XXXV. L'affection si constante du saint fondateur de la
Saint Vincent Mission pour les enfants de M. Olier, ne parut ja-
console les mais plus tendre ni plus vive qu'au moment où il A re de Jes vit privés de la présence de leur pèré, et plon-
ges, par cette mort prématurée, dans la plus profonde affliction. « Il fut un de ceux, dit Abelly, qui » regretterent davantage la grande perte que l'E- » glise avait faite en la personne de M. Olier, ce » grand serviteur de Dieu; et depuis, il continua » toujours de servir avec la mème affection MM.de » Saint-Sulpice, qui s'assemblérent plusieurs fois » avec lui, pour aviser aux moyens de maintenir 4) Lives, eh. ” €t de perpétuer ce que M. Olier avait commencé
xxx. — Atles. » si dignement (4). » Nous ne connaissons pas le A Re de détail de ces assemblées: mais, dans une lettre (5) Epistolæ ad au pape Clément XI, pour demander la canonisa- CRT tion de saint Vincent de Paul, M. Leschassier nous p.03.—Summa- apprend que ce saint prêtre, après la mort de RU M. Olier, ieur donna des consolations qui tempébationes ‘in cau- rèrent un peu leur douleur (5); et l'on a tout lieu sa Vincent a de croire que les paroles suivantes, recueillies ! Paulo), p. 140. È . A dn “ana
(6) Attest, aut, Propre main de M. de Bretonvilliers, sont un p. 221. ment de cette touchante allocution (6).
« J'aurais voulu, mes chers frères, voyant l'ai- » fliction dans laquelle vous ètes plongés par la » mort de votre cher Père, vous le rendre pour » essuyer vos larmes. Mais, ne pouvant vous don-
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lateur de la 1e parut jaoment où il ‘re, et plonla plus pro- Abelly, qui rte que l'E- M. Olier, ce , il continua tion MM. de lusieurs fois e maintenir t commencé issons pas le s une lettre a canonisahassier nous
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qui tempéa tout lieu ueillies «!
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ner son corps vivant, j'ai cru devoir vous présenter son esprit, qui est la meilleure partie de lui-mème. La terre conserve son corps, le ciel » son âme, son esprit est pour vous; ct, si Dreu l'a » jugé digne d'être mis dans son paradis avec les » anges, vour ne devez pas le trouver indigne d'a- » voir place aussi dans vos cœurs. Il aura volontiers » quitté son corps, pourvu que son esprit puisse » habiter en vous: ç'a été tout son désir et son » souhait durant sa vie; après sa mort, vous pou- » vez le rendre content. Il Ctait dit dans la loi, que » si un frère mourait sans enfants, son autre frère » devait suscitare semen. Votre père, que je peux » aussi appeler votre frère (à cause de son àge), »est mort, pour ainsi dire, sans enfants; vu le » grand désir qu'il avait de convertir tout le monde set de sanctifier le clergé. Il vous a laissé son » épouse, qui est cette maison si sainte, qu'il a ac » quise par son sang, par sa mort, étant mort en » lui voulant donner la vie. Suscitez-lui des en- » fants, faisant connaître Jésus, et lui assurant, »sil y a moyen, autant de serviteurs qu'il y a » d'hommes, et lui donnant autant de saints sa- » crificateurs qu'il y a de prêtres dans l'Eglise: » Fac secundum exemplar quod tibi in monte mons- » tratum est.»
Quoique M. de Bretonvilliers ait vraisemblablement ajouté la forme à ce discours, on peut y reconnaître le langage de saint Vincent etsa hauteestime pour M.Olier ; l'on y voit aussi quelque chose du zèle qu'il fit paraître pour maintenir l'œuvre du sémi- -Sulpice. Car ce fut lui qui fortifia les |. OUlier dans la résolution de ne pas
û e dessein, et qui presida à l'assemblée q tinr ut, le 13 du mème mois. pour le choix de
sou successeur. Ce choix ne devait pas ètre la ma-
re d'une longue délibiration ; M. de Bretonvillers, que le défunt avait désigné avant sa mort, fut en effet nommé ur-le-champ et d'une voix
Saint Vincent assiste à l'élection de M.
de Bretonvillicrs. Il invoque M, Olier.
