‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 54 sur 331 · LA MÈRE EUGÉNIE DE FONTAINE · texte numérisé non relu

LA MÈRE EUGÉNIE DE FONTAINE

NOTE 14, p. 97. — M. Olier avait encore à cœur d'attirer sur la communauté l'esprit et la protection du bienheureux Evêque de Genève (3), qu'il honorait depuis sa mort comme son modèle et son protecteur. Vénérant, dans les religieuses de la Visitation, les héritières de ses sentiments et de son esprit, il avait une: particulière confiance en la mère Eugénie de Fontaine, de la rue Saint-Antoine, que saint François de Sales avait lui-même dirigée. Il aimait à la consulter dans les occasions difficiles (4), quoiqu'il fût le conseil de tant d'âmes éminentes ; et une conduite si humble ne put qu'attirer sur ses desseins de nouvelles bénédictions du Ciel. Il paraît qu'elle le consultait à son tour, notamment sur les matières de la grâce, ce qui contribua beaucoup à aigrir les Jansénistes contre elle. « L'auteur de » sa vie, dit le Père d'Avrigny, la peint beaucoup plus au » naturel, que n'a fait l'auteur des imaginaires (Nicole); et celui de l’histoire du Jansénisme. Ce dernier la représente » comme une pélagienne, qui n'aimait et n'estimait que les » Jésuites, un Vincent de Paul, un Olier, un Abelly ct » quelques autres qui ne connaissaient, dit le Père Gerbe- » ron, la grâce du Sauveur que pour la persécuter (5). De la part des novateurs, de pareils reproches sont un éloge au jugement de tous les vrais enfants de l'Église,

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M. OLIER FORME LES CLERCS DU SÉMINAIRE AUX VERTUS ET À LA PERFECTION SACERDOTALES.

La satisfaction qu'éprouvait le serviteur de Dieu en voyant le bâtiment du séminaire élevé, n'était

Vues de M.

Olicr sur la

pas comparable à la joie que lui donnait l'édifice perfection sa-

spirituel qui prenait tous les jours, sous ses yeux et par ses soins, de nouveaux accroissements. Mais avant d'exposer la manière dont il formait ses disciples aux vertus sacerdotales, il est à propos de faire connaître quelle idée il avait conçue de la perfection à laquelle tout ecclésiastique doit s'efforcer de parvenir; et afin d'exposer ici ses vrais sentiments sur une matière si sujette à illusion, nous rapporterons les paroles de M. Tronson, son fidèle interprète. « Quand on dit à un ecclésiastique qu'il »doit être pour le moins aussi mortifié, aussi » humble, aussi modeste, aussi fervent que le sont » les religieux, ce n'est pas qu'on aït dessein d'en » faire un religieux ; mais on prétend en faire un » ecclésiastique tel que saint Augustin en a désiré » dans son clergé, tel que l'Eglise en a demandé » dans tous les siècles, et tel que notretrès-honoré » fondateur M. Olier a prétendu en former dans le » séminaire et dans la communauté de Saint-Sul- » pice. Vous pouvez voir, dans son livre des saints » Ordres, quels ont été ses sentiments sur ce sujet. » Pour moi, je lui en ai ouï parler cent fois durant » sa vie. Il nous disait que les ecclésiastiques étaient » mis dans l'Eglise pour servir de modèles de sain- » teté à toute sorte de conditions; qu'ils devaient

ccrdotalc.

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» par conséquent posséder les grâces et les vertus » de tous les états, lesquelles devaient être en eux » si achevées et si parfaites, que les religieux, aussi » bien que les gens du monde, y pussent remarquer » tout ce qui est nécessaire à leur perfection. Que » si dans le monde on disait des prêtres plusretirés, » qu'ils vivent comme des religieux, ce n'était que » par un effet de la corruption du siècle, qui même » ne venait que de celle du clergé; parce qu'il fallait » plutôt dire, pour parler le langage des Saints, » que ce sont les religieux qui vivent comme les » prêtres, puisqu'il est de l'obligation essentielle et » primitive des prêtres de vivre de la sorte, et » qu'il est du devoir indispensable des religieux » d'imiter les saints prêtres, de suivre leurs vestiges

(1) Lett, de M » et de se sanctifier en pratiquant les règles de per-

Tronson, t. x, » fection qui ont été premièrement données pour le

1°" juin, 1617,p. » clergé (1). »

t D'après ces principes, M. Olier, convaincu qu'il M. Olier €- n€ devait pas y avoir dans l'Eglise de noviciat plus

prouvait les fervent ni plus saint qu'un séminaire, ne recevait sujets avant pas indistinctement dans le sien tous ceux qui se

delesrecevoir Lrésentaient pour y être admis. Il les soumettait au séminaire.

(2 Lett. aut. auparavant à une épreuve, les obligeant à venir conde M. Olier, p. férer avec lui, afin qu'il pût connaître leurs dispodames in. Sitions intérieures (2). Il examinait surtout s'ils ne ge, liv.i,n.9,p. Se portaient pas à l'état ecclésiastique pour acqut-

Le rir ou pour conserver des bénéfices; et l'épreuve était plus ou moins longue jusqu'à ce qu'il eût éclairci ce point important. Ce fut le motif qui lui » s'ass fit différer cinq ou six mois l'admission de M.Charles » et le de Lantages, dont nous aurons plusieurs fois occa- »deq

(3) Généalogies sion de parler. Celui-ci, s'étant rendu à Paris pour » puis Lt Maitre 6 y faire ses études de théologie, vint par hasard au » D' 1670,p.156, Séminaire visiter M. de Poussé son parent (3), età » faut

peine eut-il connu la vertu de ces fervents sémina- » de l ristes, qu'il désira d'être reçu lui-même dans leur » d'ave société. Mais il possédait depuis Idngtemps un bé- » mon néfice. M.Olier, craignant qu'il n'y eût dans ses vues » piqu

es vertus re en eux UX, AUSSI marquer ion. Que isretirés, 'était que jui mème u'il fallait >s Saints, mme les entielle et sorte, et religieux "s vestiges les de peres pour le

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