TOMBEAU DE M. OLIER
» sieurs les ecclésiastiques qui s'assemblent ici, » prirent pour sujet de leur entretien, mardi der- » nier, ce que chacun d'eux avait remarqué des » vertus de M. Olier, qui était de leur compagnie ; » et, entre autres choses que l'on dit, une des plus » considérables fut que ce grand serviteur de Dieu » tendait ordinairement à s'avilir dans ses paroles, » et qu'entre toutes les vertus, il s'étudiait parti- » culièrement à pratiquer l'humilité (1). »
Comme on se proposait de faire élever au défunt un tombeau en marbre, en attendant, on déposa son corps dans la chapelle supérieure du séminaire, sous une représentation de bois couverte de velours noir (2). Il demeura de la sorte jusqu'à l'année 1684, où M. Tronson, en exécution du testament de M. de Bretonvilliers, le fit mettre en terre au milieu de la chapelle, qui fut alors pavée tout entière de marbre blanc et noir. Il en usa ainsi de l'avis de l'Archevêque de Paris, tant pour obvier à la difficulté de placer un tombeau dans cette chapelle, qui n'était pas grande, que pour ne pas donner occasion aux critiques qu'on aurait pu faire, sil eût été élevé de terre ; ce qui eût paru peu conirme à la simplicité et à la modestie dont le séminaire faisait profession. Sur cette tombe on grava l'inscription suivante :
Pugnent alibi mœrores et gaudia, huc conspirant, ubi suo CHRISTUS triumphat in milite; ubi Sacerdos apostolicus jacet JOANNES-JACOBUS OLIER, pastor Sancti Sulpitii, seminarii institutor, fundator et primus superior; quem suspexit Lutetia in animi simplicitate prudentem, in cordis humilitate magnaninum, in operationis suavitate potentem:
hoc in suburbio suis Babylonem sudoribus curavit, clerum suis in Gallia provocavit exemplis, novi orbis saluti suo zelo providit:
seminariorum tandem érectione,
(1) Abelly, liv.
ni, Ch, xut, p,
Tombeau et épitaphe deM.
Olier.
(2) Mém. de M.
Baudrand,p.69.
(1) Gall. christiana, t. vit, co, 1019.—Vies Ms.
de Grandet, t.1, p.140,141.—Remarg. historig., tu, p. 496.
scriptis, et verbi energiä, clericalis ubique splendorem dignitatis mirificè propagavit; tum diuturnæ morbo paralysis Curisro confixus cruci, dum Superioris munus obiret, Parisiis obiit, anno Domini 1657, ætatis 48 (1).
. La tristesse et la joie, si opposées ailleurs, se trouvent réunies ici, où JÉésus-CHrisT triomphe dans l'un de ses soldats, où repose ce prêtre apostolique JEAN-JACQUES OLIER, Curé de la paroisse, instituteur, fondateur et premier supérieur du séminaire de S.-Sulpice, Paris en lui admira la prudence et la simplicité d'esprit, la magnanimité jointe à l'humilité de cœur, la force et la douceur des moyens.
Ses travaux guérirent, dans ce faubourg.
les maux d'une autre Babylone; ses exemples excitèrent la ferveur du clergé; son zèle pourvut au salut du nouveau monde; l'érection des séminaires qu'il procura, ses écrits et l'énergie de sa parole augmentèrent partout, d'une manière admirable, la splendeur de l'état clérical; enfin, frappé d'une longue paralysie, et attaché à la croix avec Jésus-Curisr, iimourut à Paris, tandis qu'il exerçait la charge de supérieur l'année du Seigneur 1657, de son âge la 48:
Son cœur, qu'on avait séparé de son corps, fut mis dans une boîte en plomb, renfermée ensuite dans une autre en argent doré, sur laquelle sont gravés les monogrammes de Jésus, Marie, Joseph; sa langue fut mise dans une boîte d'argent +, et ces
+ Il y avait cinq mois que M. Olier avait été inhumé, lorsque, pour conserver plus décemment sa cervelle, qu'on avait séparée du reste de son corps, et mise en terre dans la chapelle souterraine, sans l'avoir enveloppée et renfermée dans un vase convenable, M. de Bretonvilliers y descendit avec deux ecclésiastiques, et la déterra. Ils craignaient de n'en plus trouver de vestiges, et pensaient qu'elle serait tombée en corruption; mais ils furent bien surpris de la retrouver tout aussi saine que lorsqu'elle avait été déposée dans
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