(1) Lelt. uut.de
Henri de Bour- .
bon à saine Vincent.
(2) Acte aut. de l'élection de M.
de Bretonvil-
diers.
(à) Aftest. aut.
p. 213 et suiv.
(4) Archires nat. Sémin. de Saint : Sulpice.
Fondations M.
unanime. Mais, pour attirer la bénédiction de Dieu sur cette première élection, et y procéder avec plus de confiance, ces ecclésiastiques désirèrent que saint Vincent de Paul y fût présent, et qu'il y assistat au nom et de l'autorité de l’abb: de Saint-Germain. leur supérieur. Ce prélat lui écrivit en ces termes: » J'ai ét: averti de la perte de M. Olier, supérieur » du séminaire du faubourg Saint-Germain: et » comme ces Messieurs n'ont point voulu procider » à une nouvelle élection sans me le faire savoir, » et m'ont fait l'ouverture de vous prier de vouloir » les assister dans cette occasion, et autoriser de » votre présence une action qui n'a d'autre but que la plus grande gloire de Duev, je vous conjure, pour l'amour de moi, de ne leur point refuser ce secours, esperant que Dieu favorisera leur dessein, et que vous serez le moyen dont il se servira pour y parvenir (1). » Non-seulement saint Vincent assista en effet à l'élection, maisil signa, le premier, l'acte qui en fut dress: par les notaires, selon la coutume de ce temps (2).
Nous ajouterons avec Abelly, l'un de ses historiens, que ce grand serviteur de Dieu avait M. Olier en singulière vénération, qu'il le regardait comme un Saint. et publiait partout l'opinion qu'il en avait conc' . (3); et, avec Collet, qu'il l'invoqua les trois années qu'il vécut encore. « Je ne c'oute point, dit » ce dernier, que les enfants de M. Olier n'appren- »> nent, avec consolation, que notre Saint deman- » dait à Dieu des grâces par les m:rites de leur » instituteur. C'est ce qu'il écrivit lui-même à ma- » demoiselle d'Aubray +, sur la fin du mois de juil-
+ C'était Thérèse d'Aubray. dame de Villiers et nièce de M. Olier, qui conserva jusqu'à sa mort une profonde vénération pour lui. Par son testament elle fit don au séminaire de Saint-Sulpice de 14,000 livres pour fonder une messe quotidienne, et la récitation de l'office de la très-sainte Vierge, pendant le mo:s de février chaque année, tant en faveur d'elle-mème, que de sa sœur Marie de Jésus-CurisT, carmélite au grand couvent de Paris, (3),
ction de Dreu der avec plus rent quesaint d'il y assistât uint-Germain, n ces termes:
er, St'périeur Germain; et >ulu procider : faire savoir, ier de vouloir autoriser de autre but que vous conjure, point refuser vorisera leur en dont il se n-seulement ction, maisil dress5 par les S (2).
de ses histoavait M. Olier ardait comme qu'il en avait oqua les trois ute point. dit jer n'appren- Saint demanrites de leur -mème à mi“ | mois de juil-
iers et nièce de profonde vénéon au séminaire ider une messe e la très-sainte année, tant en e Jésus-CurisT,
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ris, qui lui Mps ; il ét lait à côté d fOnOnça ces Martyr. » f ge à l'étern Usicurs de « Les nouvell dirent bie in (3).
Deux jours
De let 1660, c'est-à-dire acux mois avant qu'il allât (1) Vie de &, pu” ei oi | "et le j ] | | le |: ji j ité 4 70 | Du Vincent de Paul, ) sé rejoinc re € ans 16 Sein de là IVINILE 4 CE CNET par Collet, À 1, | Let pieux ami (1). div, vin, pe 144.
# | La mort de M. Olier fut à peine connue dans Pa- XXXVIL. Cu ER qu'on montra un grand désir de le voir : il fut Particularités
remarquables
ud posé dans la chapelle du seminaire, où ildemeura qui accompans jours, revêtu des habits sacerdotaux, Chacun pnérent la empressait de t'moigner la plus grande vénéra- mort de M.
pe ï in pour sa personne, L'opinion qu'on avait de sa Olier.
