‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 27 sur 331 · INSTALLATION PROVISOIRE DU SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

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uns, dit encore Marie Rousseau, se dévoyèrent (1); mais les fréquentes visites que M. Olier fit à ce petit troupeau le remirent promptement dans son premier ctat.

La maison de Vaugirard ne dispensait pas M.

Olier de chercher un local à Paris pour y placer son séminaire. « Il fallait, dit M.Baudrand, pourvoir au » logement de cés jeunes clercs, lorsqu'après leur » retraite ils seraient obligés de retourner à Paris » pour achever leurs études et pour se disposer aux » saints ordres (2) ; » il fallait loger aussi ceux qui jusque-là étaient demeurés dans le voisinage du presbytère, et qui désormais devaient en être séparés. On a déjà raconté, dans la seconde partie de cet ouvrage, comment, en 1645, le serviteur de Dieu se procura ce local en achetant de M. Melliand un vaste enclos, près de son église paroissiale. Son dessein était d'y élever un bâtiment spacieux et approprié entièrement aux besoins du séminaire : mais la construction en fut retardée jusqu'en l'année 1649 à cause de la multitude des occupations qui l'absorbaient, de ses voyages, du fléau de la guerre qui avait désolé la capitale et surtout par suite des dépenses qu'entrainaient toutes les bonnes œuvres dont il était le soutien, et qui ne lui permettaient pas d'entreprendre un bâtiment si dispendieux. En attendant que la Providence lui vint en aide et le miît en état de réaliser son projet, il fit ajuster, le plus économiquement qu'il put, trois petits corps de logis qui existaient sur l'emplacement qu'il venait d'acquérir. Au moyen de cloisons en planches de sapin, on y fit des cellules jusque dans les greniers, et au bout de quelques mois la communauté du séminaire put en prendre possession. Quelque pauvre et modeste que fut ce logement, M.Olier ne voulut pas qu'on s'y ctablit avant que la bénédiction de l'Eglise ne l'eût purifié et rendu propre à être la demeure des serviteurs de DrEu. Cette cérémonie eut lieu le lendemain

(1) Ibid,, n° 1457, Installation

provisoire du

séminaire de

St-Sulpice.

(2)Mém. de M.

Baudrand, p.

(1) Vie de A.

Olier, 1, p.87.

(2)Mém.part., an. 1646, n°244.

de l'Ascension, 11 mai 1646. Voici comment M. Olier en parle dans ses Mémoires +. « Me trou- » vant à la sainte Messe où je remerciais Notre- » Seigneur pour avoir permis la bénédiction que » nous avons donnée à la maison du séminaire, » ayant selon le rituel jeté de l'eau bénite dans » toutes les chambres et les lieux dela communauté; » je le suppliais encore avec instance qu'il lui plût » tellement prendre cette maison sous sa protection, » qu'il ne souffrit jamais que le malin y eùt entrée; » que puisque l'eau bénite l'en avait banni, que les » âmes, par le péché, ne lui donnassent jamais d’en- » trée. Et pour cela même je voyais qu'il fallait ex- » horter tout le monde à se purifier devant que d'y » entrer. Et demandant avec instance à Dreu qu'il > lui plûüt donner sa bénédiction, sans quoi je ne le » quitterais jamais, il lui a plu me changer ma dis- » position et me faire demander avec force l'esprit » de servitude; et cette grâce agissaitavec tel poids » enl’âme, qu'elle m'anéantissaitentièrement. Après » quoi cette bonté divine me mettait cette maison » dessus les bras et semblait la reposer entre mes » mains, comme si l’on mettait le modèle d’uñ grand > bâtiment en raccourci sur les mains d'une per- » sonne. Je voyais cela se passer en moi me trou- » vant anéanti, et je recevais en même temps ces » paroles de Dreu : Jette mets cette maison entre les mains, tu men répondras. En sorte que je conce- » vais que j'étais chargé de cette œuvre et de la » cure qui était adjointe au séminaire pour rendre » visible l'esprit ecclésiastique du séminaire, qui » autrement serait enfermé sans donner exemple à » l'Eglise ni mettre en pratique les vertus et les » grâces qu'on ÿ aura reçues. Et mème qu'il ne fal- > lait plus penser à d'autres œuvres ni à d’autres

+ C'est par erreur que M. de Bretonvilliers (1) rapporte ce passage des Mémoires à la bénédiction donnée au grand bâtiment du séminaire le 15 août 1651. Les écrits de Marie Rousseau confirment la date du 11 mai 1646 (2).

nment M.

