‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 257 sur 331 · M. OLIER ET LA M. DE MATEL · texte numérisé non relu

M. OLIER ET LA M. DE MATEL

répondit: car elle dit, mais sans autre cclaircissement sur la nature des questions qui lui furent fuites : « L'interroga- » tion fut plus exacte que celle d'une visite ordinaire ne » devait être, même d'une personne qui eût été lice par les » vœux de religion. Je tachai de leur satisfaire avec une » paix qui surpassait le sentiment naturel; et cette visite » se termina à moi seule: ces messieurs s'en étant retour- » nés, sans avoir parlé à aucune de mes religieuses (1), » La Mère de Matel dut écrire ces paroles immédiatement après cette première séance, ct croire, apparemment, que la visite était par là terminée. Mais Abelly revint ensuite au couvent pour la poursuivre, et interrogea plusieurs religieuses en particulier, Sur ces entrefaites, la seconde gucrre civile ayant obligé la communauté à quitter le faubourg pour se mottre en sûreté à Paris, dans la maison de M, de la Piardière, disciple et bienfaiteur insigne de la Mère de Matel, la visite fut interrompuc, soit à cause des troubles politiques (2), soit parce que la Supérieure çt huit de ses illes récusèrent Abclly pour visiteur, Dans une requête qu'elles adressérent au Prieur, elles se plaignaient qu'Abelly eût divulgué les dépositions que plusieurs lui avaient faites, et demandaient un autre ceclésiastique pour les visiter, « Ayant plu à Votre Révérence, lui disaient-clles, en » continuation du soin paternel que vous daignez prendre » du gouvernement de notre temporel et spirituel, d'ordon- » her que la visite serait faite à notre monastère; ct ayant » à cette fin donné commision à M, Abelly, curé de Saint- » Josse, nous nous scrions soumises avec tout le respect » que nous pouvons devoir à une personne à nous envoyée » par Votre Révérence, Mais les malheurs des temps ayant » cté cause qu'il nous aurait fallu sortir de notre monas- » tère, pour nous mettre en lieu de sûreté, il serait arrivé » que, durant l'interruption de la visite, nous ne savons » par quelle voie, beaucoup de choses, que l'on ne pouvait » savoir que par la déposition de celles de nous quiavaient » été examinées, auraient été publiées, et dites à plusicurs » personnes ; ce qui aurait fait, que nous ne pourrions pas » maintenant avoir la confiance nécessaire en pareil cas à » Ja personne du sieur curé de Saint-Josse, quoique d'ail- » lcurs nous le tenions pour très-honnète homme, et de » grande probité. Ce considéré, il vous plaira, mon Révé- » rend Père, ou de prendre la peine de nous tant obliger » que de nous visiter vous-même, ou d'en donner la com- » mission à quelqu'autre, à qui nous puissions parler avec » une liberté entière, et une parfaite assurance du secret (5).» \près cette protestation, le Prieur de Saint-Germain ne donna plus aucune suite à la visite (4 : Abelly, qui dut lui rendre compte de ce qu'il y avait fait. n'er: « laissé aucune

{t) Vie de la M.

de Matel, par cllesmème, ibid, L.2, p. 209,210,

La visite est interrompue :

pourquoi ?

(%\ Mém, de la Sœur de Belly, t. 1, chap. xvt,

(3) Arch. nat.

Saint-Germain des Prés. Juri-

diction sptrt.

tuelle, 1, 7173, requête à dom Roussel.

(4) Mém. de la Sœur du Belly, t.1, chap. xvi,

a mange

(1) Arch, nat.

ibid, LL 1138, p. 408.

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