IX. Cette conservation étonnante confirme ce que
Conservation M. Olier rapporte, que la très-sainte Vierge, non providentielle contente d'avoir appris à la vénérable Mère Agnès
du séminaire qu'il était destiné à jeter les premiers fondements
de S-Sulpiee es séminaires du royaume de France, lui it
jusqu'à cejour L y 4 ? appri plus tard à lui-mêne, et lui donna l'assurance
(1) Mém. aut, qu'ellé veillérait par sa puissante protection sur
de. OUer, an. Celui de Saint-Sulpice comme sur son ouvrage(1).
Ilest, en effet, bien remarquable que ce séminaire se
soit relevé comme il l'a fait après une première et
| une seconde destruction; qu'il subsiste encore le même, et n'ait cessé, depuis son origine, de rendre
toujours à l'Eglise les services qui sont l’objet pro-
pre de sa vocation.
Cette promesse de conservation faite à M. Olier devient plus frappante encore, si l'on considère qu'au temps-où elle lui fut donnée, il y avait à Paris des communautés nombreuses, célèbres'et puissantes, qui toutes ont disparu. L'abbaye Saint-Germain elle mème, presqu'aussi ancienne que la mo-
- narchie, a cessé d'être; tandis que le séminaire de :. 4 Saint-Sulpice reste encore debout. Bien plus, les ES. bâtiments élevés par M. Olier pour cette commu- ” nauté, ayant été démolis au commencement de ce siècle par l’autoritécivile, pour des raisons d'utilité publique, la bienveillance de cette même autorité les a relevés à grands frais, presque sur le même $ sol, et a même donné à l'œuvre de M. Olier une 24 existence légale qu'elle n'avait plus depuis la sup- Fr pression générale des communautés en France. Ne
dS Jnténh semble-t-il pas que s° puissante et fidèle proteccap, vu, v,15.— tricé, à qui les saints docteurs, ou plutôt l'Eglise, | Breviar.Rom. in n’appliquent pas vainement ces paroles de l'Ecri- À
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esto ss. nominis ‘ è :
(Ya Let À, ture : par moi les rois commandent, et Les législateurs
et alibi pluries. ordonnent ce qui est juste (2), s'est comme cachée sous ce * oile pour justifier ses promesses et réaliser ses desseins ? ?
+ Ce fut même ce qu'on exprima assez énergiquement, quoique sans dessein, sur l’une des médailles posées au nom
> que , non Agnès ments ipprit rance n sur ge(1).
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Olier sidère Paris puis- -Gera MOire de is, les de ce tilité torité
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Nous avons dit que la fin principale de l'Oratoire, en France, aurait dû être, ainsi que Paul V l'avait déclaré dans sa Bulle d'Institution, de former les ecclésiastiques, non pas tant à la science qu'au digne usage-qu'ils avaient à faire de la science, pour sanctifier les âmes et se sanctifier eux-mêmes ; comme aussi de leur communiquer les vertus propres de l'état sacerdotal (1). Le séminaire de Saint-Sulpice ayant donc été destiné à remplir en France la vocation de l'Oratoirc, ne pouvait pas avoir pour fin directe de former de brillants docteurs. Au XVII: siècle, l'Eglise de France ne manquait pas d'ecclèsiastiques savants; mais elle se voyait dans une extrème nécessité de prêtres vraiment animés de l'esprit sacerdotal, qui rallumassent parmi les docteurs euxmêmes le feu éteint de la piété ; et en donnant naissance au séminaire de Saint-Sulpice, Dieu voulut pourvoir à cette nécessité, comme:il le fit connaître à M. Olier, avant même qu'il eût quitté Vaugirard. « La seconde voie que la majesté divine me montre » pour ranimer la piété chrétienne, quiest la sanc- » tification des docteurs et des prêtres, écrivait-il, » sera d'aller porter les maximes du christianisme » jusques dans la Sorbonne, par le moyen des jeunes » ecclésiastiques qui demeurent ici, et à qui DrEu » donnera tout le zèle nécessaire à ce sujet. Il me » semble-donc que Dieu veut qu'on renouvelle le » christianisme par la voie des docteurs, et que si
du chef de l'état, par le ministre de l'intérieur, dans les fondations du nouveau séminaire de Saint-Sulpice, le 20 novembre 1820. On‘y voit avec la figure de Marie cette inscription imitée de saint Paul, que M. Olier avait mise sur les médailles de fondation du premier édifice : Toute construction élevée par elle, avec elle et en elle, devient un temple consacré ‘au Seigneur (2. Quelques personnes, il est vrai, avaient pensé d'abord que cette inscription était d'une spiritualité trop recherchée pour notre siècle. Elle fut néanmoins agréée sans contestation, par respect pour M. Olier; et il eût d'ailleurs été difficile d'exprimer d'une manière plus heureuse et plus exacte, par quelqu'autre inscription allégorique, l'influence constante de Maric sur cette maison.
Le séminaire établi pour rallumer là piété parmi les
docteurs.
(1) Bulle d'institution. Vie du cardinal de Bérulle, par Cloyseault, p. 5#.
