RÈGLES
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M. OLIER
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» aurait-on plus tôt achevé les dernières parties, La grâce » de Saint-Sulpice est la vie cachée (1), » Il parle ici de la première édition du Forma Cleri qui parut en 1669, en plusieurs volumes petit in-12. Cette publication fut faite sans la participation de l’auteur qui est nommé avec éloge dans les approbations, ct où il porte. non moins qu'au titre de l'ouvrage, ct dans le privilége du Roi, la qualité de Prêtre du séminaire de Saint-Sulpice. Cependant, après la mort de M. Olier, on réimprima sous son nom divers ouvrages; €t l'on en usa encore de la sorte à l'égard de M, Tronson, en faisant même précéder de son portrait le Forma Cleri, conme M. Tronson avait mis celui de M. Olier à la tête des Lettres spirituelles.
RÈGLES ET USAGES DU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPICE DANS LES PREMIERS TEMPS.
NOTE 8, p.174 — On trouve sur ce sujet d'intéressants détails dans le Mémoire de M. Baudrand. En voici quelques passages qui achèveront de faire connaître l'ordre'que l’on suivait au séminaire de Saint-Sulpice, sous M. Olier et ses premicrs SUCCCSSCurs.
«Il n'y a rien d'extraordinaire dans les réglements du séminaire de Saint-Sulpice que l'exactitude avec laquelle on les observe, et qui ne peut être plus grande.
« On s'y lève à quatre heures et demie en été, cet à cinq heures en hiver. On fait ensuite une heure d'oraison en commun. On entend la sainte Messe ; puis ceux qui vont en Sorbonne s'y rendent afin d'y prendre les deux premières leçons qu'on y fait. Pour ceux qui prennent leurs cahiers dans la maison, ils vont dans leurs chambres jusqu'à huit heures et demie, qu’on sonne la classe, qu'ordinairement un docteur de Sorbonne est chargé de faire ; les autres, qui nc vont point en classe, étudient dans leurs chambres.
« Le chant commence à dix heures ct dure jusqu'à onze. On y va par bandes, selon l’ordre qui en est donné par le maitre de chant.
« À onze heures on sonne l'examen particulier, où chacun lit tout bas, à genoux et tète nue, un chapitre du Nouveau- Testament. Ensuite, celui qui préside lit tout haut un des éxamens qui ont été faits par MM. Olier, de Poussé et lronson, et qui sont réduits en forme de méditations.
« À onzc heures un quart on sonne le diner. Il y a un séminariste qui lit à table, et trois qui servent trois jours consécutifs. Le quatrième, le lecteur garde la portele matin ou le soir, Les servants aident à la cuisine pour nettoyer la vaisselle le matin et le soir.
(1) Lett. de M.
Tronson, t. vu,
Lyon, p. 262, 25 avril 1689, p.82,
13 fév. 1678.
1æ NOTES
» Après le diner on fait la récréation en commun. On «n retranche les cabales et amitiés particulières. On ne mont point à Sa chambre sans permission pendant ce temps,
« À une heure on continue le chant jusqu'à deux, et ceux qui sont obligés à l'Office divin vont en réciter Vépres «t Complies, en commun, dans la salle des exercices: les autres. qui ne sont obligés ni à l'Office ni au chant, sc retirent dans leurs chambres.
« À trois heures on fait la conférence des cas de conscience pour ceux qui sont obligés de s’y trouver. Il y d'autres conférences trois fois la semaine pour ceux qu vont en Sorbonne et pour ceux qui prennent des leçons dans la maison.
« Celui qui fait la classe fait ordinairement la répétition à ceux qui prennent leurs leçons sous lui. Pour les autres qui vont en Sorbonne, c'est ordinairement un licencié « un docteur qui leur fait leurs répétitions.
« Toutes les semaines, il y a une thèse que soutiennent alternativement ceux qui vont en Sorbonne ou ceux qu prennent leurs leçons dans la maison.
