FRUITS DES LEÇONS DE M, OLIER. — M, BLANLO
la coutume de ce temps ; mais presque toujours il
les composait en les dictant, quoique par humilité,
il tint alors sous ses yeux quelque livre, où l'on pût
croire qu'il prenait ce qu'il enseignait à ses élèves.
Un jour qu'il fut obligé de sortir de classe, pour
répondre à quelques personnes, l'un des étudiants,
curieux de savoir quel etait le livre où chacun
croyait que M. Blanlo prenait sa dictée, profita de
son absence pour le découvrir; mais il fut fort (1) Histoire du
étonné de ne trouver ni cahier, ni rien qui appro-— diocèse de Ba-
chât de la matière de la conférence (1). » yeux, p. 502. A M. Blanlo nous joindrons M. de Poussé, qui XXXVII.
ctait aussi pour tous ses condisciples un modèle M.de Pous-
accompli des dispositions avec lesquelles on doit “ se sanctifie , : ea é Fa par l'étude.
s'appliquer à l'étude. « Pendant huit ans que j'eus
» l'honneur de demeurer avec lui au séminaire, dit
» M. de Lantages, et que je lui donnai un exercice
, incroyable de charité, j'ai vu dans sa personne un
* exemple rare de toutes les vertus. Son attention
à la présence de Dreu dans les actions les plus
. indifférentes, était telle que je prie Notre-Sei-
. gneur de me rendre aussi dévot. en récitant l'Of-
fice divin, que ce saint homme l'était en mar-
. chant dans les rues ou en prenant ses repas. (2) Notice sur . L'étude de la sainte théologie le faisait croître en r + à au
» sagesse, parce qu'il s'y appliquait avec piété (2).» Lantages.
Durant les premières années, il n'étudiait ja-
mais que les genoux en terre (3); et par un (3)Notice, ibid.
effet de sa vénération profonde pour M. Olier, il 2 a sé
apprenait par cœur les sujets d'oraison du servi-
teur de DrEu, et transcrivait ses écrits à genoux.
Aussi avait-il en lui une confiance parfaite, lui ren-
dant compte de son intérieur avec la soumission et
h simplicité d'un enfant. M. Olier, de son côté, le
chérissait, l'estimait et l’honoraït très-particulière-
ment pour ses rares vertus : et afin de le rendre (4) Ibid.
lus utile à l'Église, il voulut qu'il poussât ses XXXIX.
ttudes jusqu'au doctorat (4). Divers écsits M. Olier procura encore la sanctification des de M. Olier.
166 PARTIE II, LIVRE II, — 1649 et suiv.
séminaristes, ou plutôt de tous les ecclésiastiques en général, en composant divers écrits en leur fa- (1) Annie do- veur (1); et par les dispositions saintes qu'il apporue We tait à ce travail, il peut servir de modèle à tous riques, t. 11, p, Ceux qui se livrent à la composition d'ouvrages as-
476, cétiques.
Il était si éloigné de toute attache à ces sortes de productions, qu'il les remettait entre les mains de son directeur, avec la simplicité d'un enfant qui donne ses essais à corriger à son maître. Il lui laissait toute liberté de les déchirer ou de les mettre en cendres, comme la chose du monde la plus vile, tant il en faisait peu de cas: et il les méprisait tellement qu'un jour il prit la résolution de les brüler. Ce qui l'engageait à faire ce sacrifice (si toutefois c'en était un pour lui) c'était la peine qui ressentait à laisser subsister après sa mort quelque chose qu'il avait composé. Mais Dieu permit que son projet füt découvert, au moment où il allaiter venir à l'exécution. Il Ctait occupé à rassembler tous ses manuscrits, pour les jeter au feu, lorsque
M. de Bretonvilliers entrant dans sa chambre, et devinant son dessein, eut assez d'empire sur son esprit pour l'en détourner : et c'est aux représentations qu'il lui fit, que nous sommes redevables de plusieurs des livres spirituels qui portent son nom Comme on ne doutait pas qu'ils ne fussent trèsutiles, on le pressa beaucoup de consentir à leur impression. Son humilité, qui jusqu'alors l'avait rendu fort secret sur ses écrits, souffrit d'abord de
cette demande ;*mais le désir de procurer la gloire de Dixu et d'édifier le prochain, comme aussi la
(2) Ibid. déférence qu'il devait à ses directeurs (2), le fi-
Ps A rent, dans les dernières annces de sa vie, con-
1",ch. xx, descendre aux sollicitations réitérées dont on
usa (5) auprès de lui. Il mit pour condition que ses
en à ouvrages paraitraient sous le voile de l'anonyme.
p. 295. et on le satisfit en ce point; car ce ne fut qu'après
*N LA Le ° L L mL M Pe sa mort qu'ils furent réimprimés sous son nom (4)
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