PÈLERINAGE A LANGEAC
lks membres en étant joints les uns aux autres, et la main droite, avec le bras, étant même toujours revêtus de leur peau. M. Olier ne put, sans être touché d'une singulière dévotion, considérer surtout ce in de la mère Agnès, se rappelant avec qu, couruge cile en avait usé pour maltraiter son corps (1) *. Dans ce dernier voyage, voulant recon-naitre toutes les grâces qu'il avait reçues par son intercession, et pendant sa vie et depuis sa mort +, lfit de nombreux présents à la chapelle du monastère, et donna, entre autres objets précieux, un soleil et le calice d'argent dont on a parlé dans la première partie de cette vie (2) * ++.
De Langeac, le serviteur de Dieu retourna à Bourbon, et après y avoir fait une seconde saison , conhrmément aux désirs des m‘decins, il rentra à Paris et s'enferma de nouveau dans sa chambre, ausé “inaire de Saint-Sulpice. Il y demeura jusqu'au m août de l'année suivante, époque où il re— to . Bourbon pour la dernière fois. Durant ces
+ Parmi les nombreuses grâces que M. Olier reçut par l'entremise de la V. mère Agnès, les historiens de cette grande Servante de Dieu. ont mentionné comme une des principales qu’à sa mort elle lui laissa son Ange. On trouve sur ce point dans M. Lucot (3) des détails d'autant plus intéressants qu'ils sont tirés des mémoires de M. Olier luimême *,
# Dans le voyage de 1652. M. Olier, par respect rour la mère Agnès, avait visité l'une de ses sœurs, la mère de Jésus. relirieuse de Srinte-Catherine. au couvent de Notre- Dame-du-Rhône. à Viviers. Dans le peu d'entretiens que «tte vertueuse fille eut avec lui, elle le vit si embrasé de l'amour de Du, qu'il lui semblait moins converser avec un hémme vivant sur la terre, qu'avec un séraphin du ciel. Il yavait longtemf qu'elle désirait jouir de sa conversation; elle l'avait même demandé à sa sœur, qu'elle croyait dans le séjour de la gloire, et assez puissante pour obtenir de Dieu cette faveur. Celle-ci lui avait fait connaitre qu'elle aurait h consolation de voir M. Olier. mais que ce ne serait qu'en passint: promesse qui fut accomplie à la lettre: car ils nevrent que des en‘revues fort rapides, ct beaucoup moins fréquentes qu'ils ne l'eussent désiré (4).
1) Vie, par 1, de bBrelonrildiers,t,u,p.985, ds6,
(à) Deatif. et canonizat, V. 4:
qnelis... post{tio, Home, in-folio, 1714, p, 18.
* NOTE 10, p.
Il fait deux pèlcrinages aux environs de Paris.Trait de générosité.
(3) Vie de la V.
M. Agnès de Jésus, tu, p. 219 ele,
* NOTE 11, p.
(41 Vie, par M.
de Bretonrilliers,t.n, p.369.
| | 468 PARTIE II. LIVRE 1V. — 1655 et suiv.
longs mois de solitude et de souffrance, il ne cessa
de s'appliquer, selon ses forces, à procurer la gloire É
de Dieu, soit par ses écrits dont on continua l'im- ‘
q pression, soit par les saintes conversations qu'il : avait avec ceux qui venaient le visiter: sa patience :
f surtout et sa parfaite soumission au bon plaisir de ) Dieu produisaient les plus heureuses impressions w
sur tous ceux qui en étaient témoins. Des que la &
saison le lui permit, il s'acquitta de deux pèlerinages ?
