‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 64 sur 331 · ASSIDUITÉ À L'ORAISON · texte numérisé non relu

ASSIDUITÉ À L'ORAISON

dans une communauté, convaincu d'ailleurs de l'utilité de la méthode, dont on ne se dispense que trop aisément, il pria celui des directeurs qui expliquait cette méthode à la communauté de parler nettement, non pas contre cet ecclésiastique dont la vertu lui était en singulière vénération, mais contre les avis qu'il donnait: ce que l'autre exécuta ponctuellement, montrant le péril que couraient et ceux qui avançaient ces maximes et ceux qui les écoutaient (1).

Ce n'est pas néanmoins que M. Olier voulùt astreindre chacun, sans distinction, à suivre la même marche dans l'oraison, au mépris des attraits qui viennent de Dieu. Il recommandait, au contraire, de les découvrir au directeur et de les suivre fidèlement lorsqu'il les avait approuvés. Mais, dans ce cas même, il avertissait de préparer toujours le sujet de l'oraison et de s'y rendre attentif autant qu'on pourrait, afin de se précautionner contre les illusions du démon ou celles de l'amour-propre. Ce

M fut ce qu'il écrivit à la mère de Bressand: « Tout ce

» que vous avez à observer dans cette voie, lui dit- » il, est de continuer la préparation du sujet de : votre oraison qu'il faut prévoir toujours aupa- » ravant, sans néanmoins faire aucune violence à l'Esprit-Saint, pendant le temps que vous y êtes.

Ainsi, lorsqu'on lit le sujet de la méditation, tâchez de vous y rendre attentive ; et, quoique * pour lors vous ne vous y sentiez nullement atta-

» chée, il faut vous faire violence pour résister à |’ quelque autre attrait qui vous porterait ailleurs. 2: Il faut vous la faire,

parce que la règle du monastère, qui porte qu'on lira et préparera le sujet de la méditation, est une marque plus assurée de la volonté de Dieu que tout autre » attrait ; et en la suivant, on marche en assurance, » ctant à couvert de toute illusion. Mais lorsque ‘ vous aurez ainsi préparé votre sujet, ne faites ‘aucun effort pour vous en occuper ; suivez en

(1) Lettres deM, Tronson, t, vu, Lyon, p. 1417, 6 juillet.

(1) Vie de la mère de Bressand, par la mère Guérin, in-12, 1676, p.

M. Olier établit l'examen particulier.En quoi consiste cet exercice.

(2)Mém. de M.

Baudrand,p.40.

+ NOTE 2, p.

136 PARTIE Ill. LIVRE 111. — 1649 et suiv.

simplicité l'attrait que Dieu vous donnera, sans

vous en écarter aucunement sous prétexte de

reprendre votre sujet; ainsi, vous satisferez à ce

que vous devrez et ne ferez point de violence au

Saint-Esprit (1). »

Un autre moyen que M. Olier recommandait à ses disciples, pour vivre de la vie de Notre-Sei-

gneur, c'était l'étude assidue des actions de ce divin à Maître rapportées dans l'Evangile, et des enti- |

ments intérieurs dont il les avait accompagnées. Il établit, dans ce dessein, l'exercice connu depuis. dans la plupart des séminaires, sous le nom d'Examen particulier, et qui n'est, à proprement parler, que l'étude de Notre-Seigneur. On écoute d’abort ses divins enseignements dans l'Evangile, dont on lit un chapitre à genoux et tête nue; on considère ensuite quelqu'une de ses actions ou de ses vertus. et enfin, chacun rentrant en soi-même, examine quelles ont été ses propres dispositions en faisant hi même action, en pratiquant la même vertu; et cet exercice s'appelle Examen particulier. On a composé, pour en faciliter la pratique, un ouvrage trèsconnu, qui contient des formules dont le fond appertient à M. Olier; M. de Poussé y travaill aussi, mais principalement M. Tronson (2), qui les mit en meilleur ordre, leur donna plus de dévelop-

pement, et ajouta une multitude de citations de k

l'Ecriture, des saints Pères et des Conciles'. « Notre-Seigneur, dit M. Olier, désire que nous le prenions pour maître, de la part du Père cternel. qui lui a enseigné de toute éternité ce qu'il doit nous apprendre: {psum audite. C'est par sa bouche qu'il nous parle maintenant. Je vous ai découvert, dit le Fils de Dieu, tout ce que j'ai oui de mon Père, pour vous être révélé en son nom Notre-Seigneur veut mème que tous les ours, en la lecture qui se fera d’un chapitre du nouveau Testament, on apprenne quelque maxime de sa bouche et qu'on vive, au fond de son âme,

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