Me trouais Notreiction que séminaire, nite dans munauté; il lui plût rotéction, üt entrée ; i, que les mais d’enfallait exit que d'y Dreu qu'il oi je ne le r ma disce l'esprit tel poids nt. Après Le maison ntre mes "un grand une per-— me troumps ces : entre les je conce- > et de la ir rendre aire, qui xemple à us et les ’il ne fal-

d’autres

‘apporte ce au grand s de Marié

INSTALLATION PROVISOIRE DU SÉMINAIRE 55 » entreprises, comme le malin en présente toujours » de fort excellentes en apparence pour divertir le » principe; et voyais qu'il me fallait servir en cela » de pierre fondamentale qui porterait ce lourd » fardeau (1). »

En confirmant l'acquisition faite par M. Olier, l'abbé de Saint-Germain, par ses lettres du 27 octobre 1645, l'avait autorisé à bâtir sur cet emplacementunséminaireavec une chapelle pour y célébrer la sainte Messe et l'office divin. Cette chapelle fut dédiée à saint Jean l'évangéliste pour lequel M.Olier voulait inspirer à tous ses enfants une dévotion particulière. Le 93 juin 1646, jour où on en fit la bénédiction, Dieu favorisa son serviteur d’une lumière dont il rend compte en ces termes : « Le 93, jour » auquel il a plu à Dieu nous faire bénir la chapelie » du séminaire sous le titre de saint Jean l'évangt-

.» liste et y dire la sainte Messe en l'honneur du

» très-saint Sacrement, me retirant pour être re- * vêtu de ses sentiments et dispositions divines en » ce saint sacrifice, je me suis trouvé tout d'un coup » rempli de l'opération de l'esprit de JÉsus-CHrisr » qui me faisait entendre que ce saint sacrifice se » devait offrir à Dieu en JÉsus-CHrisr, seulement » pour sa gloire, me faisant comprendre que cette » œuvre, cette chapelle et tout ce séminaire ne de- » vaient avoir pour vue que Dieu tout seul, que c'é- » tait le seul honneur et gloire de Dieu qu'on y de- » vait avoir devant les yeux (2). »

Dès que le nouveau local fut en état d'être habité, M. Olier partageant les ecclésiastiques qu'il avait, tant au presbytère qu'à Vaugirard, y envoya, probablement sous la conduite de M. de Poussé , tous

+ M. Baudrand dit que M. de Foix fut supérieur de ce nouveau séminaire ; cela n’est pas exact. Il était supérieur dès 1642 à la maison de la belle image (5); mais, dans les premiers mois de 1645, il devint évêque de Pamiers. M. de Poussé parait lui avoir succédé : il était certuinement supérieur en 1648 (4).

(1) Mém. aut.,

tv, 260—261, — Mém. part., an, 1616, n°211.

(2)Mém. aut.,

tv, p. 81.

(3)Mém. part.,

(4) Lelt, aut.,

sat.

(1)Mém, sur M,

Olier, p. 26.

Nécessité de construire un nouveau bâtiment. Le plan en est montré à M. Olier, à | Notre-Dame.

(2) Vie Ms. de M. Olier, p. 78.

