POUR SES SÉMINAIRES, DIFFÈRE DE CELUI QUE M. OLIER
ÉTABLIT, ET QUI A SERVI DE MODÈLE POUR LES GRANDS SÉMINAIRES FORMÉS ENSUITE.
NOTE 9, p. 19. — En instituant des séminaires dans le diocèse de Milan, saint Charles n'avait eu d'autre dessein,
(1) Vie de H.
Bourdoise,in-4°, des sémin., un. 4.
(2) Lett. de feu M, Vincent à M.
Guerpierre, 16 avril 1659, f°19.
(3) St-Vincent de Paulpar l'ab- Lé Maynard,t.u, p. 183, 181.
(4) Arch. de VEmpire. l'ondat. de la Miss., t. 1, f° 11,30, 36.
(5) Vie de H.
Vincent par 4belly, in-4°, liv.
(6)Arch.,ibid.
(1) Acta Esclesiæ Mediolan.
Part.v,Ed.Lugd.
1083, t. 11, in-fo, — Institutiones ad universum seminarii regimen.
(2)bid., part.
ll, Cap. 1, p. 868.
(3)1bid., de officio Præfeclo- Tum., CAP. VIN, p.
(*) Ibid., de officio Rectoris, cap. 1, 868,815,
que d'exécuter littéralement le décret du concile de Trente; il devait donc donner pour la conduite de ces maisons des règlements appropriés à l'âge et aux dispositions des étudiants qu'on aurait à y former, ct par conséquent très-différents de ceux que M. Olier prescrivit pour le séminaire de Saint®Sulpice [1].
Ainsi, au lieu de donner à chacun des séminaristes une chambre particulière, comme fit M. Olier, saint Charles voulut que les siens demeurassent dans des dortoirs communs qui servissent à tous de chambre à coucher cet de salle d'étude. À côté du lit de chacun, il fit pratiquer dans l'épaisseur du mur, comme on peut le voir encore aujourd'hui à Milan, une sorte d'armoire, pour y serrer les livres ct autres objets, laquelle étant ouverte formait comme une table pour le travail; en sorte que dans leurs études les séminaristes sc trouvaicnt séparés les uns des autres par les lits. En outre, pour maintenir la discipline, il voulut qu'on nommäât pour chaque dortoir ou chambre deux préfets choisis parmi les élèves (2). Ces préfets devaient s'assurér fréquemment si, dans les moments marqués par la règle, leurs séminaristes vaquaient à l'oraison ou à l'étude; ils véillaient aussi à ce qu'ils n'allassent pas sans nécessité parler les uns aux autres. Si quelqu'un sortait du dortoir ou de la maison, ou s'il manquait de quelque autre manière à son devoir, les préfets de discipline étaient obligés d'en informer le Recteur, c'est-à-dire le supérieur du séminaire. Pour remplir ce devoir, ils remettaient chaque jour, ou tous les deux jours au plus tard, un bulletin détaillé de la conduite de leurs séminaristes; et les jours de fête, une liste de tous ceux qui avaient communié. Toutes les fois que les élèves sortaient du dortoir pour aller en classe, les préfets devaient les accompagner, pour les empêcher de parler aux externes; ils les conduisaient aussi à la promenade, demeuraicnt sans cesse avec eux en récréation, ct le soir ils devaient fermer les portes de leur dortoir ct cn garder les clefs par devers eux durant la nuit (3).
Saint Charles avait aussi enjoint au supérieur du séminaire de se rendre de temps à autre, comme à l’improviste, au licu de la récréation, pour savoir comment on s'y comportait, ct de paraître quelquefois pour la même fin aux saints offices. Il ne devait permettre à aucun élève de sortir de la maison, pas même aux préfets, sans leur donner des compagnons pour demeurer constamment avec cux, jusqu'à leur rentrée au séminaire, Enfin, aucun séminariste ne devait envoyer des lettres à personne, ni ouvrir celles qu'il recevait, sans les avoir montrécs auparavant au supéricur (4).
