‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 1 sur 235 · VII! AVERTISSEMENT SUR CETTE ÉDITION · texte numérisé non relu

VII! AVERTISSEMENT SUR CETTE ÉDITION

principalement. Ce motif l’avait =ncore engagé à faire connaître une multitude de personnages qui prirent part à cette œuvre importante, ou qui eurent des rapports particuliers avec le fondateur de Saint-Sulpice. Mais en travaillant pour les directeurs des séminaires, il se proposait néanmoins de donner au public un ouvrage moins considérable , sous le titre de Vie de M. Olier, qui put intéresser toutes les classes de lecteurs, et c’est ce qu’il exécute aujourd’hui par la publication de cette nouvelle vie, extraite de la précédente, où l’on verra d’une manière plus sensible et plus rapide, la suite des desseins de Dreu sur M. Olier et l’histoire de ses travaux

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PRÉFACE

M. Olier , instituteur du séminaire et de la Société de Saint-Sulpice, fut l'un des ecclésiastiques du second ordre, que Dieu suscita au XVII siècle pour procurer en France l’établissement des séminaires et la réformation du clergé. Dès que ce digne ouvrier de la vigne du Seigneur connut les desseins de la Providence sur lui, on le vit semployer, avec un zèle infatigable , à établir partout des sé—

. minaires, n'épargnant, pour les multiplier, ni

travaux personnels, ni dépenses de ses propres biens , travaillant sans cesse à former Jésus-Christ dans les âmes des jeunes clercs, et à les enfanter à la vie sacerdotale. À peine a-t-il institué son premier séminaire, qu'on y voit accourir, de tous les points du royaume, de nombreux disciples pour se former sous sa conduite aux fonctions et aux vertus de leur saint état, ou pour participer à son esprit de zèle envers les jeunes clercs, en devenant ses imitateurs dans les provinces. Grand

PRÉFACE

nombre de prélats désirent, comme à l'envi, des

sujets formés de sa main, pour commencer leurs - p,» séminaires; et enfin, jugeant de l'œuvre par les Fra fruits de bénédiction qu'elle produit de toutes parts,

une assemblée générale du clergé loue hautement \

les desseins de M. Olier, applaudit à son zèle, et

osil lui donne la plus autheatique et la plus honorable ae approbation. Aussi, une multitude d'écrivains, de es #ous les ordres et de toutes les sociétés, ont-ils not célébré unanimement ses vertus et ses travaux (*). ta É R Bénédictins , Chanoines réguliers, Dominicains, hors | Franciscains, Minimes, Jésuites, prêtres de l'Ora- dû toire, de la Mission et autres, ne craignent pas de pour | ?’appeler l'ornement du clergé,un homme au-dessus ne 4 de tout éloge, par son zèle pour le rétablissement + | | <e la discipline, un prêtre qui a possédé dans le plus il ||} haut degré l’esprit de Jésus-Christ, un nouvel prem | | Elie, un homme apostolique, éminent en science, tratu | | en grâce et en sainteté; un personnage si connu, ne de {| si respecté dans toute l'Eglise; que son nom seul . fa nol rappelle l’idée d'un des plus dignes prêtres qui loppe | aient jamais été (**); et, pour tout dire en un mot, les he | l'assemblée générale des évêques écrivant, en ka vi | * 4730,au pape Clément XII, va même jusqu'à ap— | assez tnille

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(*) Voyez la note 4. à la fin de cette Vie, p. 408. (**) Collet, Vie de saint Vincent de Paul ; t. 4. liv. 117. p. 489.

l'envi, des encer leurs vre par les jutes parts, hautement on zèle, et honorable rivains, de és, ont-ils ravaux (*).

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HI. p. 189.

PRÉFACE. {1

peler M. Olier, dans le bel éloge qu'elle en fait, l’ornement et la gloire insigne du clergé de

l'rance.