« À cinq heures on dit le chapelet en commun. Comme ceux qui vont en Sorbonne disent leur chapelet pendant ke chemin. en y allant, ils font leur lecture dans la salle des exercices, chacun en particulier, pendant que les autres disent leur chapelct.
« Tous les jours de dimanches et de fêtes on va à la paroisse, à la grand'Messe et à Vêpres.
« On assiste aussi à Matines les fêtes de Pâques, de h Pentecôte, de la Toussaint. des Morts, de Noël et du Saint Sacrement. On assiste pareillement aux saluts du Saint- Sacrement qui se font les premiers jeudis et les premier dimanches des mois.
« Les fêtes ct dimanches, vingt-cinq ou trente séminaristes sont occupés au catéchisme dans l'église, dans les charniers et dans différents quartiers de la paroisse. Les un font le catéchisme, les autres y assistent pour tenir les enfants dans le silence et dans la modestie requise.
« Toutes les semaines il y a un jour entier de congé en été. On prend le jour le plus beau et l'on va le passer? Issy, où l'on prend ses repas. En hiver on n'a congé qu'une après-dinée, pendant laquelle on va à Issy se promener. { n'y a point d’autresjeünes d'obligation que ceux de l'Église Il y a néanmoins plusieurs séminaristes qui jeûnent par de votion, et qui volontairement, avec la per nission de leurs directeurs, font d'autres pénitences.
« On fait les exercices d'une retraite spirituelle en entrant dans la maison et on les réitère tous les ans ordinafrtment,
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« On y reçoit des laïques et des ecclésiastiques en retraite.
« Les domestiques ont de même leur réglement. Chacun d'eux doit être attaché à son emploi. Ils ont tous les jours l'oraison, la sainte Messe, leurs examens, leurs repas, leurs récréations, leur lecture, leur chapelet, leur service à la cuisine et leur prière du soir ; et toutes les semaines, ilsont le samedi au soir la conférence spirituelle comme les séminaristes.
« Ils ne s'exemptent point de leurs exercices, ils ne sortent point de la maison et n'entrent point dans la chambre les uns des autres ou même des Messieurs sans permission. Ils gardent un silence aussi exact que les séminaristes, qui est universel, hors le temps des récréations.
« Il leur est défendu de demander et même de recevoir de l'argent de qui que ce soit, leurs gages devant leur suffire.
« Il y a quatre directeurs à Saint-Sulpice qui, avec Monsieur le Supérieur, conduisent les séminaristes et ont soin tant du spirituel que du temporel de la maison.
« Un d’entre eux est préposé à tous les exercices du règlement général, comme l'oraison, l'examen, le chapelet, les conférences spirituelles, etc.; il y préside et donne toutes permissions en l'absence de Monsieur le Supérieur, que la multitude et la diversité de ses occupations, tant pour Paris que pour la province, empêche de se trouver régulièrement à tous les exercices. C'est M. le Supérieur qui assigne à chacun son directeur. Il prend connaissance de tout. Il y veille incessamment, et tous les directeurs et les officiers lui doivent rendre un compte exact de ce qui se passe et des inobservations du règlement. Chacun veille sur son emploi particulier, et cette vigilance continuelle et universelle entretient dans la maison un ordre, un silence, une exactitude et un recueillement qui ne le cèdent point aux communautés les plus réformées.
« Cette vigilance assidue n'empêche pas qu'on y remarque une fort grande liberté; car on se fait un point de conscience et d'honneur de son devoir, et comme cn en écarte l'esprit d'enfants et d’écoliers, que la plupart y sont venus volontairement, que ce n'est pas l'empressement pour les ordres qui les y porte, mais le désir de leur propre perfection ; que le gros de la maison est composé de bacheliers, de licenciés et de docteurs qui sont des esprits bien faits et qui même ont vécu plusieurs années dans Je séminaire; c'est une assemblée de personnes d'élite, raisonnables, ferventes, qui ont moins besoin d'éperon pour avancer que de frein pour les modérer.
« Toutes les vertus y sont dans un continuel exercice.
(4) Mém. sur M. Olier et sur le sémin. de S.