(3) Lett. aut., p. 1489.

ceux qu'il ne retint pas avec lui pour travailler à la paroisse. « Ce partage et cette translation, dit M. » Baudrand, sont proprement le commencement du » séminaire de Saint-Sulpice. Il fut distinguc, de- » puis ce temps là, de la communauté de M. le curé » en ce que dans la communauté on ne reçoit que » ceux qui sont en état de servir aux différentes » fonctions de la paroisse de Saint-Sulpice; mais » pour le séminaire, il est destiné seulement pour » les jeunes clercs que l'on dispose par l'oraison, » l'étude et les exercices de picté à la réception des » saints ordres, et à travailler un jour, lorsqu'ils » en seront capables, dans la cure de Saint-Sulpice, » dans les séminaires de Province, ou bien dans les » différents endroits de l'Eglise où il plaira à la Pro- » vidence de les appeler (1). »

Le nouveau local ne tarda pas à être insuffisant; il était d'ailleurs fort incommode et très-malsain. « L'hiver, dit M. de Bretonvilliers, on souffrait un » grand froid, et l'été un chaud excessif dans ces pe- » tites cellules formées au grenier par des sépara- » tions de sapin (3). » Il y eut mème quelques séminaristes qui tombèrent malades par défaut d'air, ce qui affligea sensiblement M.‘Olier +. « Dans cet état » de choses, dit encore M. de Bretonvilliers, il re- » commanda la maison à la très-sainte Viergecomme » à celle qui en est la maîtresse, et la supplia instam- » ment d'en avoir soin. Après cette prière, il demeu- > rait en repos dans l'abandon et la confiance en » cette très-sainte mère qui ne lui avait jamais man- » qué (2). » Sa confiance ne fut pas vaine, ainsi qu'on va le voir.

Dès qu'on fut sorti des troubles de la première guerre civile, par le traite de paix conclu le 11 mars 1649, qui accorda une amnistie générale, M. Olier voyant, d'un côté, le besoin urgent de construire ce

+ Le grand air, écrivait M. Olier dans ces circonstances, est à mon avis la chose la plus importante à la santé de la jeunesse (3).

ailler à la n, dit M.

ement du gut, de- M. le curé eçoit que ifférentes ce; mais ent pour l'oraison, ption des lorsqu'ils t-Sulpice, n dans les a à la Pro-

suffisant ; s-malsain.

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première le 11 mars M. Olier istruire ce

constances, santé de la

bâtiment sans délai, et de l'autre, l'épuisement de ses ressources après cette calamité publique, eut la pensée d'exposer de nouveau sa situation à la très-sainte Vierge et de la consulter sur le parti qu'il avait à prendre. Dans ce dessein, il se rendit à l'Eglise de Notre-Dame de Paris, où M. de Bretonvilliers l’accompagna. Là, pendant qu'il était en prière, il reçut de la Mère de Dieu une faveur bien touchante : Elle daigna lui apparaître, tenant sur ses mains le modèle d'un bâtiment qu'elle lui présentait, pour en faire construire un semblable. « Lundi 22 mars, rapporte-il, étant allés à Notre- » Dame pour lui soumettre l'entreprise de notre » bâtiment, et savoir si elle l'aurait agréable, il plut » à cette divine Maîtresse, dans sa bonté ordinaire, » de nous apparaître portant sur ses mains le mo- » dèle d'un édifice qu'elle me donnait pour m'en » charger. Je n'osais l'accepter,en étant très-indigne, » et n'ayant pas de quoi l'entreprendre. Je la priai » de le mettre dans les mains de celui qui était au- » près de moi; mais sa bonté me témoigna qu'elle » voulait que ce fût moi-même qui le prit pour » l'exécuter (1). »

Après tout ce qui aété rapporté jusqu'ici, des moyens si providentiels dont Dieu s'était servi pour amener l'établissement des grands séminaires en France, et manifester à M. Olier sa vocation à cet égard on ne dBit pas être surpris qu'ilait daigné lui faire connaître d'avance, la disposition qu'il devait donner à cet édifice. Comme laréunionde jeunes clercs qui donna lieu au séminaire de Vaugirard ctait destinée à servir de modèle dans la composition des grands séminaires, de mème, le bâtiment du séminaire de Saint-Sulpice , levé le premier dans le royaume pour cette fin, devait, dans ses principales dispositions, servir aussi de règle pour la construction de ces sortes d'édifices, d'un genre tout nouveau. Jusqu'alors les séminaires-colléges, n'ayant pas été distingués des colléges proprement

(1) Mém. aut. de M. Olier, t.w, p.55 et 402,103.

-— Vie de M.Olier par M. de Bretonvilliers, L.u, p. 79.

(1) Act eccles.

med., Lu, p.873.

