‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 103 sur 235 · CE · texte numérisé non relu

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16%2.-—COMMENCEMENT DES SÉMINAIRES EN FRANCE, 155 former nombre de bons sujets que notre compagnie doit fournir pour le bien de l'Eglise. Jusqu'à présent Dieu a fait paraître son dessein sur moi, par l'abondance des iumières qu'il m'a données pour les leur communiquer ; ce qui a surpris étrangement lous ces messieurs, Ceux surtout qui avaient été témoins de mes désolations, de mes obscurités, et de l'aveuglement où il avait plu à la bonté divine de me tenir deux ans entiers. Je me souviens que je soulfris ces peines sans nombre, dès que je me joignis à eux, qui ne voyaient plus en moi qu'un pauvre réprouvé, et me traitaient comme tel, Béui soit Dieu, qui fait toujours ses œuvres par le plus pauvre, qu'il élève de terre et du fumier où il était étendu : Suscitans à terra inopem, et de stercore elevans pauperem.

» Quand je fus assoc'é à cette compagnie) et que je tombai dans cet état de désolation, je ne pensais pas alors que jamais Notre-Scigneur voulut se servir de moi pour procurer sa gloire, C'ést renverser toute la sagesse humaine , et montrer qu'il n'a besoin de rien pour faire ce qu'il lui lait, Si quelqu'un me l'eût dit à moi-méme, je n'en serais moqué : tant les œuvres que Dieu fait par moi sont éloignées de mon insuflisance et de ma stupidité, Dieu soit béui de tout; il veut seul paraitre l'autur de son ouvrage; personne ne pourra partager avee lui l'honneur qu'il en attend.

» Je prie Notre-Seigneur de continuer ses grâces à ces messieurs et à moi-même; mais s'ils continuent , comme ils ont conimencé depuis quelques mois, je ne puis me persuader qu'ils ne deviennent pas des saints. Je n'ai point de peine à croire que Dieu considère toute la compagnie avec plaisir , à cause de la pureté dans laquelle elle mar che, et du zèle avec lequel elle profite à son service. Il ne se parle non plus ici des choses du siècle, ni de quoi que ce soit qui puisse contenter la chair, que si nous vivions de la vie des saints après la résurrection.

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