Sulpice, p. 56 el suiv.
On y embrasse avec joie les actions les plus humiliantes, comme de balayer dans la maison, de laver et nettoyer la vaisselle, L'obéissance y est prompte, exacte et aveugle, et la plupart y vivent dans une si grande soumission qu'ils sont disposés à partir pour les séminaires de province, pour le Canada ou pour la Chine, au moindre ordre qu'on voudrait leur en donner, et sans avoir d'autre dessein que d'y servir dans les moindres emplois et d'y souffrir les croix qui en sont inséparables. On en refuse un grand nombre de ceux qui demandent d'entreprendre ces voyages et de se charger de ces emplois pénibles. On n'y porte et onny sollicite personne. On se contente de prier Dieu sur eux, de suivre leur grâce et d'entrer sans empressement dans les ouvertures qu'ils donnent pour leur établissement et pour l’accomplissement de ses desseins sur son Eglise et sur son œuvre.
« C'était l'esprit de M. Olier.
« Outre le Supérieur et les quatre directeurs du Séminaire, il y faut aussi des officiers.
« 1° 41 y a un docteur destiné pour les leçons de théologie et les répétitions qui s'en font; 2° un autre pour les retraitants, qui ordinairement fait la conférence des cas de conscience ; 3° un licencié pour les répétitions de ceux qui vont en Sorbonne ; 4 un autre licencié ou docteur pour être le surveillant de tous les catéchismes et pour présider aux conférences qu'on en fait; 5° un bibliothécaire, etc.
& Outre’‘les domestiques du séminaire, il y a encore d'autres serviteurs qui appartiennent à plusieurs particuliers et
qui sont obligés aux mêmes exercices que les domestiques dé la maison. On ne peut pas se dispenser d'en avoir, mais on s’en charge le moins qu'on peut; et pour ne les pas tant multiplier onffait payer pour eux la même pension que pour leurs maîtres, qui est de 400 fr. (1) »
CONDU GOUVERN
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CONDUITE DE M. OLIER DANS LA FORMATION ET LE GOUVERNEMENT DE LA SOCIÉTÉ DE SAINT-SULPICE.
Il est temps de considérer M. Olier dans la manière dont il formait les sujets destinés à sa compagnie. Persuadé que leur vocation devait être l'ouvrage de Div, il ne sollicita jamais personne à yentrer , et cet abandon entier à la conduite de la divine Providence lui attira, en assez peu de temps, trente ou quarante sujets, pleins de zèle, de talents, de piété, et surtout de détachement apostolique. Les uns portaient une partie des travaux de la cure; les autres promettaient déjà, par leur ferveur, tous les fruits qu'on vit naître de leur zèle pour la gloire de Dieu et pour la réforme du clergé, dans plusieurs grands diocèses du royaume, et pour le salut des infidéles, ainsi que la suite le montrera (1). « Notre-Seigneur désire, » Ccrit-il lui-même, que, dans la formation de no- » tre société, je suive enticrement la conduite qu'il » a tenue lui-même dans l'établissement de son » Eglise avec les Apôtres, sans user de moyens » humains, d'inventions mondaines et séculières. » Il ne veut point que la prudence humaïne nous » associe, mais que notre société soit l'ouvrage de » son Esprit, et que sa charité nous tienne unis et » liés ensemble. Il vaut mieux recevoir un sujet de » la main de Dieu, que cent mille d’ailleurs; leur » demeure parmi nous sera bien plus assurée, ‘bien plus douce et plus ‘fructueuse. S'ils en- ‘traient ici par une autre voie, la prudence
M. Olicr ne sollicita jamais personne à centrer dans sa compagniec.
(1) Mémoires deM.Baudrand, p. 64, 65.—Vie, par le P. Giry, 1'° partie, chap.
(1) Mémoires aut. de M. Olier.
(2) Mémoires de M.Baudrand, p.64.
(3) Ecrit de M. Le Peletier, sur les motifs be sa vocation Saint- .
(4) Nouveau Diction. historique , in-8°, 1772, t. 1v, p.