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comme il courait sur un bâton avec un petit enfant qu'il avait, et remarquant que cet ami était étonné de lui voir faire une telle action, il lui demanda s'il avait des enfants : l'autre répondant que non: Ve vous élonnez donc pas de ce que je fais, lui dit Agésilas ; #7 faut étre pére pour avoir de pareilles tendresses , et venir à ces oublis de soi-même. On ne doit donc pas trouver étrange, conclut cet auteur, si Dev, le vrai père des hommes, a des bontés si aimables et des douceurs si charmantes pour les saints, qui sont ses plus chers enfants; et, pour juger de la vérité des témoignages qu'il leur en donne, il faudrait avoi.: l'amour même dont il les prévient. Après les mystères de l'Incarnation et de l'Eucharistie, après ce que Dieu a fait pour l'homme dans le premier, et ce qu'il fait encore tous les jours dans le second, et dont nous ne pouvons douter, il n'y a rien d'in croyable en fait de grâce. Dans une seule communion , Notre-Seigneur témoigne plus d'amour à un homme imparfait, et se communique à lui avec plus de merveilles, qu'il n'en a fait paraître à tous les saints, dans toutes les commuricalions extraordinaires. » À ces réflexions
* si judicieuses, nous pourrions ajouter que l'appa- » rition de la mère Agnès de Langeac à M. Olier,
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vit PRÉFACE,
ayant déjà été discutée à Rome, et démontrée in cette x | dubitable (*), cette faveur, la plus étonnante de nes d | celles qu'il a reçues, est un fort préjugé de la vé— l'un d rité des autres. Mais, sans entrer ici dans une dis- par é
eussion qui nous conduirait trop loin, il suflira de qu'alo rappeler une observation qu'on a déjà faite, au et rac sujet des visions de sainte Thérèse : dans le récit grand de ces sortes üe grâces, il peut s'élever deux gné o doutes, premièrement, si la personne qui les rap— qui ex porte est sincère, et ensuite si elle n’est point abu— même sée par son imagination. Or, ceux qui examineront raittr sans prévention les écrits de M. Olier, seront d'a- silon bord pleinement convaincus de son entière sincé- recteu rité; et, quant à ce qui regarde la réalité de ces ces r& grâces , il leur sera difficile de se persuader que de plus n pures imaginations missent les âmes dans un état lui-mû aussi saint, et aussi divin que celui où nous le » abat verrons élevé , et surtout que des illusions eussent » Elle: eu un accomplissement si précis, et des résultats » tem] si exactement vérifiés par l'événement : comme il » que est arrivé de plusieurs visions de M. Olier, que >» qui nous rapporterons dans la suite, et qui sont essen— » qui tiellement liées à sa vocation. » ries » table
Les matériaux qui nous ont servi à rédiger
(1) Voyez à la fin de cet ouvrage la note 5, p. 422.
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à rédiger
PRÉFACE, xIX
cette vie, sont principalement les manuscrits mêmes du serviteur de Dieu, à qui le père Bataille, l'un de ses directeurs. ordonna en 16412 de mettre par écrit toutes les grâces qu'il avait reçues jusqu'alors. M. Olier obéit avec la docilité d'un enfant, et raconta en détail, dans ces écrits, avec une grande simplicité, tout le bien que Div avait daigné opérer en lui ou par son ministère. C'est ce qui explique pourquoi il parle si souvent de luimême , et quelquelois dans des termes qu on pour— rait trouver peu conformes à l'humilité chrétienne, si l'on ne savait qu'il n'écrivait que pour son directeur , et si l'on ne trouvait d’ailleurs à côté de ces récits, les expressions les plus fortes et les plus naïves du profond mépris qu'il avait pour Jui-même. « Mon courage, dit-il, est parfois tout » abattu, voyant les impertinences qne j'écris. » Elles me semblent être de grandes pertes de » temps pour moiet pour mon cher directeur, » que J'ai crainte d'amuser. Je plains les heures » quil doit employer à les lire; et il me semble » quil devrait me faire cesser d'écrire ces niaise- » ries et ces impertinences tout-à-fait insuppor- » tables. »
A mesure que M. Olier avait écrit un cahier, al le mettait entre les mains du père Bataille, et ‘à
xx PRÉFACE,
celui-ci, après la mort de son pénitent, les remit tous aux directeurs du séminaire de Saint-Sulpice. C'est la source principale où nous avons puisé. Nous avons mis aussi à contribution plusieurs recueils historiques composés sur le serviteur de Dirt, par M. de Bretonvilliers, son successeur immédiat, M. Leschassier, M. Baudran, beaucoup de le‘tres et d'écrits spirituels de M. Olier, la plupart inédits jusqu'ici, comme aussi un grand nom-— se d'autres manuscrits appartenant aux bibliothèques publiques, ou à diverses archives de Paris, et de plusieurs autres villes; enfin, beaucoup d'ouvrages imprimés, mais presque tous anciens et peu connus. Dans l'emploi de ces divers matériaux, nous ne nous sommes permis d'autres modifications que celles qui ont paru nécessaires pour corriger quelques inexactitudes , surtout de nombreuses négligences dans le style (*).
L'ordre qui nous a paru le plus clair et le moins sujet à des répétitions fatigantes, ç'a été de présenter, dans une première partie, la Vie de M. Olier, depuis sa naissance jusqu'à son entrée
(4) Comme nous n’avançons rien que le lecteur ne pût vérifier au besoin , nous le renvoyons à la grande Vie , où nous avons eu soin d'indiquer toujours les sources de nos récits.
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dans la cure de Saint-Sulpice; et ici les faits sont classés dans leur ordre chronologique. Nous ex= posons dans la seconde partie tout ce qu'il a fait, comme curé, pour la réforme et le bon gouvernement de sa paroisse. Dans la troisième , nous le représentons comme fondateur du séminaire et de la compagnie de Saint-Sulpice. Enfin, dans la qua— trième , nous racontons ce que son zèle lui ins— pira tant pour le salut des infidèles, que pour la conversion des hérétiques, et nous terminons par la nerration de sa dernière maladie, de sa mort, et de quelques-unes des guérisons qu'on a attribuces à ses mérites. Les faits de la seconde et de Ja troisième partie ont eu lieu, pour la plupart, dans ie même espace de temps; mais nous avons eu plus d'égard à l'ordre des matières qu'à celui des années , afin d'éviter un mélange de faits disparates, qui aurait pu jeter de l'obscurité dans l'esprit du lecteur.
Si nous donnons à M. Olier, ou à d'autres personnages dont il est parlé dans cette vie, le titre de Saint, nous déclarons que c'est uniquement pour nous conformer à l'usage reçu parmi les fi- \dèles, qui donnent quelquefois cette qualification jaux personnes d'une piété universellement recon-
nue; et qu'en cela nous n ‘avons pas eu dessein de
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