‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 63 sur 331 · DIVOTION AU TRÈS-SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

DIVOTION AU TRÈS-SAINT SACREMENT

, cher Monsieur, oublions-nous nous-mêmes, » n'en parlons jamais, et n'en remplissons point » les esprits et les cœurs qui sont créés pour » Dieu (1). »

Non-seulement il n'entretenait jamais personne du bien que Dieu opérait par lui, mais si l'on venait à parler à son avantage, il disait sur le champ quelque chose pour élever les esprits à Dieu, ou il détournait le discours de quelque autre manière (2). Loin de prendre le moindre plaisir à ces louanges. il en ressentait au contraire une vive douleur et une tristesse accablante, en sortequ'elles paraissaient être pour lui un vrai supplice. Un jour. rencontrant un courtisan qui le louait chez une personne de très-grande considération, il sentait des tourments si violents qu'il ne pouvait les supporter, et qu'il lui semblait être dans une sorte d'enfer (5). Depuis qu'il avait fait vœu de servitude envers les chrétiens, il ne pouvait souffrir, en effet, qu'on lui donnât des marques d'honneur incompatibles avec cette condition. Un jour une personne, parlant de lui, l'appelait simplement Monsieur, comme on a l'habitude d'en user dans une maison, en désignant celui qui en est le maître: M. Olier. ayant entendu ce discours, dit à haute voix : « Il » n'y a point ici d'autre maître que JÉsus-Crrisr : » c'est lui qui est le seul seigneur de la maison: » quant à moi, je n'y occupe que le rang d'un ser- » viteur inutile (4). »

S'il s'efforçait d'enseigner à ses disciples la pratique des vertus chrétiennes par la mortification du jugement et de la volonté, c'était pour établir en eux la vie de Jisus-Crrisr. Il voulait que chacun allât puiser cette vie au très-saint Sacrement de l'autel, et considéràt ce mystère adorable comme la source continuelle d'où elle se répand dans les ames. « Tous croiront d'une foi ferme, dit-il, que > le dessein de Jisus-Carisr vivant dans l'Eucha- » ristie est de nous communiquer sa vie et ses

(1)Esprit de M.

Olier, {. in, p.

(2) Ibid. ,p.324.

(3)Ibid.,p.323,

(4)1bid.,p.324.

Dévotion cen-

vers le trèssaint Sacrcment, Assiduité à l'oraison.

oi

Fe RACE PR

2 ap à mms ete:

(1) Pietus seminarii S, Sulpitii, dls. autograp. — Manuel du séminariste, in-12, 1823, t,.

1, pe 308, n. iv :

et miv,

2) Esprit de M. Olier, t, mu, p. 31, 38, etc.

Fidélité à la méthode d'oraison. Préparationdusuijct.

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vertus, comme sont sa religion envers Dev, sa charité pour le prochain, son anéantissement de soi-mème, son opposition perpétuelle au monde et au péché. Chacun demeurera convaincu qu'il ne peut recevoir plus abondamment ces vertus, que par la communication que J'isus-

» Curisr lui en fera au très-saint Sacrement , et il aura recours à ce divin banquet pour avancer

« dans la vie divine (1). »

Après la dévotion au très-saint Sacrement de l'autel, il leur indiquait encore comme moyens l'oraison et l'étude assidue de Notre-Seigneur L'oraison, disait-il, est le supplément de la très: sainte Eucharistie, Notre-Seigneur nous ayant donné l'une et l'autre pour nous unir à lui. Dans l'oraison, nous recevons les mèmes biens que » dans la sainte communion, quoique dans une

proportion inégale: dans l'oraison comme dans

l'Eucharistie, nous adorons Jisus-Cnrisr présent , en sorte qu'il h'y aurait, ce semble, qu comme un rideau à tirer pour le voir à découvert; dans l'oraison, Jésus-Curisr nourrit l'âme

et la fortifie, il s'unit étroitement à elle, il demeu-

re en elle et elle en lui, il la rend semblable à lui-

même, la dégoûte des choses grossières de la terre, la remplit d'amour pour celles du ciel et la rend terrible au démon (2). »

Mais, pour qu'on ne se privàt pas des fruits d'un si salutaire exercice, M. Olier recommandait qu'on fût fidèle à y suivre la méthode en usage dans la maison ; et il voulait que ceux qui se sentaient attirés à quelque manière d'oraison particulière n en entretinssent pas leurs confrères, «dl in les dégoûter de la méthode accoutun tique, fort éclairé dans les isait quelquefois de ces oraiso ne sujet de ses conversations. M. lier ne «arda pasaen être averti, et jugeant quil était de la dernicre importance de suivre toujours les 11èmes principes

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