‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 331 · Lugduni, 1683, p · texte numérisé non relu

Lugduni, 1683, p

(3)Divers écrits spirit. de M. Olier, t. 1, p. 44.

Finis et scopus Familiæ, n.7.

(4)Vie de saint Vincent par Collet,t.1, p. 327.

(1)Hist. de Fdnelon, par M. le card. de Rausset, tn, lv,1, pe 27,

(2)OEuvres de F'énelon, corresp., t, v, lett.

44,1706,22mars à M.Leschassier,

Premicrs fruits du séminaire de Saint-

Sulpice.

remplir, de l'expérience que donnent l'âge et la connaissance desaffaires et des hommes ; enfin, d'un concours de circonstances qu'il n'est pas toujours possible de faire naître ou de prévoir (1). Obligés donc par devoir à donner aux élèves du sanctuaire, les premières notions et comme la clef des sciences ecclésiastiques, les prêtres de Saint-Sulpice ont toujours cru qu'ils s'éloigneraient tout-à-fait des vues de leur pieux fondateur et de leur vocation, en s'appliquant à former de brillants docteurs, plutôt que de saints pasteurs des âmes.

Telle fut aussi la conviction profonde et parfaite des hommes les plus sages et les plus éclairés, qui, dès les premiers temps, reçurent leur éducation au séminaire de Saint-Sulpice. L'un d'eux, le célèbre archevèque du Cambrai, ne craignait pas d'écrire au troisième successeur de M. Olier, ces paroles bien dignes de remarque dans la bouche de Fénelon : Si le goût de l'esprit et de la science éclatante s'introduisait insensiblement dans Saint-Sulpice, l'ouvrage de M. Olier et de M. Tronson ne subsisterait plus (2). Il fallait donc, pour conserver et pour continuer cet ouvrage, dont le but est de former de saints prêtres, il fallait, non des docteurs remarquables par l'éclat de la science , mais des hommes qui, épris de cette science des saints dont parlel'Ecriture,eussent perdu toute attache à la science humaine, c'est-à-dire, n'usassent plus de celle-ci que comme d'un simple moyen pour porter les âmes à Dreu et les unir à lui, des hommes qui, par une vie retirée, modeste, soumise, désintéressée, chaste, douce, fussent propres à gagner les ecclésiastiques, à les détacher des vanités du siècle, et à les faire entrer dans lechemin de la perfection.

De tels hommes, que la Providence associa en effet à M. Olier, servirent plus utilement l'Eglise, en lui formant de bons prêtres dans le silence de la retraite et sans bruit, qu'ils n'auraient jamais pu le faire ailleurs par tout autre genre de ministère,

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quelque éclatant qu'il eût été. Les prêtres ainsi formés par eux portérent partout la bonne odeur de Jésus-Curisr ; et ce fut même la gfande édification répandue par l'éclat de leur vertu qui fit, dès ces premiers temps, la réputation du séminaire de Saint-Sulpice dans tout le Royaume. Il fallait que leur ferveur eût, en effet, quelque chose de bien frappant, pour mériter ce bel éloge qu'en faisait, peu après la mort de M. Olier, M. Godeau, évêque de Vence. « Je ne puis oublier la communauté et » le séminaire que feu M. Olier, curé de Saint-Sul-

‘ » pice, homme d'une éminente piété, à qui Dieu

» avait donné beaucoup de lumières, établit dans » sa paroisse, aussitôt qu'il en eut la conduite. Le » bâtiment extérieur est très-magnifique; mais le » bâtiment intérieur, je veux dire, le gouvernement » des ecclésiastiques est beaucoup plus digne de » louanges : et au lieu que les apôtres disaient au » Fils de Dreu, (en lui montrant la structure du » Temple): Voyez quelles pierres! Vide quales la- » pides ! On pourrait dire avec raison : Voyez quels » hommes se forment dans cette maison! Videte » quales homines ! (1)» Un autre évèque contemporain, non moins recommandable, ni moins digne de foi, Abelly, dans sa Vie de saint Vincent de Paul, dit pareïillement : « M. l'abbé Olier jeta les fonde- » ments de ce grand séminaire, qui a servi et sert » encore tous les jours à former tant de bons ecclé- » siastiques de toute sorte de condition, dont plu- » sieurs se répandent dans les provinces pour y » communiquer, augrand avantage de l'Eglise, les » grâces et les bénédictions qu'ils ont puisées dans » ce Saint lieu (2). »