Dinu veut ctre reconnu seul auteur du séminairc.

(2)Concil, Harduin., 1 x, col, 1257,

(3) Ibid., col,

dits, les écoliers y avaient cté réunis dans des salles communes, où ils étaient continuellement sous les yeux de leurs maîtres, comme il convenait à la mobilité de cet âge, pour être contenue dans le devoir+, Saint Charles Borromée, en élevant à grands frais des bâtiments de séminaires pour les clercs du diocèse de Milan, avait lui-même suivi cette disposition : les séminaristes étant réunis dans des salles spacieuses, qui leur servaient à la fois de dortoirs et de salles de travail(1). Mais les grands séminaires ne devant être composés que de clercs parvenus à un certain âge, et qui, ayant terminé leurs études d'humanités, se préparassent # recevoir prochainement les saints ordres, ou mème y fussent déjà engagés, ces nouvelles réunions demandaient des bâtiments d’une disposition autre que celle des collèges, et qui fût plus en rapport avec l'âge etla maturité de ceux qui devaient y être formés. Aussi est-il à remarquer que le plan montré à M. Olier, offrait une multitude de chambres; chaque séminariste devant y avoir la sienne, et être logé à part; et cette disposition nouvelle a été adoptée depuis, en France, dans la construction de tous les grands séminaires proprement dits, qui sont même essentiellement distingués par là des bâtiments des petits séminaires.

Si M. Olier n'osait pas d’abord accepter le modèle qui lui était ainsi offert, c'est, dit-il, « que je me » voyais incapable de l'entreprendre, n'ayant pas » de quoi l’exécuter. » D'ailleurs, Dreu voulant être reconnu seul auteur de cette maison, lui avait défendu à lui et à tous les siens, comme nous l'avons déjà remarqué, de rien demander à personne pour l'établir ou pour la fonder, ou de faire un seul pas

+ Council. Rotomagen. an. 1581. Habitationis structura concipiatur ad finem plurimorum in codem loco studentium, manducantium et dormicentium (2).

Concil. Burdigalen, an. 1583. Dormitorium commune et patens sit, e cujus regione cubiculum præfecti collocetur (3).

les salles sous Îles à la modevoir.

nds frais lercs du te dispodes salles : dortoirs sminaires ar venus à rs études rochainet déja enaient des le des cole et la maés. Aussi . M. Olier, jue sémiogé à part; optce. dede tous les sont mème iments des

le modèle que je me ‘ayant pas bulant être i avait débus l'avons onne pour n seul pas

is structura studentium,

ommune et ollocetur (3).

en vue de lui procurer du bien; et l'avait assuré qu'il en serait lui-même le soutien. Conséquemment à ce dessein, il ne permit pas qu'on leur offrit aucun don : « Dans ce commencement de Saint-Sul- » pice, dit M. du Ferrier, Digu donna mouvement » à plusieurs de nous assister, non d'argent, ni de » présents, mais seulement de leurs soins et de » leurs bons avis : car jamais personne ne nous » donna rien (1).» L'incident assez singulier qu'on va lire était bien propre à les convaincre de plus en plus qu'ils ne devaient compter que sur DrEu seul.

Un particulier étant allé trouver un jour M. du Ferrier, qui rapporte lui-même le fait, lui dit qu'il proposait un dessein très-avantageux au Roi et à la ville de Paris, et que s'il voulait l'appuyer auprès de M. de Brienne, secrétaire d'état, il reconnaitrait honorablement ce service. « Vous vous méprenez, » lui répondit M. du Ferrier : «nous ne nous mêlons » pas d'affaires temporelles, et ne recevons aucun » présent. » Je le savais déjà, répliqua l'autre ; mais iln'est question que de dire un mot au secrétaire d'état, pour qu'il m'appuie, ce qu'il fera si vous lui, parlez; et le don que j'offre est pour votre église. Voici de quoi il s’agit : le roi a dessein de clore de remparts et de réunir à la ville les faubourgs Saint- Victor, Saint-Marceau, Saint-Jacques et Saint- Germain, avec des tours et des fossés : je m'engage à les construire à mes frais, et en outre de bâtir des halles, et un pont au Pré-aux-Clercs égal au Pont- Neuf. Pour tout cela, je demande qu'on me laisse l'administration des rentes de l'Hôtel de Ville, qui sont fort mal payées aux créanciers, ce qui cause beaucoup de désordres ; je promets de les payer exactement. Et si vous voulez remettre vous-même mon mémoire à M. de Brienne, je m'engage à construire à mes frais l'église paroissiale et le séminaire que vous avez dessein de bâtir. Gagné, sans doute, par des offres si inattendues et si flatteuses, M. du

(1) Mém. de M.

du Ll'errier, p.