| qu'il avait promis à Dieu : celui de Notre-Dame- ? des-Anges, près du château d'Avron “, pour lequel d
il conserva, jusqu'à sa mort, une particulière dévo-
tion, et celui de Sainte-Fare au diocèse de Meaux “+ de
Rarement il sortait pour faire des visites dans Pa- nà
ris, son Ctat de paralysie ne lui permettant que La
trés-difficilement de monter dans les appartements œ
L des personnes qu'il voulait voir. Un jour qu'il dé- ch 4 ll sira faire cette civilité au Prieur des chartreux, C dans le voisinage du séminaire, il fallut le trans- un porter de la voiture dans la cellule de ce Père. Un des passant se présenta pour aider son cocher à lui dar rendre ce service. Comme cet étranger paraissait A:
être dans le besoin, M. Olier demanda à M. Heu- Ion don +++ qui l'accompagnait, s'il n'avait point d'ar- Ne
+ On a vu plus haut que M. Olier, peu de temps avant sa mort, établit au château d'Avron, le noviciat de sa compagnie et qu'il y passa lui-même quelque temps, soit pour si
| reposer, soit pour y former ses disciples. On peut penser avec quelque vraisemblance que cela eut lieu en 1656, M. Olier ayant été absent de Paris les années précédentes, duranth
| belle saison, mais ce n'est qu'une conjecture.
++ Le pèlerinage de Sainte-Fare, au diocèse de Meaux. avait pour objet les reliques de cette Sainte, conservées 4 dans l'abbaye de Farremoutiers, petite vêlle de la Brie, à laquelle ce monastère a donné son nom. On s'y rend enccre aujourd'hui en dévotion, principalement le 10 du mois ce mai. ‘
+tt Jean Heudon, né à Paris, le 2 avril 4597, fut d'abord
Li k la 00 avocat licencié in utroque jure; en 1640, il embrassa l'état die ecclésiastique, fut pourvu du prieuré du Cambon et nomnk PIce, oflicial de Rodez. De retour à Paris, il fut ordonné prèttt Me
Palen
t SUIV.
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rent sur lui et apprenant qu'il avait quelques écus d'or, il en prit un et le donna à cet homme,«car, dit » M. Baudrand qui nous a conservé ce trait, » son » cœur tendre etcompatissantétait, de plus, grand, , généreux et magnifique. » Mais pensant que son cocher ne devait pas ètre de pire condition, il demanda un second écu qu'il lui donna en disant : * Ilauraïit sujet de murmurer si, ayant eu partau » même travail ,il était privé de la mème récom- , pense (1). »
A mesure que M. Olier approchait du terme de sa carrière, on s'apercevait que Dieu lui donnait de fréquentes penses de la résurrection. Il avait eu de tout temps un attrait particulier pour æ mystère, et il fit alors acheter et placer dans sa chambre un tableau qui le représentait. Tout accablé qu'il était sous le poids de ses maux, il se leva une fois de son fauteuil, et, se mettant à genoux devant ce tableau, il demeura une heure entiere dans cette posture, tout absorbé en Dreu. Celui qui k gardait, l'avertit enfin de ne pas se fatiguer plus longtemps, et l'aida à se relever. Par obéissance, il se remit dans sa première situation, en disant:
» Hélas ‘-5a2 s'ennuyer quand on pense à ce my stère (2)? » De temps en temps on l'entendait sécrier: « Ah! chère éternité, tu nes pas loin. » Puis prenant sa main, il disait: « Corps de péché, » tu pourriras bientôt (5). » Comme un jour, pour lui procurer quelques moments de récréation, un xclésiastique vint l'entretenir de nouvelles, il lui imposa silence, en disant que « cela n'avait pas le » goût de l'éternité (4). » Rien n'occupait tant son cœur que le désir d'aller jouir de Dieu (5). Ce sentiment s'était beaucoup accru en lui depuis la faveur extraordinaire qu'il avait reçue à Moulins en 1654.
le 2 septembre 1G46 ct admis au séminaire de Saint-Sulpice, le © avril 1648. Il y mourut le 2 mars 1665 et légua au Kminaire ses meubles et sa bibliothèque, composée principalement de livres de droit (6).
(1) Mém. sur la Vie de M. Olier, p. 73.
Il médite fréquemment le mystère de la résurrection.
Olier , par M. de Bretont ulliers,t.
il, p. 1
(3) Fénelon, Correspondance, t. vs, Lett.
(4) Vies ms. de Grandet, t.1, p.
Olier, par le P Giry, l'°part. ec, XX. — Remarqe histor. Lt, p.