COMMENCEMENTS DU SÉMINAIRE
temps où l'abbé de Foix fut promu à l'évèché de Pamiers, ce qui eut lieu dans les premiers mois de 1645.
Vers cette époque, M.Olier voyant que le nombre des séminaristes croissait tous les jours et que les rapports qu'ils conservaient avec la communautt, altéraient un peu l'exactitude et la régularité qu'on exigeait d'eux, crut qu'il fallait scpa— rer entièrement les deux maisons. A cet effet il commença par rétablir le séminaire de Vaugirard, ct il y envoya de Paris autant de séminaristes qu'il put en contenir. Son choix tomba principalement sur les nouveaux venus qui, avant d'être appliqués aux études et disposés prochainement aux saints ordres, devaient s'exercer, un än entier, dans les pratiques de la vie intérieure. M. Olier l'avait ainsi réglé pour des motifs très-clevés dont il nous a laissé quelque chose dans ses écrits. « En entrant, » dit-il, dans la maison du séminaire, il faut que » les clercs examinent s'ils désirent faire le dépouil- » lement de leur esprit. Et comme il faut tirer ex- » périence si l'on est dans l'exercice de la vie chre- » tienne avant que d'entrer dans la cléricature où » il n’est plus question de jeter les fondements du » christianisme et de la mort à soi-même, mais il » faut ètre entré dans l'usage de la vie divine; de là » vient que l’on prend un an entier, venant ctans, » pour expérimenter si les clercs sont dans les sen- » timents chrétiens et vivent dans les mœurs chrt- » tiennes. On explique pendant cette année la vie > chrétienne, on met les sujets dans la pratique des » vertus, on leur Ôte toute disposition d'eux-mêmes, » à cause qu'ils doivent être dans les dispositions » de Drevu seul qui les doit régir et gouverner abso-
ï Outre les ecclésiastiques venus de Vaugirard, le 15 août 1642, il en était entré en trois ans plus de cinquante. Sur ce nombre, il est vrai, quelques-uns s'étaient retirés, d'autres avaient passé à la communauté : cependant, le plus grand nombre demeurait encore au séminaire à l'époque dont nous
parlons, ainsi qu'on peut le voir par le catalogue des entrées et des sorties,
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Le séminaire de Vaugirard est rétabli.
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(1) Divers écrits de M. Qlier, t, 1, p 185.
(2)Mém. sur la vie de M. Olier, p. 24.
(3)Mém.part., an,1645n.1450,
» lument selon son bon plaisir. Ils n'ont point l'u— » sage de sortir, ni visiter personne, où mème rece- » voir la visite de qui que ce soit, que selon le bon » plaisir du supérieur qui leur tient la place de » Dreu (1). »
C'est aux exercices de cette première année que fut destinée la maison de Vaugirard, et cela explique ce qu'en a écrit M. Baudrand : « M. Olier, dit-il, crut » qu'il fallait rétablir le séminaire de Vaugirard et » y envoyer les jeunes séminaristes pour les éloigner » du tumulte et les élever dans les pratiques de la » vie intérieure. On accommoda pour cet effet une » maison qu'il yavait acquise, et ce fut là qu'il se fit » une espèce de probation ecclésiastique où l'on » pratiquait tous les exercices de pièté, d'obcissance » ét de mortification qui sont en usage dans les no- » viciats les plus austères. M. Couderc l’ainé en » Ctait le supérieur sous les ordres de M. Olier qui » ne manquait pas de les visiter toutes les semaines » pour les former lui-même à l'esprit d'oraison et » de ferveur dont son cœur était animé, et les établir » dans les maximes les plus pures de la vie chré- » tienne et ecclésiastique (2). »
Comme à Saint-Sulpice, les jeunes séminaristes de Vaugirard assistaient les dimanches et fètes aux offices de la paroisse, et ils le faisaient avec tant de piété et de ferveur, qu'ils étaient un sujet d'édification pour tous les fidèles. C’est ce dont fut témoin Marie Rousseau, au commencement d'octobre 1645. Se trouvant aux vèpres dans l’église de Vaugirard, elle vit entrer sept ou huit ecclésiastiques de cette maison, et, pendant qu'ils chantaient et faisaient les cérémonies, il lui était montré que leur ferveur consolait JÉsus-Cnrisr de l'espèce d'abandon où il était depuis longtemps dans cette église : il lui fut même dit intérieurement : « J'ai fait venir ces en- » fants afin qu'il y en eût ici qui consolassent mes » plaies (3). » Il y eut bien, l'année suivante, un peu de relâchement dans cette communauté ; quelques-
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