(1)Wém. de M.

du Ferrier, p.

Confiance de de M.Olicr.La Providence lui vient en aide.

Ferrier, qui n'ignorait pas la gène où tous ses confrères se trouvaient alors, crut pouvoir remettre le mémoire à M. de Brienne; et comme les cautions du proposant, qui s'élevaient à trois cents millions, étaient solidement établies, et son mémoire bien raisonné, ses offres furent agréces par le conseil d'Etat. Il alla aussitôt en porter la nouvelle à M. du Ferrier ; et tous les prêtres de Saint-Sulpice quien eurent connaissance, admirèrent la bonté de Dieu, qui, disaient-ils, avait suscité cet homme pour consommer son œuvre. Maishuitjoursaprès,toutes leurs espérances s'évanouirent. Le duc d'Orléans, alors président du conseil, ayant fait appeler le proposant, mit à l'acceptation de sa demande une condition intéressée : ce fut qu'il acheverait à ses propres dépens le bâtiment du palais du Luxembourg; ce à quoi l’autre finit par consentir, quoiqu'il dût commencer par acheter plusieurs maisons voisines, dont le prix s'élevait à deux cent mille écus. Enfin, le prince de Condé, qui eut bientôt connaissance de cette promesse, voulut en obtenir une semblable pour lui, et exigea qu'il lui bâtit aussi un palais dans le Pré-aux-Clercs , sans doute sur le sol où fut construit ensuite le Palais-Bourbon , aujourd'hui du corps législatif; et cette nouvelle charge fut cause que le proposant retira sa parole, et renonça à son dessein. « Voilà, ajoute M. du Fer- » rier, tout le temporel qu'eut Saint-Sulpice, et qui » ne fut qu'imaginaire : Dieu voulant que les biens » de nos Messieurs soutinssent cet établissement, » sans qu'il dépendit de personne : eux-mêmes » ayant acheté de leurs deniers la :: ho cmi- » naire, et fourni à le bâtir et à le ().»

Toutefois, lorsque M ] de le faire construire, aucun d CONI s 1 pouvait alors lui venir en aïde, apre . les effor is qu'ils avaient été obligés de faire durant la guerre pour fournir à leurs paroïissiens des secours de toute espèce, qu'ils étaient encore obligés de continuer à plu-

1$ ses conemettre le s cautions s millions, noire bien onseil d'Ee à M.du pice quien té de Dieu, mme pour près, toutes d'Orléans, ler le promande une grait à ses lu Luxemntir, quoiurs maisons x cent mille eut bientôt t en obtenir i bâtit aussi oute sur le purbon, aute nouvelle a sa parole, M. du Ferlpice, et qui ue les biens blissement, eux-mèmes | :mi- ({ ). »

