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uculiers, trop faibles pour l'entreprendre et la soutenir; que, d'ailleurs, aller se fixer dans un lieu si exposé à la «cruauté des barbares, c'était manifestement tenter Dieu, en supposant qu'il ferait des miracles pour protéger un pareil établissement,
Voici leur réponse :
« Vous avez mieux rencontré que vous ne pensiez, en di- » sant que la fondation de Montréal est une œuvre de roi, » puisque le Roi des rois s'en mèle, Laissez faire à Drnu se qu'il veut : car si vous saviez bien notre affaire, avec squelle froideur et quelle indifférence nous y allons, vous sne vous en prendriez pas à nous, qui ne sommes que des serviteurs indignes et inutiles; mais vous désireriez adosrer avec nous les conseils de sa sagesse et savourer les effets de sa bonté, qui fait plus, pour seconder notre trasvail et procurer sa gloire, que nous ne méritons.
» Comment avez-vous pu mettre dans votre esprit, qu'ap- »puyés de nos propres forces, nous eussions présumé de » penser à un si glorieux dessein? Si Dieu n'est point en l'affaire de Montréal, si c'est une invention humaine, ne »vous en mettez pas en peine, cile ne durera guère ; ce que »vous prédisez arrivera, Mais si Dieu l'a ainsi voulu, qui »sétes-vous pour y contredire ? Appuyés sur sa parole, »nous croyons que cette œuvre est de Dieu. Pour vous squi ne pouvez ni croire, ni faire, laissez les autres en » liberté de faire ce qu'ils croient que Dieu demande d'eux. » Vous assurez qu'il ne se fait plus de miracles. Mais qui » vous l'a dit >? Où cela est-il écrit ? Jésus-Christ assure au contraire que ceux qui auraient autant de foi qu'un grain » de sénevé, feraient en son nom des miracles plus grands que sceux qu'il a faits lui-même. Depuis quand ètes-vous les » directeurs des opérations divines, pour les réduire à cer- »tains temps et dans la conduite ordinaire? Au reste »nous n'avons pas besoin de miracles: le moindre con- »cours de ses grâces ést plus que suflisant pour le succès » de cette œuvre.
» Vous dites que l'île de Montréal est trop proche des »lroquois, que les Français y seront exposés aux sur- »prises et à la boucherie de ces barbares. Mais si, par la permission du Ciel, nous ne pouvons ni convertir les »Iroquois, ni les obliger d'avoir la paix avec nous, nous »leur ferons une si juste, si sainte et si bonne gucrre, que nous osons espérer que Dieu fera justice de ces petits *Philistins, qui troublent ses œuvres. Si tout cela nous »* manque et que les périls nous pressent, nous avons une * puissante Maîtresse : nous irons nous jeter à ses pieds »pour implorer un secours extraordinaire. Nous avons » déjà si souvent ressenti sa protection dans nos extrémi-
(1) Les vérita-
bles motifs de Mess.et dames de la société de Montréal.
(2) Relation de ce quis'est passé en la Nouvelle- France,en 1642
(3) Vie de la sœur Bourgeois.
(4) Mémoir. de M. du Ferrier, p. 322, 323.
(5) Archives du Royaume, sect.
dom. 21041, J.
(6) Mém. aut.
de M. Olier. t, 11.
» tés, qu'au besoin vous en entendrez des nouvelles, Enfin » si cette faveur nous manque, et que Dieu veuille nous » accepter pour victimes, en permettant que nous SOYons » pris et massacrés par les barbares, n'estimez pas pour » cela vous voir délivrés de nous: car de nos cendres, Dir » en suscitera d'autres, qui feront encore mieux que nousil)