Année Domainicaine, ibid
(5) Vie, par le l'ère Giry, part.
1", ch, XX.
(6) Mém. du P.
Rapin, t.1, p.
479, — Catal.
des entrées et des sépult. Haudrand mém. etc.
(t) Vie, par 1H.
de Bretonvilliers,t.n,p 464.
Il soupire sans cesse vers le ciel.
(2, Attestations a !. p. 01.
Souvent il demandait à Notre-Seisgneur d'être dé. livré des liens de son corps; et, le jour de Pâques de l'année 1656, il pria instamment la très-sainte Vierge de l'appeler à elle, pour c:librer, dans sa compagnie et celle des Bienheureux, la résurrection de son divin Fils +. Mais l1 volonté de Drev étant qu'il souffrit encore quelque temps, il se soumit aux dispositions de la divine Providence, sans ces. ser de s'offrir à Notre-Seigneur comme une hostie qui ne voulait plus vivre que pour s'exercer tous les jours à mourir, en demeurant sur la croix autant qu'il lui plairait. « Si je faisais, dit-il un » jour, autant de fruit en souffrant qu'en prèchant, » j'aimerais mieux le faire par les souffrances, » parce que je donnerais davantage à Dieu (1), » Il passa cette année, qui fut la dernière de sa vie, en soupirant presque sans cesse vers l'éternité, et souffrant, dans cette vue, ses maux avec un courage et une joie qui donnaient de l'étonnement et de l'admiration à tout le monde. Un jour qu'on lui apporta une médecine, dont l'odeur seule faisait soulever le cœur, il la prit à longs traits sans tt-
moigner le plus léger mouvement de répugnance: ! et comme quelqu'un en paraissait étonné, il répon- 4 dit, pour couvrir cette mortification, « qu'il ne sa- » vait pas quel en était le goût (2). » Au mulieu de ses maux, quoiqu'ils aient été très-violents et très-
+ Voici les termesdont se sert M. de Bretonvilliers, en ra- 4 contant cette faveur dont M. Olier lui fit confidence. « Le 4 > jour de Pâques de l'année 1655, suppliant la très-sainte » Vierge de vouloir être son avocate auprès de son Fils » afin qu'il lui plüt l'appeler à soi; cette More d: misèri-
corde, cette source de bonté, qui console ses enfants dans
leurs aMictions, lui fit intérieurement cette réponse :Attei-
> de; un petit, c’est la volonté de mon Fils que vous soufre; en-
» core un peu. Une autre fois, fuisant à cette auguste Princesse là même prière, dans la crainte qu'il avait d'un: plus longue vie, elle lui répondit: Vos jours n2 sont pas comptés, c'es: selon la fidilité qu: "vous apporterez au service de mon Fils (3), »
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longs, Son cœur paraissait toujours content: et si quelquefois on lui témoignait de la compassion : « Cela n'est rien, disait-il, JÉsus-Curisr a bien en- » duré d'autres douleurs. Quel bonheur et quelle » joie de souffrir quelque chose pour sonamour(1)!» Comme son corps affaibli ne pouvait lui permettre une application trop continuelle à Dieu, on était obligé de lui donner quelques ecclésiastiques, pour lui fournir le moyen de se relâcher un peu. Il faisait alors ce qu'il pouvait afin de se distraire; mais, sa charit: Ctait trop véhémente pour demeurer longtemps sans exercice actuel ; au bout de quelques moments, son cœur, toujours languissant d'amour, reprenait son premier essor vers Dieu, et ces transports ont continué jusqu'à la fin de sa vie (2). « Oh ! que sur la terre, disait-il, l'amour est > faible et languissant! Oh! qu'ilest souvent rempli » d'intérèt et de recherche propre! Bon Dev, quel » malheur de se voir dans un si misérable état. et » si opposé à la puret: de l'amour! soupirons vers » le ciel, qui est le lieu de l'amour viritable et so- » lide. Là, notre amour ne sera pas rétroci; il sera » fort et purifi: comme l'or dans la fournaise. O » lieu d'amour que tu es désirable, que tu es pré- » cieux au cœur qui veut aimer ! que tu es agréa- > ble, puisque tu satisfais la pauvre âme, toujours » press'e ici-bas par les disirs ardents qu'elle a » d'aimer! » :
Malgré la joie qu'il éprouvait en pensant à la proximité de sa mort, il s'abstenait d'en parler à ses ecclésiastiques, de peur de les affliger. Enfin, le premier jour du Carème, s'entretenant avec M, de Bretonvilliers, il lui dit : « Préparons-nous; car bien- » tôt nous ne nous verrons plus, et à Pâques il fau- » dra nous séparer (3). » Ensuite, il désigaa M. de Bretonvilliers pour son successeur dans la sup:riorité de la maison, et voulut avoir avec lui, tous ls jours, de longs entretiens sur ia conduite, l'esprit et les règlements des séminaires (4). Celui-ci
{l) Esprit de M. Olier, t. 10, p. 5517.
(2) Mémoires de M. Baudrand, p. 77.
Il annonce sa mort prochaine, et, pour s'y préparer, se prive de toute consolation.