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sicours, entièrement ruinés par ce fléau. « Je ne lais- » sais pas, dit M.Olier, parlant de la très-sainte » Vierge, de me tenir soumis à ses ordres, quoiqu'in- » capable d'entreprendre ce bâtiment. » Ne doutant donc point qu'elle ne lui procurât les moyens nécessaires à ce dessein, il se mit en devoir de l'exécuter sans délai ; et son espérance ne fut pas vaine, comme l'évènement le montra bientôt. Deux jeunes gens, les frères Souart, quiavaient quitté le Luxembourg, où leur famille était attachée à la personne du duc d'Orléans, et étaient entrés dans la compagnie des prètres de Saint-Sulpice, donnèrent, de concert avec leurs parents, la somme nécessaire pour jeter les fondements de l'édifice; et aussitôt après qu'il fut élevé de terre, la divine Providence mit un autre membre de cette compagnie en état de fournir le reste pour l'achever. Nous avons vu que M. Olier, n'osant se charger de la construction du bâtiment dont la très-sainte Vierge lui présentait le modele, l'avait priée de le mettre entre les mains de celui qui était auprès de lui, c'est-à-dire de M. de Bretonvilliers; et il paraît que sa prière fut exaucée, en partie du moins, car après qu'on eut jeté les fondements de l'édifice, M. de Bretonvilliers ayant successivement perdu plusieurs de ses parents, qui le laissèrent héritier de biens considérables, il se trouva en état de compter les sommes pour la continuation et l'achèvement du bâtiment, à mesure qu'elles devenaient nécessaires ; en sorte que les travaux ne furent jamais interrompus par défaut d'argent, et s'avancèrent même avec une promptitude etuneactivitéétonnantes,commenous le dirons bientôt. Enfin, ce qui est particulièrement remarquable, et montre combien M. Olier se tenait assure du succés de l'entreprise, c'est que pendant qu'on jétait les fondements du séminaire, et avant que M. de Bretonvilliers fût dans l'état d'aisance dont nous parlons, il l'engagea à faire construire, de concert avec ses frères, MM. Jean et Bénigne Le

+ NOTE 2, p.

(1)Mém.etrem.

pour servir à l'hist. de l’institut de saint Joseph. Arch. dela l'léche. - Acte de Chassière, notaire à Paris, 22 sept. 1649.

Le Mercicr trace Ile plan

du nouveau bâtiment : M.

Olier pose la première picrre,

(?) Grandet, Vie Ms., t. 1, p.

(3)Mém. de M.

Baudrand,p.21.

— Lett.aut.de M.

Olier, p. 105, — Rem. hist.,t.1,p.

(#) Tableau hist.

de Paris, par M.

de S.-Victor, t. n, p. 874, 182, 183, 796.

(3)IHistoire de Paris, par Félibien, t,p.1374

(6)Attest.'aut.

touchantM.Olier p. 229. - Esprit de M. Olier, tu, p.237. - Réglem.

delacommunanté des prêtres de S.-Sulpice, p.3, n.— Viede M, 0lier, par M, de Bretonvilliers,t, 1, p. 81, 82.

(T)Ibid.,p.81, 82,79, — Mém.

deM.Olier,t,v,p.

Ragois, des bâtiments pour loger la communauté des sœurs de Saint-Joseph, instituée à la Flèche, en Anjou, par M. Le Royer de la Dauversière son ami; et que le 22 septembre de cette mème année 1649, ils s'obligèrent, par son conseil, à faire élever ces édifices conformément aux plans que ces religieuses auraient adoptés elles-mêmes, et aux marc'éès qu'elles feraient avec les entrepreneurs chargés de l'exécution (1).

Après la faveur qu'ilavait reçue à Notre-Dame, le 99 mars, M. Olier fit donc connaître à un architecte distinguc de cette époque la forme et la distribution qu'il voulait donner au bâtiment du séminaire, d'après le modèle qui lui avait été montré (9), et le chargea d'en dresser le plan. C'était Jacques Le Mercier (3), connu par la continuation du Louvre(4), la construction du Palais-Royal, et par celle de l'église de Sorbonne (5). En s'adressant à un homme de ce mérite, l'intention de M. Olier n'était point d'élever un monument somptueux : il exigea au contraire que tout y fût simple; mais il voulait joindre à la simplicité une ordonnance noble, aise, bien entendue, surtout une solidité à toute épreuve. Dès qu'il en eut arrêté le plan avec cet architecte, il fit creuser les fondements sans délai, et voulut qu'on en posât la première pierre dans l'octave de la Nativite de la sainte Vierge (6).

