DU SUPÉRIEUR DU SÉMINAIRE
Le vrai et unique supérieur du séminaire est Monscigneur l'Evêque, qui contenant en soi la plénitude de l'esprit et de la grâce qui doit être inspirée et répandue dans le Clergé, comme en ses membres et ses ministres ; c'est lui seul qui lui peut ct lui doit donner son esprit et sa vie.
Ce que le chef est dans un corps naturel, le saint Prélat le doit être dans le corps mystique de son Clergé, lui donnant sa vic, son mouvement ct sa vertu: usant, quandil lui plait, du ministère de ses membres unis intimement à lui, pour la gloire de Dreu ct le service de son Eglise: ou au contraire maintenant avec douleur, on voit les principaux ministres des Evêques, qui sont les prêtres, vivre sans dépendance de leur chef, n'ayant aucun respect pour leur sacrée direction, ni attache à leur obéissance; de là vient qu'en ce temps où Messeigneurs les Prélats se renouvellent dans le zèle de l'Eglise, désirant de la servir, ils se voient destitués de leurs aides; et pour cela il est besoin de leur rejoindre et de leur réunir des sujets détachés de tout autre engagement, et unis intimement à eux, qui étant vivifiés de leur esprit, renouvellent la vie des pères dans le cœur des enfants, et distribuent cette première grâce du chef dedans ses membres, qui est la grâce du saint Prélat en l'Eglise, et le divin Clergé.
Cette conduite interrompue depuis longtemps, qui liait
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[I faut donc travailler à secourir cet ordre divin ct ordinaire, cet ordre sacré des saints Prélats qui doit être si cher à tous les prêtres , et duquel tout le bien du diocèse dépend visiblement, ct après quoi il semble que Jésus- Curisr attende à répandre pleinement les grâces dans l'Eglise, n'y ayant introduit les extraordinaires, qu'en attendant que ces ordres premiers avec leurs dépendances fussent mis en état de s'en pouvoir servir util@ment; ce qui ne sera point jusques à ce que le chef ait ses membres liés avec lui, qui fassent ensemble un corps parfait et plein de vie capable d'opérer en toute l'étendue de ses obligations, qu'il ne peut accomplir, s'il n'a ses Ministres et ses Prêtres unis et dépendants de lui.
Il faut donc maintenant redonner des membres à ces chefs, il faut des ministres à ces rois, des enfants à ces pères, il faut des canaux à ces vives sources de grâce; il faut aux saints Prélats des prêtres, qui recevant la ferveur de leur vie et la vigueur de leur esprit, la répandent après et la distribuent à toute leur dépendance, étant vrai qu'il n'y a que Messeigneurs les Prélats, et la grâce de leur esprit, qui puisse opérer la pureté des âmes, et surtout la sanctification du Clergé, qui n'a rien immédiatement au-dessus de soi, que l'esprit des Evêques, qui naturellement puisse répandre en lui sa grâce et sa vertu.