Quoique le séminaire de Saint-Sulpice ait été établi de Dieu pour former de saints ecclésiastiques, ce n'est pas à dire, sans doute, qu'il n’en sorte que des prêtres parfaits. Il doit en être de cette maison comme de l'Eglise en général, où le bon grain, quoique jeté le mème partout, produit intgalement des

(1) Traité des siminaires par M. Godeau 1660, in-19, p. {1.

(2) Liv. 1, ch.

XxXxU, inédit.

Le séminaire image du champ de l'Evangile où le grain produit inégalement,

(DMém.part., au, 1644,

Le séminaire de S.-Sulpice établi pour servir de modèle aux autres séminai-

res, * NOTE 1, p.

ôb,

fruits, selon la disposition particulière du terrain où il tombe. C'est ce que, dès les premierstemps, la très-sainte Vierge signifia en figure à Marie Rousseau, en lui montrant une grande quantité de petits oiseaux, qui se jouaient sur le bord d'une pièce d'eau fort étendue. Les uns se plongeaient dans ces eaux, et semblaient s'y perdre; d'autres s'y baignaient la tête; ceux-cien buvaientquelquesgouttes, et ceux-là en faisaient découler avec leurs têtes sur leurs dos. « Je recevais un très-grand contente- » ment, rapportait-elle, de voir ces oiseaux qui se » baignaient ainsi et chantaient leur petit ramage, » et d'entendre le bruit de ces eaux; et voyant cela » je demandai à la sainte Vierge ce qu'il signifiait. » Alors j'appris que ces oiseaux étaient la figure des » jeunes hommes qui viendront ; et ces eaux l'image » du Saint-Esprit. Que les uns boiront à longs » traits de ces eaux célestes; lesautress'y laveront; » d'autres en prendront fort peu; d'autres enfin jet- » teront les grâces derrière eux (1).» Plaise à Dieu que cette grave et sérieuse figure, applicable du reste à la plupart des communautés nombreuses, et qu'une triste expérience, suite malheureuse de la faiblesse et de l'inconstance humaines, n'a justi— fite que trop souvent, contribue à inspirer à tous ceux que la divine Providence conduit au séminaire de Saint-Sulpice, une sainte ardeur pour mettre à profit tous les moyens de sanctification qui leur sont offerts, afin que chacun d'eux parvienne à devenir un prêtre parfait. La fidélité à ces moyens, c'est-à-dire aux règlements essentiels du séminaire, est la condition nécessaire et infaillible d'une digne réception du sacerdoce ; car ils ont été déterminés et ordonnés de Dieu pour cette fin.

S'il a daigné les prescrire pour la conduite de cette maison, établie la première en France sur ce plan”, c'est, dans la pensée de M.Olier, qu'elle devait servir ailleurs de modèlepour la composition de ces noviciats du sacerdoce et leur organisation; et qu'en