Mais, pour préparer l'esprit du lecteur à l'exposition des faits qui feront la matière de cet ouvrage, et lui donner lieu de remarquer plus aisément la convenance des moyens que Dieu ménagea par sa providence, et leur proportion avec la vocation spéciale de M. Olier, 1l ne sera pas hors de propos de faire entrevoir déjà les dons de grâce et de nature dont ce saint prêtre fut nourvu, et de donner ici une légère esquisse et une vue générale de sa personne.

I appartint, par sa naissance, à l’une des premieres classes de la société, à la haute magistrature du rovaume ; avantage, il est vrai, qui ne donne pas toujours l'élévation de l'esprit, ni

. fa noblesse des sentiments, mais qui sert à déve-

lopper ces dispositions dans ceux qüi en ont rech les heureux germes. La pénétration, la féconcuté , ki vivacité, l'élévation de son esprit, paraissent | assez par ses ouvrages: l'on en verra, d'ailleurs, mille preuves dans cette Vie. Les qualités de son … cœur sont encore plus remarquables : la noblesse | fa générosité, le courage, joints à la bonté et x

Fe

XI! PRÉFACE

une sensibilité pleine de tendresse pour les maux d'autrui, semblent être ses caractères distinctifs. Il est vrai que son naturel impétueux causa, dans son enfance, bien des inquiétudes à la piété de ses parents ; mais la grâce corrigea, et tourna même en autant de précieuses qualités, ce qu'il y avait d'excessif dans ces premières ardeurs de son âme. Dieu le prévint surtout, dans l'ordre surnaturel, des plus précieuses faveurs : il lui donna un grand fonds de religion, avec une tendre et ardente dévotion envers le très-saint Sacrement de l'autel, ei envers la tres-sainte Vierge : dispositions les plus essentielles dans les prêtres, et dont il sembla remplir abondamment son serviteur, afin qu'il pût un jour verser, en quelque sorte, de sa plénitude dans les âmes des clercs qu'il aurait à former.

La bonté divine fournit en outre à M. Olier les moyens extérieurs les plus efficaces, pour développer en lui les dons de la nature et de la grâce. Toute sa vie, il fut dirigé par les serviteurs de Dueu les plus éminents dans la science des saints. Sans parler des maîtres habiles qui formèrent son enfance, il eut le bonheur, dès ses premières années, d'être fixé dans sa vocation à l'état clérical par le saint évêque de Genève, de rece-

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PRÉFACE, x

voir ses bénédictions prophétiques, ses douces leçons et ses paternels avis. Plus tard, saint Vincent de Paul, cet homme si éclairé dans la conduite des âmes, ce saint prêtre, le plus consulté peutêtre qui fut jamais, devint, au moins pour un temps, le directeur de M. Olier, et pour toujours et jusqu'à sa mort, son conseil, son ami, son père, et même le père de tous les siens. Cepen— dant un autre prêtre, nous ne dirons pas plus saint, ni plus prudent, mais qui parait avoir cté plus spécialement choisi de Dieu pour manifester à M. Olier sa vocation à l'œuvre des séminaires, et pour donner commencement à ce grand dessein, le père Charles de Condren, général de l'Oratoire, achève de développer en son âme les plus pures notions du christianisme et du sacerdoce, et le laisse en mourant l'un des héritiers de son esprit. Enfin Dom Grégoire Tarrisse, général des Bénédictins de Saint-Maur, et le père Bataille, religieux du même ordre, deux hommes tout livrés à l'es— prit de Dreu, lui sont donnés pour le confirmer et le soutenir dans les voies de la grâce, et lui servir de providence visible dans l'établissement de son séminaire et de sa société. Ajoutons que la divine bonté lui ménage encore de saintes liaisons avec les âmes les plus éminentes de ce siècle,

entre lesquelles nous aurions pu compter, comme

Av PRÉFACE.

l'un Jde ses directeurs, la mère Agnès de Jésus, prieure de Sainte-Catherine de Langeac, depuis peu déclarée Vénérable par le saint-siége.

