‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 66 sur 331 · RESPECT POUR LES SAINTES ÉCRITURES · texte numérisé non relu

RESPECT POUR LES SAINTES ÉCRITURES

» conformément à ce qu'on aura appris. Car c'est » surtout cette vie spirituelle, cette vie cachée, » cette disposition intérieure du çœur, qu'il désire » de nous Jisus-CHrisr doit être seul en nous » vivant et régnant, pour y servir et y glorifier son » Père. Qu'il plaise à sa bonté et à sa bénignité

(1) Pièces dé-

tachées des Mé-

» d'établir ainsi sa vie dans nos âmes : Solus regnet moires aut. de

» et vivat Jesus in nobis (1). »

Outre les saints Evangiles, M. Olier voulait qu'on vénérât également toute la sainte Bible, ajoutant que tel était l’ordre ‘2 Dreu sur la maison. I] exhortait les clercs du séminaire à la placer dans le lieu le plus honorable de leur chambre. « La sainte » Écriture, disait-il, nourrit intérieurement nos » âmes, Ctant un éiboire sous lequel Dieu a voulu » se cacher pour se donner à nous et nous com- » muniquer ses grâces. Et en effet, autrefois, selon » saint Paulin, on avait dans les saints tabernacles » deux petites armoires à côté l’une de l’autre, dans » l'une desquelles Ctait le très-saint Sacrement, et » dans l’autre les saintes Écritures. L'une conte- » nait le Verbe divin renfermé sous les espèces, » dans le silence majestueux de sa divinité; et » l'autre, le Verbe divin s’expliquant au dehors » et faisant entendre ce qu'il dit en lui-même, mais » s'expliquant à notre mode et à notre façon de » nous énoncer. Car le Verbe de Dieu, c'est-à-dire » ce que Dreu dit en lui, est incompréhensible, » Dreu disant toujours tout ce qu'il est et tout ce » qu'il sait; et cela est immense, infini. Mais, dans » les Écritures, nous ne lisons qu’une petite syllabe » de ce que cette poitrine immense prononce en » elle-même, nous n'y voyons que très-imparfai- » tement les pensées de Dieu. En attendant que » nous entendions cette parole infinie, l'explication > du secret Cternel de Dieu, il faut que nous te- » mons notre esprit respectueusement attentif aux

» paroles révélées, et à la portion de la science:

» divine qu'il manifeste en ses Écritures, les ayant

M. Olier.

Respect pour les saintes Ecritures.

(1) Pièce détachée des Mémoires aut. de M, Olier.

(2) Vie, par le Père Giry, part, 2°, ch. v.

(3) Esprit de M.

O'ier.

Ponctualité à toutes les rubriques et cérémonics de l'Église.

(4) Vie de M. de Lantages , in-8, iv, 1, n. XXU, p. 39.

(b)Attest. aut.

touchantM.Olier p. 175.

(6) Esprit de M. Olier, Lu, p. 597,539,542,

138 PARTIE II. LIVRE II. — 1649 et suiv.

» devant nous comme l'oracle où Dieu nous parle, » comme l'arche et le tabernacle où il veut être « adoré et consulté. On inspirera donc, dans la » maison, l'estime que l'on doit faire de la valeur » et de la sainteté des Écritures, et les sentiments » avec lesquels il faut en approcher (1). »

M. Olier était lui-mème un modéle parfait de ce respect religieux (2). Jamais il ne lisait les saintes Ecritures qu'à genoux et tête nue. Il plaçait toujours sa Bible dans un petit trène qu'il avait fait disposer à ce dessein dans sa chambre; et, soit qu'il y entrât ou qu'il en sortit, il adorait profondément l'Esprit de Dieu résidant dans ce divin livre (5). Par esprit de religion, ilavait fait orner cette Bible avec une magnificence extraordinaire. On la conserve encore au séminaire de Saint - Sulpice. Elle est ornée de reliefs d'argent dont les deux principaux représentent, l'un le Verbe de Dieu, sous l'emblème d'un livre ouvert, adoré par des Chérubins ; l’autre, le mème Verbe de Dieu, sous les voiles de l'Eucharistie, également adoré par les esprits célestes ; et on lit cette inscription, qui exprime la religion du séminaire pour le Verbe de Dieu, considéré dans ses deux états: Par cultus et amor utrique.

M. Olier regardait la vertu de religion comme la vertu propre des clercs, et par conséquent. comme celle qu'il fallait leur inculquer davantage. Non-seulement il voulait qu'ils se portassent avec affection aux actes propres de cette vertu, mais il désirait que tous leurs exercices fussent animés par le motif de la religion, afin d'honorer Dieu en toutes choses (4), selon ces paroles de saint Pierre qu'il leur répétait fréquemment: /n omiibus honorificetur Deus

per Jesum Christum (5). Considérant les cérémo-

nies ecclésiastiques comme des moyens d'honorer Du que l'Eglise elle-même a institués, il voulait que chacun les apprit parfaitement et s'en acquittät avec la plus religieuse exactitude (6). Il est vrai qu'il

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