Tout ayant été disposé pour cette cérémonie, les ecclésiastiques du séminaire et ceux de la communauté se rendirent en procession au lieu où l'édifice devait être bâti, et pendant qu'ils chantaient des hymnes et des psaurnes, pour demander à Notre-Seigneur de fonder cette maison par sa divine Mère, et de répandre sur tous ceux qui devaient l'habiter l'esprit qu'elle avait apporté au mornde dans sa naissance, M. Olier bénit la première pierre, et la posa au nom de cette auguste Reine du Cler-— gé (7). Il mit dans les fondations plusieurs grandes médailles d'or, où !le était représentée au-dessus

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dece bâtiment qu'elle semblait défendre et protéger, comme un bien dont elle avait la propriété et le domaine; et sur le revers, on lisait cette inscription : Cum ipsa, et in ipsa, et per ipsam, omnis œdificatio crescit in templum Dei(1). Il désigna plusieurs de ses ecclésiastiques, entre autres M. de Bretonvilliers, pour surveiller les travaux et ils prirent cette œuvre si fort à cœur, que dans leur application constante, et l'intelligence de leurs soins, M. Olier ne pouvait s'empêcher de reconnaitre quelque chose d'extraordinaire. « La bonté de notreauguste » princesse, écrivait-il, a inspiré un zèle et une affec- » tion extraordinaires pour y travailler, aux plus » fidèles et aux plus capables personnes que nous » puissions avoir. Il s'avance par sa sainte protec- » tion et par sa bonté, comme il a été commencé en » son nom et par son ordre.» On continua les travaux sans relâche, et on les interrompit au commencement de l'hiver, dans l’octave del’'Immaculte Conception. Ils furent repris pendant l'octave de la Purification, l'année suivante, et poussés avec beaucoup d'activité: car comme tout languissait alors dans Paris, où l'on n'osait rien entreprendre, les ouvriers, qui manquaient de travail, et couvraient pour cela la place de Grève, se présentaient d'euxmêmes en foule, etétaient employés chacun aux diverses parties de ce grand ouvrage. C'était le sujet d'une vive consolation pour M. Olier d'occuper ainsi cette multitude (2) inquiète et turbulente, qui manquait de pain, et qui aurait pu se porter aux derniers excès pour s'en procurer (3). « Que nous » sommes heureux, disait-il quelquefois, de pou- » voir, en élevant une maison à Notre-Scigneur, » donner du pain à ses membres!» Cette circonstance eut même quelque chose de si frappant, que ceux qui d'abord avaient paru blâmer l'entreprise, nc purent s'empêcher d'y applaudir (4).

On poussa le bâtiment avec tant de diligence, qu'il fut achevé à l'Assomption de la même année,

(1)Ibid.,p.82?.

— Mém. de M.

Baudrand,p.21.

— Grandet, Vies Ms., la, p. 136,

(2) Dhid., {.n, p.80,81.—Rem.

hist.,t.1,p. 175.

— Grandet, Vies Ms.,t.1, p. 136.

(3) Hist. de F'énelon, par lecardinal deBausset, ti, p.31.

(4) Vie par M.

deBretonvilliers tu, p.81.

Solidité ct simplicité du bâtiment du

séminaire.

TSI e

(Hlbid,, p.82.

— Mém. de M.

Baudrand,p.21.

— liem.hist.,tr, p.46. — Grandet Vies Ms., L.1,p.

(2 Mém. de M.

Baudrand,p.50, bi.

(3 Ibid. , p.27, (4) Description de Paris, par Germain Brice, 1713t.11,p.103.

(5, Paris ancien et nouveau, par Le Maire 1685, t, n,p. 279, 280.— Gallia christ., 1656,L:1V,p.288.