Le" ntété, inspirait aux uns de se recommander imblement à lui, en priant à ses pieds; aux autres ksolliciter et de se procurer quelque chose qui lui appartenu ; à plusieurs, de faire toucher à son
À ps des médailles et des chapelets, Tant qu'il fut end . * . ' 1 posé, son visage parut si beau et si serein qu'on AU dt pris pour un homme qui sommeéillait ; aussi vs ksonne, en Île considérant, n'éprouvait rien de he tte horreur secrète qu'on ressent ordinairement Los dll
approches d'un cadavre
Ce qui donna une nouvelle surprise, c'est que, le
sème jour, quoiqu'il füt demeuré si longtemps
uns la chapelle, au milieu d'une grande affluence
wsistants qui se succédaient continuellement, et
plusieurs flumbeaux dont la chaleur devait acci- (2 Vie de M, Fe ; : : j ; Olisr, par M. de
rer la corruption, son corps n'exhalait nfanmoins puonvitlierst.
une Mauvaise odeur (2). ui, p. 480, 481.
Vers le temps de sa mort, le serviteur de Dieu
parut en songe à une personne fort éloisn'e de
ris, qui lui avait ét! saintement uuie depuis long-
mps; il était revètu d'une robe de pourpre, et
lait à côté de lui un compagnon de sa gloire, qui
Ononça ces paroles : « Il est martyr et plus que
martyr.» Par là elle eut connaissance de son pas-
ee à l'éternité. Elle ne craignit point de confier à
usicurs de ses amis le songe qu'elle venait d'avoir,
ks nouvelles de la mort de M. Olicr, qui se ré-
dirent bientôt, justifirent la vérité de l'appari- 43, pie, ibid.
on (3). p. 482.
Deux joursaprès M.Olier, mourut M. Blanlo, dont
nn.
ne à 21
RE
(1) Bretonvilliers,t.u, p.482.
Rem. hist. t. 1, p. 60.
(2) Registre des sépultures du séminaire de St.- Sulpice.
(3) Bretonvilliers, p. 481.
nous avons parlé; et, le 20 du mème mois, il fut suivi de M. François de Parnuys, prêtre du diocèse de Rouen. M. de Bretonvilliers ajoute que plusieurs autres ecclésiastiques moururent vers le même temps (1). Il désigne apparemment M. Léonard de Saint-Priest, du diocèse de Tulle, dont la mort arriva le 16 octobre; et peut-être aussi M. Pierre d'Espinay de Cérillac, du diocèse de Limoges, et M. Charles Choënne, du diocèse de Lisieux, qui ne passèrent pas l'année suivante (2).
Entre les autres choses extraordinaires dont sa mort fut accompagnée ou suivie, on remarqua sur son front la forme d’une croix, qui depuis plusieurs années y Ctait imprimée en traits fort sensibles, « Elle y demeura (c'est ainsi que s'exprime M. de » Bretonvilliers) presque aussi visible que de son » vivant, comme je puis l'assurer moi-mème pour l'avoir vue. Le second ou le troisième jour après » qu'on l'eut exposé dans la chapelle, je voulus sa- » voir, ajoute-t-il, si ce qu'on m'avait dit était » vrai, et je vis la croix peinte sur son front. comme » elle l'avait été durant sa vie : plusieurs autres » personnes en ont aussi été témoins (3). » Ce signe
ÿY
fut regardé comme une marque de prédilection du 4
Père des misericordes, qui depuis tant d'années
l'avait fait passer par la voie des croix, et comme un signe particulier de ressemblance avec Jisvs {
crucifié. Un de ses enfants spirituels (M. de la Perouse) a souvent raconté que, malgré le soin qu'avait eu le serviteur de Dieu de cacher cette faveur, ne découvrant jamais son front, pendant tout le temps que ses dernières infirmités l'avaient retenu dans sa chambre, on s'en était aperçu néanmoins plusieurs fois. Comme il lui parlait lui-même avec
beaucoup de familiarité, et qu'il lui tenait souvent f
compagnie, il remarqua qu'une des branches de
cette croix, de couleur rouge, et qui s'élevait du #
milieu d'un cœur comme enflamme, n'était presque pas formée. « Mon Père, lui dit-il, votre croix na
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