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Saint-Siége t-Sulpice a venue plus :s critiques n fort consoumission
une origine bien différente de celle qu'on lui donne ici, Loin d'en voir les motifs et le fondement dans les écrits et la conduite de M. Olicr qui l'inspira de bonne heure à sa compagnie, cet historiographe, né longtemps après la mort du serviteur de Dreu, et qui d'ailleurs n'a écrit que plus de soixante-dix ans après l'établissement du séminaire, dont il ne parle en effet que par conjecture, lui assigne les causcs les plus méprisables, S'il fallait l'en croire, «l'ignorance, la peti- » tesse des pratiques, le défaut de toute protection ctlemanque » de sujets de quelque distinction en aucun genre, inspirèrent » aux prêtres de Saint-Sulpice une obéissance aveugle pour » Rome ct pour toutes ses maximes, et une dépendance des » évêques qui les fit successivement désirer dans beaucoup de » diocèses. Ils parurent un milieu très-utile aux prélats qui » craignaient également la cour sur les soupçons de doctrine, » ct la dépendance des jésuites quiles mettaient sous le joug » dès qu'ils s'étaient insinués chez eux, ou les perdaient sans » ressource; de manière que ces Sulpiciens s'étendirent fort » promptement {1}, »
Ce n'est ici qu'un des traits satiriques contre Saint-Sulpice épars çà et là dans les Mémoires du duc de Saint-Simon, Sur quoi il est à remarquer que l'un de scs apologistes /), après avoir assuré que ce duc n'écrivit que dans le seul intérét de l'histoire et de la postérité, et qu'on ne peut l'accuser ni de haine, ni de ressentiment pour ses contemporains, fait pourtant à la page suivante un aveu assez difficile à concilier avec ce jugement, « 11 haïssait profondément, dit-il, » les sulpiciens et les jésuites: il parle d'eux avec beaucoup » d'aigreur, tandis qu'il raconte avec une extrême sensibilité » la destruction de Port- Royal (3). » Ce double aveu ne décèle que trop.le motif tant de la haine du duc de Saint-Simon pour ceux qui n'entrèrent pas dans ce parti, que de sa partialité aveugle en faveur des autrés; ct pourrait peutêtre servir de pierre de touche pour discerner dans une multitude d'endroits de ses Mémoires les traits mensongers que le ressentiment ou la prédilection affectée lui inspirent dans les portraits de ses contemporains, qu'il prétend nous donner au naturel. Ainsi, par exemple, parlant des Oratoriens, fort zélés pour ce parti. « Ils passaient pour être jan- » sénistes, dit-il, c'est-à-dire, réguliers, exacts, étroits dans » la conduite, studieux, pénitents, haïs de Saint-Sulpice ct » des jésuites, ct par conséquent nullement liés avec ceux; » enviés des uns dans leur ignorance, et des autres par la » jalousie du peu de colléges et de séminaires qu'ils gou- » vernaicnt (4).»
Son ressentiment contre ceux qui se soumirent aux papes ct aux évêques l'aigrit tellement, que quand il parle d'eux,
(1) Mém., 1, 1, an, 1695, p.31,
(2) Michaud srune,
(3) Bing. univers. de Michaud 1825, 1. xL, art.
Saint-Simon,
(4)Mém., Liv, chap. 28, p.330.
a tt penenememann.
Ce
(1) Michaud, idid,
(2) Mém.,t. 11, p.52, an. 1697.
(3) Bibl.Roy., suppl. Fr. 2460, 8, p. 103.
il lui fait oublier la dignité de sa condition, dont il était pourtant si jaloux, et employer un langage des plus grossiers, qui devrait étonner dans un homme de son rang, si, de l'aveu même de ses admirateurs, ses tableaux n'étaient quelquefois d'un cynisme qui va Jusqu'à l'obscénité (1). Parlant de M. Lepelletier, quatrième successeur de M. Olier dans la supériorité du séminaire de Saint-Sulpice, il: le traite de lourde dupe, d’animal si plat, si glorieux, de cafard 2). Il parle avec le dernier mépris du cinquième successeur de M. Olier dans la cure de cette paroisse, M. Trotti de la Chétardie, que cependant ses contemporains ont jugé d'une manière bien différente, comme il résulte d'une multitude de faits exposés dans la notice composée sur lui par Grandet (3. On y voit que tout ce qu'il y avait alors de plus honorable dans l'Eglise, dans la robe et à la Cour, sans en excepter Louis XIV, ni le pape Clément XI, professaient pour M. de la Chétardie une estime singulière. Le duc de Saint-Simon n'en disconvient pas; il avoue que Madame de Maintenon, avec tout son esprit, n'avait point de secrets pour lui, qu’elle lui écrivait sans cesse, pour le consulter même sur les affaires. Et néanmoins ce même M. de la Chétardie, s’il fallait en croire le duc de Saint-Simon, aurait été à la vérité un fort bon prêtre, mais d’une extrême imbécillité, l2 plus imbécille et le plus ignorant des hommes, qui n'avait pas les premières notions de rien. Ceux qui connaissent les divers ouvrages publiés par M. de la Chétardie pourront juger de la valeur de ce reproche d'ignorance.
Mais il s’en faut beaucoup que l'affaire du Jansénisme ait été la seule qui ait inspiré des animosités au duc de Saint-Simon, qu'on saitavoir été si prétentieux et si infatué de sa condition. On a écrit de lui, et peut-être avec trop de vérité : Qu'il ne voyait dans la nation que la noblesse; dans la noblesse que la pairie, et dans la pairie, que lui-même. C'est ce qui fait dire à son apologiste : « Il poussa jusqu'à l'extrême peti- » tesse la vanité nobiliaire ; et on ne conçoit pas que ce ri- » dicule, reconnu si souvent pour le cachet de l'ignorance » et de la sottise, ait pu atteindre un homme tel que le duc » de Saint-Simon.» Aussi est-on vraiment étonné qu'un écrivain si peu en garde contre ses susceptibilités et ses animosités personnelles, ait pu former l'opinion d'une multitude d’historiens, à la faveur de son style de grand scigneur et de l'étonnante facilité de son esprit. Ajoutons qu'il dut encore ce succès au grand laps de temps qui s'était écoulé entre les évènements qu'il raconte et la putlication de ses Mémoires. Ils ne parurent nu’en 1788, ou plutôt en 1791, époqug des plus favorables au succès d'un écrit satirique, où Louis XIV ct son siècle étaient représentés sous des coulcurs si peu flatteuses ct si fort dans le goût de ces
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derniers temps. Ce qui fut cause que des compilateurs et des écrivains en très-grand nombre s'empressèrent d'y puiser de confiance et sans examen, comme dans une source assurée ct tout-à-fait véridique. Les traits que nous venons de signaler suffisent pour montrer que ses jugements ne sont pas toujours l'expression de la vérité, et que l’on est exposé à s'égarcr en suivant aveuglément un tel guide.
Ton. 1. A
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— rater
RE Commencecments des exercices du séminaire de St- Sulpice.
(i) Tom. 1, p.
(DRem. hist., t. 1, p. 204,
(3) 14. ibid.
* NOTE 1, p.
()Rem. hist, t.1, p. 204.
(5) Catal. d'entrées, p. ?. — Rem. hist., t. 11, p. 16.