(4) Fe, par le P, Giry,\" part, clap, XX. — ee maurq.,t1,p.48, 49; Lu, 946, bt7. —- Anne Dom., p.418.
(4) Vie, par M. de Bretonrilders, tn, p.4714 — em. histor, ti, 1, p. 258.
* NOTE 12, p.
1) Viems. de M. Olier, par A1.
de Bretonvilhers,tn,p.47%, 114,415.- Giry, l'e part, ch. xx.
?) Vie ms. de , M. Olier, par M.
de Bretonvilliers,t.11,p.473, — Giry, part. 2, ct — Remarq.
(3) M. de Bretonvilliers, pag.
mit par écrit toutes les instructions que M. Olier lui donna de vive voix, et ce fut de ce recueil que M. Tronson, en 1678, tira le réglement des supérieurs et directeurs des séminaires de province",
Plus M. Olier approchait de sa fin, plus il se sentait attiré à une privation universelle de tout ce qui pouvait le satisfaire, même spirituellement, de la part des hommes. Considérant Notre-Seigneur sur la croix, dénué de toute consolation, il se priva de celle même qui était comme la seule qu'il goûtit depuis longtemps, la conversation d'un ami qu'il chérissait tendrement en Notre-Seigneur. Quelques mois avant sa mort, il cessa de l'inviter à venir s'entretenir avec lui, et eut soin de lui cacher le motif de cette conduite, usant à son égard d'une réserve qui ne répondait pas à son ancienne amitié pour lui. Enfin, la surveille de la dernière rechute de M. Olier, cet ami lui demandant pourquoi il le traitait avec tant de sévérité: « Mon enfant, lui ré- > pondit-il, je mourrai bientôt; je suis donc bien aise
de me priver de tout, et de ne plus prendre au-
cune consolation dans ce monde. Il faut attendre
celle que j'espère de la divine miséricorde dans » Ja bienheureuse éternité (1). » Quelqu'un, le trouvant applique à Dieu, lui demanda à quoi il s'occupait, il répondit ces paroles : « À ne rien désirer > de ce qui frappe les yeux (2). »
Une personne de condition, qu'il avait dirigée, lui fit une visite; et, désirant se canfesser, lui dit que, pour faire sa confession, elle prendrait le temps qui lui conviendrait, et qui lui serait le moins incommode; « Il faut donc, répondit » M. Olier, que ce soit avant le jour de Pâques. » Une autre, dont il avait aussi la direction, se retirant de sa chambre après avoir conversé avec lui, il se retourna vers elle au moment où elle le quittait, et lui dit adieu, en lui donnant sa bénédiction, sans qu'elle s'en aperçût, ce qu'il n'avait pas coutume de faire à l'égard de ceux qui le visitaient (5),
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Le 96 mars, qui était le lundi de la Semaine ainte, lorsqu'il voulut se lever, il fut saisi d'un tremblement qui se communiqua à tout son corps, til fut attaqué d'une légère apoplexie, sans perdre aanmoins connaissance. Il était alors à Issy, où il sétait fait transporter, afin, disait-il, de se préparer ala mort; mais le médecin jugeant qu'on devait le ramener à Paris, où on pourrait lui procurer plus aisément tous les secours nécessaires , on le transporta au séminaire de Saint-Sulpice. Il y ressentit un lèger soulagement, qui fut de peu de durée (1). Dès lors on s'aperçut qu'il perdait la mémoire de presque tout, excepté de Dieu. Le jeudi suivant, quelqu'un de la ville étant venu le visiter, il lui parla avec une grande charité, et lui découvrit, sur l'état ds sa conscience, des choses qu'il ne pouvait avoir que par révélation. Il s'entretint aussi en secret avec un directeur du séminaire, à qui il donna d'excellentes instructions pour sa prepre conduite et pour celle de la maison, l'exhortant surtout à ne jamais agir selon les maximes de la prudence humaine, mais toujours dans la simplite de la foi. Il lui témoigna qu'il mourait avec la confiance que Dieu soutiendrait le siminaire, parce que c'était son ouvrage, et il ajouta qu'il laissait œtte maison entre les mains de la très-sainte Vierge, qui s'en Ctait toujours montrée la protecce (9), Peu de temps auparavant, il avait an- 1once à ce directeur plusieurs choses qui arrivèrent comme il les avait prédites, et celui-ci l'ayant prié de l'assister à la mort, pour le défendre des attaques de l'ennemi si redoutables en ce dernier moment, M. Olier lui répondit : « La très-sainte Vierge » vous assistera, soyez-en bien assuré. Je ne cesse- > rai jamais de prier pour vous, et je me tiendrai ? toujours devant le trône de Dieu, lui demandant l'abondance des gràces qui vous seront néces- » Saires pour l'accomplissement de ses desseins. » ldit à une autre personne: « Dans peu de jours
1l éprouveun nouvel accident à Issy.
Ses dernières paroles.
(1) M. de Bretonvilliers, pag.
(2) Giry, part.
1'e ch. xx. —Remarq. histor., t.
H1,p. D47. — Ann. Domin., p.