‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 275 sur 331 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

L'autre moyen plus important cet qui est le fondement solide de la paix des chrétiens, qui a jusques à présent maintenu l'uniformité dans les sociétés chrétiennes, et les institutions régulicres, c'est l'exercice de la mortification de soi-même, et des appétits de la chair, à quoi on s'applique si peu, et sans quoi rien n'est solide dans la religion du clergé et la perfection du sacerdoce, non plus que dans Île christianisme,

A faute de cela, l'on est en trouble continuel avec soi, et avec ses frères, et au contraire en cette mort on trouve sa paix avec Div, avec soi-mème et avec le prochain.

Et ce ccra la grande étude des Directeurs du séminaire de fonder ces sujets dans la mortification de tous les appétits naturels, et les faire aspirer à une mort parfaite à tout le monde, comme au fondement premier du christianisme et de la cléricature. Et quoique le séminaire ne düt être l'école de la mortification, à cause qu'en vérité les chrétiens, avant que d'aspirer à la cléricature, devraient déjà être formés ct établis en cet esprit de mort, selon les termes de saint Paul. Mortui estis, dit-il, en parlant à tous les chrétiens, je vous regarde comme des morts à ce monde, à vousmêmes, au péché: néanmoins, d'autant qu'il faut réparer cette faute commune, ct l'ignorance de ces devoirs, qui doivent être continués toute la vie, il faut solidement établir les sujets du séminaire en ce saint exercice de mortification, et les exhorter assidüment et fréquemment à cette leçon fondamentale de la cléricature et de la prètrise aussi bien que du christianisme: ÆExistimate ergo vos mortuos peccato, regardez-vous comme morts à la chair, vivants en Jésus-Curisr à Dreu, Et cette grâce de mort universelle nous cest donnée par le Baptème, par l'Esprit de Notre-Scigneur qui nous veut configurer à sa mort, selon le langage de l'Apôtre, et nous donner la grâce de mortifier en nous la vie de la chair, laquelle, se renouvelant tous les jours en ses mauvais désirs, doit être incessamment crucifiée, pour faire régner en nous la vie de Jésus-Curisr, mortificationem Domini in corpore nostro circumferentes, ut vita JESU mani-

Jestetur in nobis, ete. Saint Paul ne nous oblige pas seulement à crucifier en nous les vices, mais même la convoi tise qui les fait naître, crucifigentes veterem hominem cum vitiis et concupiscentiis, désirant ensuite que nous demeurions ensevelis avec Jésus-Crrisr en sa mort, consepulti cum Christo per baptismum in mortem; ne nous souciant non plus de cette créature grossière et de la recherche de nos sens que Îles corps morts, afin qu'étant ainsi séparés en esprit de toutes choses, rien de ce monde présent, qui est le sujet de nos troubles ordinaires, n'interrompe la paix ct le repos si nécessaire au culte et au service de Dieu, et à l'accroissement de sa vie, en laquelle les clercs et les prètres, aussi bien que les vrais chrétiens, doivent profiter et avancer, sans être obligés, comme dit saint Paul, à s'appliquer tous les jours de nouveau à jeter des fondements de pénitence qui doit une fois être faite, ct, comme Jrisus- Curisr une fois mort ne meurt plus, aller toujours croissant et avançant en la vie divine.

Jisus-Cnrisr Notre-Scigneur à donné le premier coup de mort à la vie du péché par la vie du Baptème, nous laissant à continuer ce qu'il a commencé, à savoir, de retrancher en nous continuellement les germes du péché qui est bien mort en soi, mais non pas en ses suites.

Le Fils de Div s'est contenté d'avoir tué le père de sa propre main, réservant d'en étouffer les rejetons par les nôtres en son esprit, nous animant de sa vertu, ct de son zèle contre ses ennemis que nous portons en nous,

C'est à quoi l'on doit beaucoup exhorter les sujets du séminaire, et leur renouveler cctte obligation continuellement, leur faisant toujours ouvrir les yeux à la malignité de leurs désirs, pour les mortifier ct Îles tenir ensevelis en un esprit de mort, comme leur profession le demande ct leur habit le montre.

L'habit de mort que l'Eglise nous montre par la soutane, qui est le fondement pour être revètus du surplis, nous apptend que la mort à nous-mêmes doit être présupposée à l'excellence et à la sainteté de la vie cléricale, repré: sentée par la blancheur du surplis: ainsi fondant le sémi naire en cet esprit et cet Ctat de mort, les sui quièteront guère de leurs habits ni de leur 1 n'en feront non plus de cas que ces !

sente des viandes après leur mort, n sensibles qu'aux suaires et aux dr ortua ont les environne. Le royal sacerdoce de us-CH r Notre- Seigneur, qu'il fonda én ses Apôtres, la veille de sa mort, ct

qu'il leur donna, à condition d'en continuer le principales fonctions dans la mémoire de sa mort, fait que les cleres se doivent établir dans des sentiments et des dispositions de

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