Mais, pour le disposer par des voies encore plus directes et plus immédiates à l'exercice de sa vo— cation, Dieu veut quil acquière par l'expérience une connaissance exacte des difficultés qui se ren— contreni dans les diverses fonctions du saint ministère, des moyens à employer pour les surmonter, et surtout des dispositions nécessaires pour les remplir saintement; en un mot, qu'il soit luimême un modèle de toutes les vertus sacerdotales et la forme d'un véritable prêtre de Jésus-Cunrisr. Aussi verra-t-on, dans M. Olier, un abbé commandataire vraiment digne de ce nom, s'appliquant avec un zèle constant à la réforme de ses religieux; et, quoiqu'il y ait eu peu de succès, tenant ferme contre les obstacles, et épuisant toutes les ressources de la charité, sans jamais se husser abattre par la malice et l’obstination des cœurs les plus endurcis. On le verra , missionnaire infatigable, parcourir pendant plusieurs années les lieux les plus pauvres et les plus abandonnés, rompre le pain de la parole et des sacrements aux ignorants et aux hommes simples, que tant de prêtres, livrés aux vanités du monde, laissaient

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FRÉFACE, > 44

misérablement périr. Devenu curé de la paroisse la lus vaste et la plus déréglée qui fût alors, il donnera l'exemple d'une rare intelligence dans la distribution des secours spirituels à tout son troupeau, d'une vigilance parfaite sur les besoins de toutes ses ouailles, et sur les dangers qui les menacent, d'un désintéressement et d'une générosité toujours disposée à de nouveaux sacrifices, tant qu'il ya des misères à soulager; enfin, d’un zèle sans bornes, qui le porte à faire le vœu singulier de servitude envers SEsus-Curist e/ ses membres, en sorte quilest en effet, et à la lettre, le ser— viteur de chaque âme qui a recours à sa cha rite.

Ajoutons encore que, pour achever de le per— fectionner dans la solide vertu, Dieu le fit passer par des peines étranges, qu'il n'envoie qu'à quelques âmes appelées à recevoir les plus hautes communications de la grâce. Le récit de ces éprenves pourrait étonner les personnes peu ver:ée, dans la connaissance des voies intérieures. Il est néanmoins comme le point capital et en quelque sorte la clef de toute la vie de M. Olier. Ce fut en effet par ces terribles épreuves que Dieu détruisit en lui toute attache aux créatures, tout appui sur

| lui-même, toute recherche de l'estime des hom-

PRÉFACE

mes , et le délivra ainsi de la corruption de l'amour propre, . sur régner seul en lui; et alors l'Esprit divin, ne ‘ouvant plus en quelque sorte d'obstacles dans cette âme, la posséda pleinement, et se communiqua à elle avec une abondance de lumières et de grâces diverses, dont on voit peu d'exemples.

Ceux qui ont lu les histoires des saints, celles surtout des instituteurs d'ordres, ou de sociétés dans l'Église, ne seront pas surpris que M. Olier ait reçu, comme la plupart d'entre eux, des grâces et des faveurs extraordinaires. Il y aurait assurément de la faiblesse à admettre aisément toute espèce de révélations; mais ce serait se rapprocher trop de l'impiété et de l'irréligion du siècle, que de ne croire à aucune, par cela seul que ces sortes de faveurs sortent de l'ordre commun. Cest la remarque d'un grave et pieux auteur, le père Saint-Jure, que nous laisserons parler ici. « Il » ne faut point, dit-il, mesurer les bontés de » Dieu à notre raison, ou à notre cœur petit et » retréci. Les pères, quoique sages, sérieux et » âgés, jouent quelquefois et bégayent avec leurs » enfants. L’un d'eux, très-grand personnage , » capitaine renommé, et qui fut Agésilas, roi de Sparte, ayant été surpris par un de ses amis ,

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