excepté la toiture qui manquait encore en plusieurs endroits(1); et toutefois la promptitude de l'exécution n'en fit point négliger la solidité. Comme ce bâtiment devait être consacré à Dieu, on porta si loin les précautions dans le choix de tous les matériaux, qu'on n'y en employa aucun qui n'eût été trouvé sans défaut, et même qu'on acheta à grand prix une forêt entière pour avoir un bois neuf et sain à employer auxconstructions(2). Dans ce même dessein, M.Olier permit à Le Mercier de construire l'édifice en pierres de taille. Maïs pour y conserver la simplicité qui doit paraître dans les bâtiments descommunautés, il ne voulut jamais consentir que cet architecte le couvriît en ardoises, ni qu'il en exhaussât les pavillons, ou qu'il le décorât d'ornements superflus. Bien plus, comme l'on avait fait à son insu des denticules dans l’entablement qui couronnait la maison, et qu'on avait commencé à les tailler aussi du côté de la rue : dès qu'il en fut instruit, il fit cesser srr-le-champ cet ouvrage, aimant mieux laisser subsister une pareille irrégularitce, quelque choquante qu'elle fût, que de souffrir le moindre ornement qui eût tant soit peu ressenti la magnificence ou le. faste. Enfin, il s'opposa encore au dessein de Le Mercier qui voulait décorer l'entrée en y mettant des colonnes, et il n’y souffrit que deux pilastres d'ordre ionique (3). Cet édifice, remarquable par sa solidité (4) et par la noblesse de son ordonnance, était un grand bâtiment carre, qui laissait au milieu une belle cour (5). « L'architec-- » ture en est simple, dit Sauval, dans son Histoire » de Paris, mais très-bien entendue en toutes ses » parties, tant dedans que dehors; les pierres de ce » bâtiment sont si bien assises et cimentces, qu'il » semble d'une seule pierre +. Il est des mieux

+ Ce fut ce qui donna occasion à quelques ecclésiastiques qui visitaient ce bâtiment, dans la compagnie de M. Godeau évêque de Vence, dedire, pour lui en faire admirer le grand et solide appareil, ces paroles des disciples au Sauveur :

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CONSTRUCTION DU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPICE Gb

» percés, et si les fenêtres du côté du jardin ctaient » en correspondance à celles du dedans de la cour, » ce serait un édifice accompli (1) ". »

Par esprit de religion, M.Olier désira que la chapelle fût achevée avant aucune autre partie du bàtiment, et qu'on la béniît au plutôt, afin de sanctifier par là le premier usage qu'on ferait du nouvel édifice (2). Pour témoigner, dans cette occasion, son respect envers le Saint-Siège apostolique, il voulut que le Nonce du Pape bénît la chapelle, ou qu'au moins il y célébrât le premier (3). Le Prieur de Saint-Germain, vicaire-général de l'Abbé, permit, en effet, que ce prélat y officiât pontificalement, se réservant à lui-même la bénédiction : il fit cette cérémonie, le 18 (4) ou le 19 (5) novembre 1650, assisté de M. Olier et d’un grand nombre d'ecclésiastiques, et il bénit encore le caveau situé sous la chapelle, et destiné à la sépulture des personnes de la maison (6). L'assemblée géncrale du clergé ctait alors réunie à Paris : charmés des heureux fruits que produisait depuis huit ans le séminaire de Saint- Sulpice, les Evêques voulurent, ce jour-là mème, lui donner une marque publique de leur approbation, et députèrent Isaac Habert, évèque de Vabres, l'un des plus savants prélats de ce temps, pour exprimer en leur nom les vœux qu'ils formaient en faveur d'une œuvre si utile à l'Eglise, et lui donner leur solennelle bénédiction. Le soir, après les Vèpres, ce Prélat s'acquitta de cette mission honorable, dans un discours qu'il prononça avec autant de dignité que d'édification. ,

Lorsque le nouveau bâtiment fut presque entièrement achevé, M. Olier, avant qu'on y logeût, eut la dévotion d'aller à Chartres pour en offrir les clefs à la patronne de cette ville, comme à la reine de

Vide quales lapides; voyez quelles pierres! Ce à quoi ül répondit, comme on l’a déjà rapporté : dites plutôt : Vide quales homines ! Voyez quels hommes se forment dans cette maison (7)!

Tom. ani. 5

(1) Hist. et recherches des antiquités de Paris in-f, 1724, 1.3, p.435. — Mim.

de M, Baudrand, p. 33.

Inauguration de lachapcelle.

M. Olicr offre les clefs du séminaire à No tre-Dame de Chartres,

(2) Vie de M Olier, par dl, de Bretonrilliers,t 1, p. 62.

Olier, il. - Lett.

aut. de M. Olier, p. !.

(4) Procès-ver bal de cette cérémonte. Arch. du Roy.,sect. hist. L.

1226. Regist. de la Juridice., fol.

116, — Jist. de l'abbaye S.-Germain-des-Prés, in-lo, 1724, p.

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