le Trente; isons des s des étut très-difséminaire
ristes unc t Charles oirs comher ct de quer dans rc aujourr 1cs livres omme unc études les autres par
il voulut deux préaient s'asjués par la | à l'étude; s nécessité du dortoir autre maaient oblipérieur du ent chaque ullctin déés jours de é. Toutes raller en
pour les nduisaient
avee eux portes de ux durant
r du sémiproviste, n s'y come fin aux de sortir r donner avec ceux, n séminani ouvrir uparavant
Ces réglements étaient communs à tous Îles séminaires établis par saint Charles, même à ceux dits de saint Jean- Baptiste, et de la canonica, où l'on n'admettait que des jeunes gens qui ne suivaient plus les cours de latinité et de belles lettres. Plusieurs évêques de France, au XVI: siècle, en adoptèrent les principales dispositions pour la conduite des séminaires-colléges qu'ils établirent; ct encore aujourd'hui ces mêmes réglements de saint Charles sont en vigucur, en tout ou en partie, dans les séminaires d'Italie, où, conformément au décret de Trente, on reçoit des jeunes écoliers, M. Olier ne devant recevoir, au contraire, dans le sien que des aspirants aux saints ordres, qui avaient déjà terminé leurs études d'humanité, et se préparaient à recevoir prochainement le sacerdoce, il était par là même dans la nécessité de Iles traiter, non plus en écoliers, mais en hommes faits. Ce n'était pas seulement la maturité de leur âge qui le demandait ainsi, c'était surtout le mouvement de ferveur qui les amenait spontanément auprès de lui, pour se former aux vertus et à la science de leur état. Cette pratique heureusement suivie à Saint-Sulpice, a été adoptée depuis en France et ailleurs dans tous les grands séminaires proprement dits; et ainsi s'est accomplie la vue surnaturelle qui faisait écrire à M. Olier, lorsqu'il était question de transférer le séminaire de Vaugirard à Saint-Sulpice : « Dieu nous montre qu'il veut former dans ce lieu un » modèle de séminaire pour tous Îles autres diocèses ct » royaumes (1). » Fénelon, en digne appréciateur des avantages du regime introduit par M. Olier, écrivait dans son Mémoire au Roi, en février1719, au sujet des ecclésiastiques de son diocèse nouvellement uni à la France : « Les moil- » leurs sujets du pays n'ont été accoutumés qu'à la discipline » très-défectucuse de leurs colléges : ils ne s'accommodent » nullement des exercices plus réguliers, par lesquels les » séminaires de France rendent les séminaristes plus sobres, » plus modestes, plus édifiants (2). »
Quoique, pour atteindre ce but, M. Olier crût devoir s'écarter des réglements prescrits par saint Charles, il en adopta tout ce qui était applicable aux séminaires, tels qu'il les avait conçus, ainsi qu'il le déclara lui-même à l'assemblée générale du clergé de France de 1650. De plus, il considéra toujours ce saint archevêque comme le premier instituteur de ces maisons cléricales; ne cessa de le proposer comme un admirable modèle des plus éminentes vertus; ct il cut la consolation de laisser des disciples qui semblèrent faire revivre quelque chose de son esprit de religion profonde ct de son grand amour pour l'oraison. Deux d'entre eux, M. de Bretonvilliers et M. Bourbon, passant par Milan, sc rendirent à son tombeau pour attirer son esprit sur eux
(1) Mém. aut.
deM.Olier,t.u,p.
(2)Corresp. t.
De om 2 Se ve = See 010
(1 Détails sur M. de Rretonvil-
liers, par M.
Bourbon, Ms,
(2?) Bibl, Mazarine, Ms., 1158.
Annales des Mi-
nimes 1756,in-4°
Emery, L1,p.
(4) Nouvelles
ecclésias. an.
1731,p.176,an.
et sur le séminaire de Saint-Sulpice; et comme ils étaient en prière, on ouvrit la châsse où cst renfermé son précieux corps, pour le leur montrer à découvert. Mais, sans lever les yeux, ils continuèrent à prier, et demeurèrent ainsi profondément recueillis pendant trois heures entières. Quelques chanoines qui se trouvaient là, accoutumés qu'ils étaient à voir le pieux empressement des pèler nur considérer ce saint corps, furent singulièrement 68 d'un recueillement si persévérant et d'une dévotion s1 dégagée de toute satisfaction sensible, Ils voulurent savoir qui étaient ces étrangers, et sur la réponse de M. Bourbon ils ne purent s'empêcher de lui dire : Nous avons ici le corps de saint Charles, mais nous réconnaissons qu'en France vous en avez l'esprit (1).
Au moins peut-on assurer que le culte de ce grand cardinal a toujours été en singulière vénération au séminaire de Saint-Sulpice ct dans toutes les maisons qui en dépendent, à plusieurs desquelles on l'a même donné pour Patron particulier. Chaque année, le jour de sa fête et dans celle des saintes reliques, on expose à la piété des élèves du séminaire de Saint-Sulpice un bois de lit portatif dont saint Charles se servait dans ses visites pastorales. Cette relique, obtenue à Milan par M. Henri Sponde, évêque de Pamiers, passa de ce prélat à M. Frizon, che nine de la cathédrale de Reims, qui en fit présent aux icux Minimes de la place royale à Paris, le 19 juin et cette même année l'archevêque de cette ville leur pet de l'exposer dans leur église (2. Au moment de la dispersion de ces religieux, M. Emery emporta, de leur consentement, cette relique à laquelle il attachait beaucoup de prix, et les ayant ensuite réunis, il leur fit déclarer ct constater juridiquement, comme grand vicaire, que ce lit portatif était celui de saint Charles, honoré jusqu'alors dans leur couvent (5).
SUR L'OBÉISSANCE DES PRÊTRES DE SAINT-SULPICE AU SOUVERAIN PONTIFE ET AUX ÉVÊQUES. — LE DUC DE SAINT-SIMON
NOTE 5, p. 26. — La soumission parfaite au Saint-Siége ct au corps épiscopal, dont le séminaire de Saint-Sulpice a toujours fait profession depuis M. Olier, est devenue plus d’une fois le prétexte de messéantes et d'injustes critiques de la part des ennemis de l'Eglise{4. Un écrivain fort connu, le duc de Saint-Simon, a imaginé de cette soumission
ila étaient n précieux sans lever ‘ainsi proes. Quelmés qu'ils
nur con-
‘és d'un jégagée de qui étaient ne purent ss de saint us en avef
grand car- | séminaire en dépen- ; pour Pate ct dans des élèves rtatif dont ales. Cette évêque de nine de la sicux Miet cette
At de l'exspersion de sentement, e prix, €t t constater lit portatif 5 dans leur
LPICE AU