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donnant la forme à celui-là, il la donnait à tous les autres(1). « Maintenant que Dieu va nous établir sur » la paroisse de Saint-Sulpice, écrivait-il avant d'a- » voirquitté Vaugirard, i/nous montre qu'il veut for- » mer dans ce lieu un modèle de séminaire pour tous les » autres diocèses et Royaumes (2).» L'auteur de la Vie de M. de Savignac, connu à Limoges pour sa noble générosité, comme s'il eùt appris ces paroles du serviteur de Drev, écrivait vers la fin du XVII:siècle : « Que le séminaire de Saint-Sulpice était le parfait modèle, non seulement des séminaires qu'on avait depuis établis, maisencore de ceux qu'on établirait dans la suite des temps (3); » et cette assertion, quelque étonnante qu'elle paraisse, se trouve aujourd'hui justifiée par les faits de la manière la plus incontestable, comme nous le verrons dans la suite de cette troisième partie. Il est vrai que déjà au siècle précédent Dieu avait suscité saint Charles Borromée pour commencer en Italie l'œuvre desséminaires. Mais comme dans l'ordre ordinaire de sa Providence, il n'agit que peu à peu,et conduit par degrés ses œuvres à leur perfection, il voulut que ce premier essai ne fût encore qu'une sorte de prélude ou d'ébauche de ce qu'il avait résolu d'achever par M. Olier. Sans déroger ici au respect dû à l'œuvre de saint Charles, ni à la sagesse de ce grand Archevêque, nous devons reconnaître que ses règlements pour la conduite intérieure de toutes ses maisons cléricales, sont plus propres à de jeunes écoliers, qu'il faut maintenir dans le devoir par une vigilance continuelle *, qu'à des élèves du sanctuaire, qui, déjà engagés dans les saints ordres, ou se dis-posant à les recevoir prochainement, cherchent d'eux-mêmes à se pénétrer de l'excellence et de la sainteté de l'état sacerdotal, et à s'exercer aux vertus qu'il suppose, ce qui est la fin principale des grands séminaires proprement dits. Aussi est-il à remarquer qu'au temps de M. Olier, quoique les réglements de saint Charles, rapportés dans les

(1)Mém.part., an, 1642,

(2) Mém. aut.

de M.Olier,t.u, p. 330,

(3)Vie de M. de Savignac, p. 59.

* NOTE 2, p.

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Le séminaire établi pour inspirer la vénération et l'obéissance dues au pape et aux évéêques.

(1)Divers écrits spirit. de M. Olier, t. 1, p. 83,

IM. Olier regardait le Pape comme le vraisupérieur du séminaire de Saint-Sulpice.

actes de l'Eglise de Milan, fussent connus de tout l'Episcopat, les évèques de France étaient encore à la recherche de la forme qu'il convenait de donner à ces noviciats du sacerdoce, pour les rendre vraiment utiles à l'Eglise. Comme Dieu voulait donc se servir de M. Olier, afin de les éclairer et de les fixer d'une manière définitive sur un point si important, il leur offrit dans la formation du séminaire de Saint- Sulpice, récemment transferé de Vaugirard à Paris, un modèle pour tous les autres diocèses et royaumes, comme nous le verrons plus en détail dans la suite de cette Vie.

Une autre fin principale de l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice fut d'imprimer dans les cœurs de tous les clercs qu'on y formerait les sentiments de véntration profonde et de soumission parfaite que les chrétiens, surtout les prêtres, doivent au souverain Pontife et aux évêques : sentiments que les hérésies du siècle précédent avaient notablement affaiblis dans plusieurs. On dirait même que cette maison, à en juger par ce que M. Olier en écrivait, n’eût été établie que pour cette seule fin : « Le séminaire de Saint-Sulpice, dit-il, » est un lieu préparé pour y donner l'esprit de res- » pect, d'amour,et de servitude envers tout le clergé » del’Eglise, dont la souveraineté réside dans la per- » sonne du successeur de saint Pierre, et (avec pro- » portion) dans Messeigneurs les Prélats(1). » C'est que, conformément aux vrais principes de la foi, M. Olier voulait qu'on véntrât dans leurs personnes celle même de JÉsus-CHrisr, opérant, quoique diversément, par le Pape et par les évèques ; et qu'il regardait cette disposition de foi comme une condition absolument nécessaire dans les prêtres et les clercs pour le digne et parfait exercice du ministère qu'ils avaient à remplir.

Quant au Souverain Pontife, voici quelques-uns des motifs qu'il proposait à ses disciples pour lcur inspirer ces sentiments. Déjà nous avons vu

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