SUR LA COMPAGNIE DE MONTRÉAL. M. QUATORZE
NOTE 5, p. 404. — En 1649, les membres de cctte com. pagnie étaient au nombre de trente-cinq environ (2), parmi lesquels se trouvaient plusieurs ecclésiastiques du séminaire de Vaugirard. Ils fuyaient tellement les regards des hommes, que plusieurs des plus considérables n'étaient pas même connus dans la Nouvelle-l'rance, et que madame de Bullion si généreuse pour avancer cette entreprise, y fut longtemps désignée sous le nom de La bienfaitrice inconnue (5. Quoique nous n'ayons pu découvrir les noms de tous ces fervents zélateurs de la foi, nous pensons qu'il faut placer parmi eux un pieux solitaire laïque, nommé M. Quatorze, qui vivait inconnu à Paris: et pour l'édification du lecteur, nous rapporterons ici le court éloge que nous en a laissé M. du l'errier dans ses Mémoires. « Marie » Rousseau me le fit connaitre, dit-il, et j'avoue que la vi » de cet homme me donna autant d'édification que de con- » fusion. Il avait dans sa maison une chapelle domestique où il entendait la sainte Messe chaque jour, ne pouvant » guère sortir à cause de ses infirmités; et ilexigea de moi » que je ne parlerais de lui à personne, Cet homme avait » une grande intellixence de l'Écriture-Sainte: on ne pou- » vait le voir sans en retirer beaucoup d'utilité. C'était un » de ces trésors cachés, une de ces âmes d'élite qui sou- » tiennent le monde (4). » M. Quatorze laissa dans la suite une rente perpétuelle au séminaire de Saint-Sulpicefi). Nous lisons, dans les Mémoires de M. Olier, que ce pieux sulitaire se trouva présent avec M. Le Gauffre, Marie Rousseau, frère Jean de la Croix, frère Claude et d'autres personnes, à une réunion pour le Canada, qui eut lieu dans l'église des Carmélites, le 16 Juillet 1642, et où M. Olier célébra le saint Sacrifice (6). C'est tout ce que nos recherches ont pu nous fournir de détails sur cét homme de bien.