Vie Ms. de M. Olier, par M
de Bretonvilliers tu, p. 93,97.
Mission des PP. Tarrisse et Bataille et deMaricRousseau, achevée.
» l'enregistrement des lettres du Roi, lasainte Vierge » a ménagé tous les esprits qui en avaient été si » éloignés autrefois, y voyant en ce temps-là des » difficultés essentielles, sur lesquelles ils ont fer- » mé les yeux (1). » Quelques jours après, on ne put s'empêcher de reconnaître dans la promptitude même avec laquelle cette affaire avait été conclue, une nouvelle marque c'e la protection divine sur le séminaire. Car une personne de très-haute condition étant venue à mourir, cettecommunauté jouit d'un legs qu'elle avait fait en sa faveur, et qui eût été perdu si le Parlement n'avait eu enregistré déjà les lettres patentes (2).
Nous avons vu, dans la première partie de cet ouvrage, que lorsque M. Olier arriva à Vaugirard, en 1642, il n'avait encore aucune connaissance des deux œuvres qu'il avait à accomplir au faubourg Saint-Germain : l'établissement du séminaire, et la réforme de la paroisse de Saint-Sulpice. Ona raconté aussi que pour l'en instruire, la divine Providence avait spécialement choisi trois personnes, qu'elle destinait en outre à l'aider efficacement dans l'exécution : Dom Grégoire Tarrisse, général des Bénédictins de Saint-Maur, le Père Hugues Bataille, procureur de la même congrégation, et Marie Rousseau. Comme Dieu avait attiré ces trois personnes au faubourg Saint-Germain, et les avait unies à M. Olier pour cette fin, il les en sépara, lorsque l'œuvre du séminaire fut accomplie, et que celle de la r&forme de la paroisse eut été comme assurée; montrant par là qu'eiles n'avaient été dans sa main que de simples instruments de sa Providence. Dom Tarrisse et Dom Bataille furent réélus dans leurs charges en 1642, lorsque leur concours était nécessaire à M. Olier, soit pour commencer ces deux œuvres, soit pour les faire triompher des attaques qui leur furent livrées, et de la persécution violente qu'elles eurent à soutenir. Mais le sémi-
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ecclésiastique et par lettres patentes du Roi, le Père Bataille, comme s'il avait achevé sa mission dans le faubourg Saint-Germain, s’en retira aussitôt et n'y parüt plus. La congrégation de Cluni, à laquelle il appartenait primitivement s'étant, après dix ans d'urion, séparée de celle de Saint-Maur, il fut élu le 17 mars 1645, prieur de Saint-Martin-des- Champs à Paris; mais il ne fit qu'y passer, car dès l'année suivante il quitta la réforme et devint prieur deCoincy+.On ne voit pas qu'il ait eu dès lors aucune relation avec le séminaire de Saint-Sulpice, si non lorsqu'après la mort de M. Olier, ilremit aux directeurs de cette maison les écrits qu'il lui avait ordonné de composer, et que jusqu'alors il avait eus en sa garde (1). Le Père Tarrisse continua encore deux ans ses services à M. Olier, et mourut à l'abbaye Saint-Germain le 24 septembre 1648, un an avant qu'on eùt jeté les fondations du bâtiment du séminaire : sa mission pour cette œuvre étant également remplie. Quant à Marie Rousseau, lorsqu'on commença la construction de cet édifice, elle vit s'accomplir la promesse que Dieu lui avait faite longtemps auparavant, de la faire rentrer dans son obscurité première, dès qu'elle aurait accompli sa mission , et de la rendre aussi étrangère à l'œuvre du séminaire que si elle n’y eût jamais eu aucune part. Elle se renferma, en effet, dans la modeste communauté des sœurs de l'instruction chrétienne, qu'elle avait établie, et qu'elle gouverna avec beaucoup de sagesse *. Elle continua jusqu'à la fin, pleine de bonnes œuvres, plena operibus bonis, selon la remarque de M. du Ferrier, et mourut en odeur de
+ Tandem firmatur pacta anno 1634 cluniacensem inter et sammaurcam congregationes unio, quæ tamen post decennium, uiriusque superiorum discessu, rescissa fuit 22 oct. anno 1644 (2). In capitulo gencerali habito 17 martii 1645 in monasterio B. Marie de Caritate, electus est prior S. Martini Parisiensis Hugo Bataille (5). Deinde anno 1646 a rcformatis decessit, factus prior de Coincy (4).
Olier, par M.Nagot. Préface.
* NOTE 11, p.