ESPRIT DE LA COMMUNAUTÉ
»* ont suivi l'exemple de la communauté de Saint-Sulpice, et
» la plupart des prêtres qu'on nomme habitués, y vivent » ensemble avec heaucoup d'édification, »
Ce fut donc par là que M. Olier voulut commencer la ré forme de la sienne. Mais l'exécution d'un pareil dessein ne fut pas sans difficulté : car la plupart des ecclésiastiques que M. de Ficsque avait laissés dans sa paroisse refusérent de pratiquer la vie commune. Se voyant par leur refus dans l'impuissance de suffire à une moisson si abondante, M. Olier s’adressa à la irès-sainte Vierge, son recours ordinaire, I la pria de Iniobtenir des prêtres remplis de désintéressement, et qui, nullement occupés de leur fortune, regardassent cette communautt, non comme une voie pour s'avancer et parvenir à quelque disnité de l'Egiise, mais comme une école de science et de vertus saccrdotales, où chacun ne cherchât que la gloire de Dieu. Le ciel l'exauça très-promptement, de la manière la plus sensible, La communauté, qui n'était d'abord composée que des ecclésiastiques venus Ge Vaugirard, de sept ou huit autres, qui s'étaient joints à ceux-ci, et de quatre prêtres, appartenant à l'ancien clergé de Saini-Suipice, compta bientot cinquante membres, tous remplis Ge zèle et de ferveur.
Pour ôter aux libertins toute occasion de décrier la maison, et la rendre inaccessible à la calomnie, M. Ofier défendit qu'on y laissät entrer les femmes, sous quelque prétexte, ct pour quelque raison que ce fût, Mais sachant que ie moyenle plus assuré pour mériter Festime des peuples, était de leur offrir l'exemple d’une vie volontairement pauvre et désintéressée, il régla que toutes les réttbutions offertes par les fidèles aux ecclésiastiques de sa conimunauté seraient mises en com un, et que chacun se contenterait du vêtement et de lanourriture ; et afin de ieur faciliter la pratique de ce détachement, il leur en donna constamment lui-même lexemple, « Dans la » place que j'occupe, écrivait-il, je dois recevoir les offrandes » d'une main, et les donner de l’autre; fournir aux riches ma-— » tières de donner à Notre-Seigneur, et donner à Notre-Sci-
» gneur en entretenant ses membres ; ne rien m'approprier » enfin de ce qui viendra de la cure, mais en appliquer une » partie aux pauvres, une partie à l'entretien des anciens pré- » tres, etl’autre à la communauté. » Dieu bénit cette association naissante, et inspira à tous ses membres l'amour et la pratique du désintéressement, qui fut le caractère particulier de la maison. Ils avaient tout en commun, et se contentaient de la nourriture et du vêtement ; encore était-ce ce qu'on pouvait imaginer de plus simple. On nous permettra de rapporter ici le détail qu'en fait M. du Ferrier. « On tàcha, dit-il, d'ac- » coutumer ces prêtres à une vie simple et frugale : chacun » avait à diner une écuelle de potage, et une petite portion de » chair de boucherie bouillie, sans dessert ; et lesoir de même, » un peu de mouton rôti. Encore M. Bourdoise ne laissa point » de se moquer de nous, qui prétendions former des vicaires » pour les villages, après les avoir accoutumés, durant plu- » sieurs années, à une nourriture qu'ils ne sauraient avoir » dans les pauvres lieux de la campagne. Néanmoins il avoua » que nous ne pouvions faire autrement. » Le vêtement ne ressentait pas moins la pauvreté apostolique. Leurs soutanes étaient décentes, mais d’une étoffe très simple : M. Olier n’en portait que de serge commune; ses habits de dessous étaient d'une étoffe plus grossière encore. Il voulut même que ses surplis fussent sans dent.lles, pratique que tous ses ecclésiastiques s’empressèrent d'adopter, et quipersévère encore aujourd'hui.
« L'exactitude à tous les exercices était fort grande, dit » M. du Ferrier, et on veillait soigneusement pour l'entrete- » nir; en sorte qu'on ne manquait jamais, sans nécessité, » d'assister à l'oraison le matin, aux heures canoniales , et à » tout le reste porté dans les réglements. » Ceux qui, durant ce temps , étaient appelés auprès des malades, ou ailleurs, avaient soin de suppléer à leurs exercices dès qu'ils en trouvaient la liberté : cette fidélité, comme les enassurait M.Olier, étant le moyen le plus sûr pour conserver l'esprit de recueille-
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