‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 114 sur 235 · LP · texte numérisé non relu

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1642, — M, OLIER PREND © SESSION DE LA CURE, 107 lui appartiens, et approuve lui seul ma conduite; ce qui est plus avantageux à nos desseins, que l'approbation de tous mes proches, et pourra servir à les autoriser parmi messieurs de la paroisse, qui ne S'y opjoseront peut-être pas si aisément, Je vois que ce dessein ira à donner à l'Eglise beaucoup de bons sujets, que le Roï et monseigneur le cardinal (de Richelieu :, imbus de nos procédés et de notre façon de vivre, tireront de notre maison, Je pense qu'à l'avenir on viendra les choisir chez nous, et que, pour cela, Dieu prend plaisir à insprer dès ce commencement de l'estime pour le séminaire, Ce qui surprend ma famille, c'est de voir que je fuis l'honneur de tont mon cœur, et que, néanmoins, les grands, entre autres madame la princesse de Condé, madame la duchesse d'Aig'sillon, me témoignent une affection singulière , et s'emploient à me servir en tout ce qu'ils croient m'obliger. Hier, comme je désirais, pour un petit service, le concours de quelqu'un de mes parents, toujours fort en colère contre moi, j'appris, au moment même où j'en avais besoin, que le principal d’entre eux était tout changé et converti de sa mau-— vaise humeur , allant jusqu’à pleurer de tendresse en en-— tendant parler de moi et du succès que la bonté de Dieu donnait à nos entreprises. Notre bon maitre nous donne tous les jours des marques de son amour si évidentes, que j'ai aussitot tout ce que je désire. Hier encore, j'avais be soin d’une personne pour faire une charité, et aussitot elle arriva et fit ce que je désirais. Cet après-midi, étant obligé de rendre visite aux plus grands du royaume, j'en ai reçu toute sorte de caresses et de témoignages d'estime, surtout de la part d’un des principaux de l'Etat, qui, depuis plusieurs années, où Dieu prenait plaisir à me tenir dans le mépris et le rebut de tout le monde, était le premier à me dédaigner et à se railler de moi. Ce qui me surprend le plus, c’est que ce même seigneur, qui, pour la conduite de sa conscience, avait une parfaite confiance dans un cec-

168 1, Pr. 16042,—M, OLIER PREND POSSESSION DE LA CURE,

» clésiastique, lequel, par la permission de Diku, prévenu: » contre moi tout le monde, ce seigneur, dis-je, à quitté » l'ecclésiastique dont je parle, et semble avoir tourné main-

tenant toute son affection vers nous, Je ne puis assez ad

rer la providence de Div, qui humilie et qui élève, qui » mortifie et qui vivilie, quand il lui platt,

» Le jour de la translation de saint Sulpice, 27 août, il plut à la bonté de mon maitre d'inspirer la même estinie à

quantité de docteurs de Sorbonne, et d'autres ecclésiasti-

ques qui se trouvaient dans l'église, attirés par la solenui

» du jour. Considérant que, par ma condition de curé, j'étais » devenu l'époux de toutes les âmes de la paroisse, et que je » devais porter, comme mes propres maux , leurs infirmites » et leurs misères : je voulus me préparer pour prècher ce » jour-là ; j'étais accablé par toutes ces pensées, et je parlai sur » la grandeur des fonctions sacerdotales et de la charge que Dir » imposait aux pasteurs. Tous ces docteurs, et ce nombre ex- » traordinaire d'ecclésiastiques qui m'écoutaient, témoignaient » être extrêmement satisfaits de ma prédication, Je ne sais » pas pourtant d'où venait le contentement qu'ils faisaient » paraitre. Il me semble que je n'ai point encore prèché dans » la pleine lumière de Dieu, et dans la vigueur de sa pure » parole, comme par la miséricorde de Dieu, je l'ai fait au- » trefois. J'espère que Jésus-Curisr, mon maitre, me fera » un jour cette gràce; j'en ai la confiance, »

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