scours de la grâce, et cette confiance en Dreu qui triomphe du monde et de ses erreurs, ils eurent bientôt soumis un grand nombre d'hérétiques au joug de la foi. On comptait à peine dans Privas quarante catholiques, lorsqu'ils y commencèrent leur mission, ét, quelque temps après, ils étaient plus de trois cents. Dés-lors Notre-Seigneur, exilé de cette ville depuis tant d'années, fut remis sur son trône, et commença de reposer dans son tabernacle, en faveur de ceux qui croyaient la vérité du mystère de l'autel. Lorsqu'on vit les esprits assez calmes pour n'avoir plus à craindre ni profanations fi scandales, on rendit au très-saint Sacrement les hommages solennels qui lui sont dus; et, le jour de la Fête-Dieu, on le porta en triomphe dans ks rues et dans les places, avec toute la pompe ét tout l'appareil que permettaient les conjonctures. Cette pompe, à laquelle se mêlait le son d'une multitude d'instruments de musique, frappa beaucoup, par sa nouveauté, les habitants de Privas ; car, de mémoire d'homme, on n'avait vu dans cette ville ni processions, ni autres cèremonies publiques, quoique saint François Régis y

* NOTE 1, p.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

ni, p.352, 353.

Best

ere pere

(1) Vie de saint Jean - Français Régis,par lePère Daubenton, liv.

If,

Olier, par M. de Bretonvilliers, abid. p. 350, — Giry, 1° partie, ch, xIX. — Année Dominicaine. Rem. hist.

Lou, p. 543, — Ibid. L. 1,p. 47, — Gallia christ.

t. vi, col. 1018.

Douceur que Iles missionnaires et les nouveaux catholiques opposent aux €emportements deshérétiques

399 PARTIE IN. LIVRE Vlil:-=» 1059 et suiv.

eût autrefois prèché une mission, et converti plusieurs Huguenots (1). Pour rendre donc ce triomphe plus éclatant, M. de Queylus invita tous les prêtres des environs à venir en augmenter la pompe: et dans cette mème ville, où depuis plus de soixante ans, avant que Louis XIIT l'eût prise, on n'avait souffert la présence d'aucun ministre de la religion catholique, on vit jusqu'à trente prêtres, revètus de leur surplis, précéder le très-saint Sacrement. Les catholiques ne purent être témoins d'un si consolant spectacle, sans verser des larmes de joie. Il attira des lieux voisins plus de cinq mille person. nes, qui assistèrent religieusement à la solennité: et, depuis cette heureuse époque, elle se renouvela sans trouble tous les ans, et sans aucune insulte de la part de ceux qui demeurent attachés à l'hérésie des Sacramentaires (2).

On conçoit aisément que les prêtres envoyés par M. Olier ne parvinrent à remporter une victoire si glorieuse à la foi, qu'après avoir soutenu de grands combats et essuyé beaucoup d'affronts. Mais plus les ennemis de l'Eglise et de sa doctrine vomissaient contre eux de malédictions, plus la main invisible de celui au nom duquel ils évangélisaient, répandait de bénédictions sur tous leurs pas. Ils eurent la joie de voir l’église de Privas fréquentée,

l'ignorance de la doctrine catholique bannie de

cette ville, les sacrements de Pénitence et d'Eucha-

(3) Vie de M. ristie devenus aussi chers aux paroissiens nouvel-

ce 1% lement ramenés des ténèbres à la lumière, qu'ils

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