(2) Hôtel de la monnaie, Musée, 20 nov. 18206.
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(1) Mém. aut.
de M.Olier, t. u, p. 259, 260. — Vie de M. Olier, parM. de Bretonvilliers, ©, 11, p,
(2) Mém. aut., tu, p. 322,
Le séminaire établi pour former de saints prêtres.
(3) Esprit de AT. Olier, t, im, p. 587,
(4) Esprit de M. Olier, t. 1, p. 595. — Mém.
de M. Baudrand p. 56, 57,
(5) Leit. aut.
de M. Olier, p.
» trois personnes soutenaient les vérités chrétiennes » dans l'école, le reste des docteurs prendrait plai- » sir à les étudier et ensuite à les prêcher partout, » pour l'honneur de JÉsus-Curisr et la gloire de » son Père. J'ai la confiance que lés maximes de la » perfection chrétienne seront un jour entendues » et reçues en Sorbonne(1). Mon précepteur, qui » actuellement y enseigne, et qui est un homme de » bien, aidera à soutenir nos jeunes Messieurs, qui » en feront une profession ouverte. Ils seront, s'il » plaît à Dieu, d'autant plus écoutés dans l'école, » que leur humilité, leur piété et leur religion y » prècheront plus hautement que leursdisputes(2).» Nous dirons bientôt comment la bonté divine accomplit ces vues qu'elle donnait ainsi à son serviteur.
Toutefois, si M. Olier parle de la sorte, ce n'est pas qu'il eût jamais voulu favoriser l'ignorance des prêtres, si rigoureusement condamnée dans l'Ecriture. Au contraire, ilavait coutume de dire qu'un ecclésiastique sans science ne pouvait jamais faire de grands biens dans l'Eglise (3); et afin d'inspirer plus efficacement l'amour de l'étude, il établit au séminaire des répétitions de théologie pour ceux qui suivaient les cours de Sorbonne, et pour tous les autres séminaristes une chaire occupée par un docteur, chargé aussi de leur faire des répétitions. Il établit encore un exercice public chaque semaine : c'était une thèse soutenue alternativement par ceux qui allaient en Sorbonne, et par ceux qui prenaient leurs leçons dans la maison (4). Aussi le trouvait-on toujours prêt à fournir toutes sortes de secours aux sujets pauvres qui montraient des dispositions pour les sciences ecclésiastiques : «ll me semble, écrivait-il, que ceux qui pro- » mettent beaucoup, soit pour la piété, soit pour l’es- » prit, doivent être préférés (5). » Mais sachant que son séminaire devait avoir pour fin principale la formation de saints prêtres, il voulut qu'avant tout on y exerçât les séminaristes aux vertus intérieures,
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surtout à l'amour et à la pratique de l'oraison, qui en est la source et la vie +. Si l'on considère la conduite des apôtres eux-mêmes, se déchargeant d'une partie des soins du ministère extérieur pour vaquer à la prière (1), et l'autorité de saint Charles assurant que le séjour dans les séminaires deviendrait comme inutile à tous ceux qui n'y auraient pas puisé l'amour et la pratique de ce saint exercice(2)++t, on ne sera pas étonné que M. Olier ait prescrit à ses séminaristes une heure d'oraison mentale par jour, et qu'il ait voulu qu'au séminaire on donnât à la piété la prééminence sur la science ++. C'est, par la miséricorde de Dieu, la ligne que ses successeurs ont constamment tenue jusqu'à ce jour. La société de Saint-Sulpice s'est attachée à donner à ses jeunes élèves le goût et l'habitude des études sérieuses, à établir dans leur espritles fondements de tout le système des sciences ecclésiastiques; mais elle a toujours pensé qu un développement plus approfondi de ces connaissances déjà fort multipliées, dépendait principalement des qualités naturelles plus ou moins heureuses , des fonctions et des places que les jeunes prêtres formés au séminaire seraient appelés à
+ « Potissimè autem incumbet societas tradendis et promo- » vendis virtutibus tum christianis, tum clericalibus, præci- » puè vero orationi mentali, quæ fons est ct vita virtutum, » cujus ope unicâ erunt perfecti, sicut corum Pater cœlestis » perfectus est (3). »
tt Quod ad orationem cejusque rationem spectat, studeat quam diligentissime in co quibuscumque rebus poterit clericos juvare et quibusdam regulis instruere; cogitctque parum ad modum profecturos seminariiclericos in spirituali progressu maximisque fructibus privatosiri, si vel nullâ, velnonrectà ratione orent, Quamobrem maximos atque uberrimos, qui ex oratione, præsertim mentali existunt fructus, sœpiusillis proponat, omnique rationc ad illius studium et amorem inflammare nitatur, Acta Eccl, Med. ibid.
tft Dans l'institution des séminaires, saint Vincent de Paul donnait pareillement la préférence à la piété sur la science (4).
(1) Act., chap.
(2) Acta eccles.
Mediolan. Part.
v. Institut. semin., part, 1, cap. IV, t. 1, p.